ECONOMIE

Tour de table avec… Kalilou Traoré, commissaire de la Cedeao chargé de l’industrie et du secteur privé : «L’engagement des banques dans la filière riz reste encore limité»

  • Date: 18 janvier 2016

Plusieurs problémati­ques de recherche sur la filière riz viennent d’être retenues par les participants de l’atelier de l’Ipar. Quelle est aujourd’hui la place de cette denrée dans la sécurité alimentaire à l’échelle sous-régionale ?

Je voudrais rappeler le paradoxe dans lequel nous sommes dans le domaine du riz. C’est la denrée la plus consommée dans la sous-région ouest-africaine. Le paradoxe est que nous ne produisons pas ce riz en quantité suffisante. Nous sommes fortement dépendants des importations avec tout ce que cela comporte comme insécurité alimentaire, sortie de devises, risques liés aux chocs sur le marché international. Donc, le riz devient quelque chose de très stratégique pour nos Etats. C’est pour cela que des stratégies nationales de production de riz ont été développées dans les différents pays, avec un accompagnement régional pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Les gaps sont extrêmement importants au regard de notre croissance démographique.

On estime à 25 millions de tonnes, les quantités de riz qui seront nécessaires pour nourrir la population de la sous-région, à l’horizon 2025. Aujourd’hui, nous produisons 10 millions de tonnes environ. Il y a donc nécessité de conjuguer les efforts au niveau de tous les acteurs pour rendre possible cet objectif d’autosuffisance alimentaire.

Avez-vous observé une réelle volonté politique allant dans le sens d’atteindre l’objectif fixé par la Cedeao ?
Cet atelier organisé par l’Ipar (l’Initiative prospective agricole et rurale) et ses partenaires nous a permis de voir les expériences et les résultats qui ont été atteints par les différents pays comme le Sénégal, le Nigéria et la Côte d’Ivoire. On a constaté des progrès importants en termes de quantités produites, d’amélioration de la qualité. Mais aussi il y a une chose importante. C’est la compétitivité.  Pendant longtemps, on a souffert du fait qu’on ne pouvait faire du riz de qualité. Aujourd’hui, on sait que cela est possible. A partir de ces acquis, il nous est imposé de devoir lever toutes les contraintes. Au cours de l’atelier, on a fait le tour de beaucoup des contraintes au niveau de la production, de la transformation, de la mise en marché, de la gouvernance. L’atelier nous a permis de dégager plusieurs pistes de réflexions qui vont alimenter les politiques à venir.

La Cedeao est engagée dans le développement de la filière riz à travers une initiative qu’on appelle «l’offensive riz». Elle vise à atteindre l’autosuffisance en riz en 2025. La Cedeao intervient dans le sens d’appuyer les politiques nationales pour une meilleure gouvernance de la filière, une meilleure coordination entre les différents acteurs, un meilleur engagement du secteur privé et des institutions financières de mobilisation des partenaires techniques et financiers pour relever ce défi stratégique.

Plusieurs pistes de recherches ont été retenues à l’issue des trois jours d’atelier. Qu’attendez-vous des chercheurs qui seront engagés dans ce travail ?
Les recherches vont nous éclairer en termes de connaissances, de données statistiques, d’impacts, d’analyse des bénéfices des différentes actions. Il est important pour un gouvernement de savoir ce qu’il obtient en retour au plan social, en termes de création d’emplois, de retour d’investissement, lorsqu’il met par exemple un milliard de francs Cfa dans une action publique. Ce sont des choses que la recherche peut démontrer de façon nette. Elle permet aux Etats de mieux faire des projections et d’allouer des ressources à des secteurs. C’est la même chose pour les banques et qui se sont engagés dans ce secteur. Mais elles restent encore limitées dans leur engagement. Une meilleure connaissance des problèmes, une meilleure appréciation des risques, une meilleure fourniture des informations peuvent aider tous les acteurs à prendre plus d’engagements. C’est en cela que nous saluons l’initiative d’intensifier la recherche dans ce secteur.

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