Accueil / ACTUALITES / Et si on en parlait… Toussaint Manga «  provisoirement libre » : et les autres ?

Et si on en parlait… Toussaint Manga «  provisoirement libre » : et les autres ?

Toussaint Manga, responsable des Jeunesses libérales, obtient une liberté provisoire après 11 mois de détention. Les démocrates applaudissent. Mais leurs regards sont tous orientés vers les autres détenus politiques qui sont, entre autres, Karim Wade, Oumar Sarr, Victor Sadio Diouf, etc. La liste des détenus est longue et elle porte bien préjudice à l’image du Sénégal où l’autorité d’Etat gagnerait à plus d’esprit de dépassement et de mépris même envers les opposants radicaux.

Aujourd’hui, Toussaint Manga est provisoirement libre. Pourtant, personne ne le connaissait, à part les militants libéraux et quelques militants d’ailleurs ! Mais en le mettant en prison pour une raison éminemment politique, Macky Sall extirpe son nom et en fait une célébrité politique. Sans s’en rendre peut-être compte, le pouvoir Apériste a créé en Toussaint Manga un chevaleresque combattant politique dont le nom s’est désormais imposé dans l’arène politique.

Les observateurs politiques ignoraient tout du Secrétaire général du MEEL. Mais mis en prison, il a émergé dans l’espace politique et voit des militants libéraux ainsi que des citoyens anonymes demander sa libération. Son image et son nom font le tour du Sénégal et du monde grâce au génie du réseau télématique.

C’est de cette popularité dont jouit Karim Wade. Héros malgré lui, accusé de détournement de deniers publics et de prédation des finances, il appert finalement qu’aucun impaire n’a été relevé dans sa gestion ministérielle. Mais il est mis en prison et fait l’objet de toutes les sollicitudes jusque dans l’intimité de sa cellule carcérale.

Victor Hugo enseigne qu’ « en politique, le nom grandit quand l’homme tombe pour une cause populaire ». En mettant Karim Wade, Aida Ndiongue, Oumar Sarr, Me Amadou Sall, Toussaint Manga et Victor Sadio Diouf en prison, le régime de Macky Sall agrandit leurs noms et les inscrits dans le marbre de l’histoire politique du Sénégal.
Si Karim Wade n’était pas mis en prison, le Pds allait vivre la tragédie du vide : il ne serait point un candidat auquel allaient se relayer des militants jusqu’à être pris ça et là comme une sorte de Mandela à la Wade ou il allait éprouver énormément de difficultés pour se frayer un chemin vers l’arène politique.

Aujourd’hui, après la libération provisoire de Toussaint Manga déjà reçu en héros, il reste celle des autres. Autant le Sénégal est un Etat de droit, autant il est un pays où l’idéal démocratique peut et devrait être protégé par un esprit de dépassement. Il y va de la stabilité du champ politique pour une bonne poursuite de l’œuvre de construction nationale. Après Toussaint Manga, il ne serait pas défaitiste de trouver un modus operandi pour libérer les autres. C’est une question de droit. Mais c’est aussi une question de volonté politique.

Le Piroguier

À voir aussi

Dialogue sans l’opposition significative Le « monologue » d’Aly Ngouille Ndiaye

Le dialogue national s’ouvre aujourd’hui entre le pouvoir, une partie de l’opposition et de la …

GO : Jules jugé par une ‘’con-sœur’’

Les conneries, c’est comme les impôts. On finit toujours par les payer. Ainsi, quand une …