SOCIETE

TRAFIC- DE DROGUE ET ASSOCIATION DE MALFAITEURS- Aïssatou Kane, son fils et les 188 kg de Yamba

  • Date: 8 mars 2016

 La nommée Aïssatou Kane, son fils et trois autres personnes ont été attraits, hier, à la barre des Chambres criminelles pour répondre des délits de trafic international de chanvre indien et d’association de malfaiteurs. Les accusés risquent des peines allant de 15 à 20 ans de travaux forcés.

 Les faits : Une affaire de trafic international de chanvre indien et d’association de malfaiteurs a été jugée, hier, à la barre de la Chambre criminelle. Les faits remontent au courant du mois de mai 2011. Pendant cette période, les éléments de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Octris) avaient reçu un appel anonyme disant qu’il y avait un intense trafic de chanvre indien organisé par une mère et deux de ses enfants au niveau de la zone de Yeumbeul, Thiaroye, Boune. Sans perdre de temps, les policiers ont mis à leur disposition tous les moyens pour procéder aux arrestations. Dans un premier temps, mission a été donnée aux éléments de l’Octris de procéder au repérage des lieux. À cet effet, une planque avait été organisée sur plusieurs jours et le nommé Banda Guèye a été repéré comme étant l’un des principaux trafiquants. Dans la nuit du 25 au 26 mai 2011, la planque organisée avait permis de constater et de relever l’arrivée de Banda Guèye accompagné d’une autre personne à bord d’un véhicule pour procéder à la décharge des sacs dont on ignorait le contenu.

C’est sur ces entrefaites que les limiers se sont signalés avant de lui serrer les menottes. Une perquisition de la maison a permis de retrouver dans la pièce d’Aïssatou Kane, mère de Banda Guèye, 4 sacs qui contenaient du chanvre indien. Interrogé, Banda a déclaré que c’est le nommé Boubacar Ndiaye qui lui a remis ladite drogue. Les policiers ont poursuivi leur enquête avant d’alpaguer le sieur Boubacar Ndiaye à Pikine en possession d’un sachet contenant le produit prohibé. De fil en aiguille, les policiers ont procédé également à l’arrestation de Mamadou Gadiaga. Acculé, il a désigné son domicile familial où un bloc de chanvre indien d’un poids de 2 kg a été retrouvé. Le sieur Gadiaga a indiqué aux enquêteurs que le reste du chanvre a été dissimulé dans une maison en construction en face de la maison familiale. Sur ces circonstances, Boubacar Ndiaye a précisé que la drogue provenait du Mali et un certain Karim Diawara, un Malien établi au Sénégal, l’avait appelé pour l’informer de la venue de la marchandise.

Version des accusés à la barre et les réquisitions du parquet

Il faut dire que c’est au garage du Malien que la marchandise a été embarquée par l’aide de Banda Guèye avant de procéder à sa redistribution. Devant les enquêteurs, les accusés ont reconnu les faits à l’exception de la dame Aïssatou Kane. Cette dernière a indiqué qu’elle ne savait pas que les sacs qui étaient dans sa chambre contenaient du Yamba. Il faut préciser que le poids total de la drogue saisie est de 188 kg. Interrogés par le président de la chambre criminelle, hier, les mis en cause s’accusent mutuellement. Banda Guèye a révélé que c’est Boubacar Ndiaye qui l’a aidé en mettant à sa disposition un véhicule « clando » de marque Renault pour la récupération de la marchandise. Par la suite, Mamadou Gadiaga a été servi avec deux sacs. Pour sa part, la dame a avancé qu’elle ignorait le contenu des sacs qui étaient dissimilés dans sa chambre. Elle sera réconfortée dans ses déclarations par son fils selon qui, lorsqu’il faisait entrer les sacs, sa maman était absente. Désigné comme le fournisseur, Karim Diawara a révélé qu’il est un commerçant malien établi au Sénégal. Il vendait des « thioub », calcaire, entre autres produits, au nommé Boubacar Ndiaye. C’est la raison pour laquelle, les policiers ont utilisé le téléphone de Boubacar Ndiaye pour lui dire de venir récupérer son argent. Il s’est présenté au point de rendez-vous où il a été cueilli par les policiers. Faisant ses réquisitions dans cette affaire, le parquetier estime que ce trafic ne souffre l’ombre d’aucun doute. Concernant l’association de malfaiteurs, selon le représentant du ministère Public, les relations qui unissent les accusés prouvent à suffisance que cette entente existe. Sur ce, il a demandé la requalification des faits de trafic reprochés à Aïssatou Kane en complicité de trafic international de chanvre indien. Ensuite, de la condamner à 15 ans de travaux forcés. Pour les autres accusés, le maître des poursuites a requis à leur encontre 20 ans de travaux forcés.

Défense : Tour à tour, les avocats de la défense ont défilé à la barre de la Chambre criminelle. Me Daf a été le premier à se présenter pour défendre l’accusé Banda Guèye. Objectivement, dit-il, on ne peut pas reprocher à Banda Guèye d’avoir importé cette drogue. Selon lui, son client a été franc en soutenant qu’il était parti récupérer la drogue. Et, c’est  grâce à lui que les autres accusés ont été arrêtés. « Sa coopération a permis d’éviter le trafic intérieur du chanvre indien et l’article 113 du Code des drogues peut être appliqué à Banda Guèye. Cet article stipule que : “ toute personne coupable de participation à une association ou à une entente, en vue de commettre l’une des infractions prévues aux articles 95 à 103 du présent Code est exemptée de peines si, ayant révélé l’existence de cette entente ou association à l’autorité judiciaire, elle permet ainsi d’éviter la réalisation de l’infraction et l’identification des autres personnes en cause ”. On ne peut pas retenir pour lui le trafic international mais vous pouvez le requalifier en trafic intérieur. Il ne mérite pas 20 ans donc, faites lui bénéficier de ces dispositions ».

Un autre avocat de la défense va prendre la balle au rebond et c’est pour assurer la défense de la dame Aïssatou Kane. Selon la robe noire, l’accusation est grande mais la preuve de l’imputabilité est inexistante. « Ma cliente est une victime qu’on veut transformer en coupable. On vous demande de la condamner à 15 ans sans aucune preuve. Le Droit pénal est un droit de certitude. On ne doit pas condamner sur la base de simples suppositions. Concernant l’association de malfaiteurs, la dame ne connait pas les autres mais elle connait Boubacar Ndiaye qui lui a été présenté par son fils Banda comme étant son ami. Ou est l’entente dans tout ça ? C’est Banda qui vous a dit que sa mère n’était pas au courant. En ce qui la concerne, le dossier est vide et je vous demande qu’il vous plaise de l’acquitter », plaide-t-elle.

Même tonalité chez l’avocat de l’accusé Boubacar Ndiaye selon qui, on ne peut pas se baser sur la déclaration d’un accusé pour entrer en voie de condamnation. Ainsi, a-t-il demandé l’acquittement de son client ne serait ce qu’au bénéfice du doute. Me Ibrahima Mbengue s’est constitué pour l’accusé Karim Diawara. À l’en croire, c’est dans le cadre de son commerce que son client a eu à connaître Babacar Ndiaye à qui il vendait des marchandises. Il s’agit de « thioub, calcaire, thiouraye (…) ». C’est pourquoi, il s’est signalé lorsque ce dernier l’a appelé pour qu’il vienne prendre son argent. Pour lui, cela ne peut pas constituer un délit et il a plaidé pour l’acquittement. Je vous demande de l’acquitter.

L’avocat de l’accusé Mamadou Gadiaga a embauché la même trompette en soutenant qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments dans ce dossier pour entrer en voie de condamnation. Il a, comme ses confrères, plaidé pour l’acquittement. L’affaire est mise en délibéré.

Cheikh Moussa Sarr

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