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TRANSFERT DE DEUX PRISONNIERS LIBYENS- Le Sénégal ne saurait être un Guantanamo « humanisé »

  • Date: 5 avril 2016

 Le  Sénégal est  le pays de la Teranga qui, plus que la simple hospitalité, renvoie à des notions d’altruisme, d’acceptation de l’autre et de ses différences, de solidarité.

Aussi, l’idée d’accueillir des Libyens sur notre sol ne pose en principe aucun problème. C’est, comme le précise le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, à la demande du président Obama  son à son homologue sénégalais, le président Sall. Le Sénégal aurait même été félicité par Human Right Watch. Soit. Cela n’empêche pas le fait que les explications fournies nous laissent sur notre faim parce qu’elles ont un goût d’inachevé. L’objet de notre propos n’est pas de revenir sur le procès de Guantanamo dont le président américain lui-même a critiqué la mise en place et le fonctionnement. Il avait promis de supprimer cette prison qui avait, à l’époque de son investiture, contenait 600 détenus. Le processus a été lent mais, il suit son cours.

Il s’agit plutôt, pour nous, de soulever un certain nombre de préoccupations dont la première est liée au fait que l`on nous parle d’asile politique ou « d’asile humanitaire ». Or, nous pensions que ce sont les détenus eux-mêmes qui devraient la demander. Pourtant, l’on nous dit, ici, que c’est à la demande du président américain. Notre préoccupation est la suivante : Comment un président d’un pays tiers peut-il demander l’asile à un autre pour deux hommes que son administration a persécuté d’une manière ou d’une autre ? La démarche nous semble être difficile à comprendre. Et le fait que le Ministre explique que certains États africains et européens ont accepté cette demande ne change rien à la donne. D’autant plus que, selon les déclarations même du Ministre de la Justice du Sénégal, ils seraient blanchis, c’est à dire qu’il ne pèse, sur eux, aucune charge. Alors, cela en rajoute à notre préoccupation. Si ces citoyens libyens son blanchis, le Gouvernement américain n’a qu’à les faire sortir et les laisser regagner leur pays d’origine. Dans tous les cas, il leur appartient de dire s’ils préfèrent, oui ou non, retourner en Libye ou demander l’asile dans un autre comme le Sénégal.

Le fait donc que le Gouvernement américain leur cherche un « asile » montre simplement qu’ils ne sont pas tout à fait libres de leurs mouvements contrairement  à ce qu’a dit Me Sidika Kaba à savoir qu’ils seront intégrés dans la société sénégalaise. Car, non seulement ils avaient été détenus arbitrairement en violation de toutes les conventions internationales et les lois américaines, mais ils n’ont jamais été jugés. Ils ont, par ailleurs, une patrie et des familles. Alors, pourquoi le Sénégal ?

Cette question est d’autant plus pertinente que notre pays ne saurait être un « Guantanamo bis ». Le fait de les mettre en détention, en résidence surveillée ou selon n’importe quelle formule retenue, nous semble être un abus qui ne saurait être rangé dans le registre des accords entre le Sénégal et les États-Unis. Nous sommes, en effet, sûrs que les États-Unis n’accepteraient jamais le contraire à savoir laisser le Sénégal violer les droits de prisonniers donc de personnes supposées innocentes et les voir transférer chez eux pour des raisons soi-disant humanitaires. Si Salem Abdul Salem Ghereby et Omar Khalife Mohammed Abu Baker Mahjour Umar, sont transférés ici, ils seront encore et toujours à la disposition du Gouvernement américain. Il ne s’agira que « d’humaniser » leurs conditions d’existence et de les tenir en respect. Or, comme tout le monde le sait, cela ne fera qu’augmenter le degré de menace d’attaque terroriste sur notre sol. Le risque est grand sans que nous sachions qu’elle est la contrepartie. Comme quoi, les arguments du Gouvernement sont manifestement tirés par les cheveux.

Assane Samb

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