Accueil / ECONOMIE / Transparence budgétaire : L’Ige en quête des meilleures pratiques internationales

Transparence budgétaire : L’Ige en quête des meilleures pratiques internationales

« Le système de gestion des finances publiques au Sénégal a évolué au cours de ces dernières années vers plus de transparence avec une réforme de la loi organique relative aux lois de finances en 2001, un nouveau décret sur la comptabilité publique, un nouveau plan comptable, des réformes CFAA/CPAR, et un nouveau code des marchés. Cependant des progrès considérables restent à accomplir dans plusieurs domaines pour que les finances publiques soient gérées dans des conditions de transparence suffisantes et conformes aux bonnes pratiques internationales ». La remarque a été faite hier par le représentant résident du Fonds Monétaire Internationale (FMI) Alex Segura Ubiergo lors d’un séminaire sur les meilleures pratiques internationales sur la transparence budgétaire organisé par l’Inspection Générale d’Etat.
M. Alex Segura Ubiergo qui a introduit le thème devant les membres de l’IGE a rappelé que le rôle traditionnel du FMI qui consistait à porter assistance aux pays ayant un déséquilibre de balance de paiement et de laisser la lutte contre la pauvreté à la banque Mondiale a évolué. Le Fonds entre autres objectifs a t-il souligné, reste attentif à l’évolution des politiques structurelles ayant un impact macroéconomique et en collaboration avec la Banque Mondiale, il analyse entre autres les privatisations, les réformes de marché de travail, l’environnement des affaires, la situation du secteur énergétique, le système de protection sociale.

Il a rappelé que la politique budgétaire est un des trois instruments principaux de la politique macroéconomique d’un pays et doit reposer sur l’efficacité, l’équité, la soutenabilité et la transparence ; mais aussi une stabilité macroéconomique, une efficacité allocative et opérationnelle. Il a insisté sur la nécessité de bien utiliser les ressources prélevées sur les citoyens. Il s’agit a t-il dit « d’une responsabilité civique et d’un principe fondamental de démocratie » et que sans transparence, le secteur privé perd l’enthousiasme de payer des impôts faisant planer un risque de dégradation de la base fiscale. La transparence a t-il ajouté réduit aussi les risques de corruption et évite que les ressources de l’Etat soient distribuées ou gaspillées sans équité. Il a cité le cas de certains pays nordiques où les citoyens de peur que la qualité du service publique ne se dégrade refusent une diminution des impôts proposée par l’Etat.

Selon M. Segura Ubiergo, la structure et les fonctions de l’administration publique doivent être clairement spécifiées et les mécanismes de coordination et de gestion des activités budgétaires et extrabudgétaires clairement établis. Pour une meilleure pratique internationale, il a mis l’accent sur l’accès du public à l’information et estimé que la documentation budgétaire doit couvrir l’ensemble des activités budgétaires et extrabudgétaires. L’on doit disposer d’informations permettant une comparaison avec les années écoulées et permettre des projections. Les dépenses fiscales, les activités quasi budgétaires et les passifs éventuels de l’état doivent être publiés. De même que la composition et le niveau d’endettement. Il a évoqué l’apport de l’Internet et salué au passage le site du Ministère des Finances qui s’est « beaucoup amélioré ». Mme Nafissatou Ngom Keïta présidente de l’IGE a rappelé lors de son allocution d’ouverture la nécessité de mettre l’état aux normes internationales de gestion et de transparence. Elle a, entre autres problèmes, évoqué la démultiplication des agences d’exécution sans cadre juridique et qui échappent du coup au contrôle de l’IGE. Dotées d’une autonomie, leurs finances échappent au trésor et sont logées dans des banques qui les redonnent à l’Etat sous forme de bons de trésor. Pour corriger toutes ces imperfections et autres pratiques opaques elle a souligné la nécessité de revenir à la planification.


À voir aussi

Commande publique Le taux d’accès des artisans locaux est passé de 12,7 à 65,14% en 2017

La Direction du Matériel et du Transit administratif (DMTA), en collaboration avec le Projet Mobilier …

Accord gazier entre le Sénégal et la Mauritanie ‘’Macky est parti à Nouakchott en position de faiblesse’’, selon Tekki

La polémique sur l’accord signé le 9 février entre la Mauritanie et le Sénégal, pour …