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TRAQUE ET LIBÉRATION DE KARIM WADE Cacophonie dans la communication gouvernementale

Le président Macky Sall doit accélérer le processus de remanier de son Gouvernement. En effet, depuis la libération de Karim, c’est comme s’il y a deux gouvernements parallèles au Sénégal. Des ministres qui se contredisent sur les conditions de libération de Wade-fils et les résultats de la première phase de la traque des biens mal acquis.
Les Sénégalais ne savent plus à quel ministre se fier. Tout a démarré avec le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, qui au lendemain de la libération de Karim Wade, a vite occupé les médias pour expliquer les conditions de libération du fils ainé du président Abdoulaye Wade allant même jusqu’à parler des finances rien que pour gagner la bataille de la communication. Sur cet exercice périlleux, le ministre a laissé entendre que « depuis que l’action qui participe à la reddition des comptes et à la bonne gouvernance, dans son volet judiciaire, nous avons recouvré, aujourd’hui, au moins 50 milliards F Cfa. L’Agent judiciaire de l’État (AJE) reviendra plus en détail sur les biens recouvrés ».
Et c’est l’argentier de l’État qui est allé jusqu’à l’Assemblée nationale pour démentir cette information. À en croire Amadou Bâ, ministre de l’Économie et des Finances, « le Trésor public a encaissé 24 milliards F Cfa de Dp World et 1,5 à 2 milliards F Cfa ont été encaissés et retracés dans la loi des Finances rectificative. À cela, s’ajoutent les biens immobiliers qui sont en train de faire l’objet de mutation au nom de l’État ». À titre d’exemple, il cite Ahs dont les actions appartiennent maintenant à l’État du Sénégal, l’immeuble Eden Roc et d’autres. En effet, dit-il, « la volonté du Gouvernement d’agir en toute transparence reste intacte. »

Latif Coulibaly et son Premier ministre
Contre toute attente, Abdoul Latif Coulibaly est allé à la TFM pour faire des révélations sur les conditions de libération de Karim Wade. À en croire le Secrétaire général du Gouvernement, la famille Wade a demandé la grâce présidentielle qui a été accordée au fils de l’ex-Président Wade qui purgeait une peine de six ans pour enrichissement illicite. « Les gens qui ont connu tout le processus par lequel Karim Wade est sorti de prison le savent. Je le certifie sur l’honneur que sa sortie est voulue par le président de la République, mais assise sur la demande et la démarche d’abord de sa famille. Également, par la demande d’autres personnalités de ce pays », a révélé le SG, invité de la TFM.
Le Premier ministre, Mouhammed Dionne, a tenté, hier, de mettre fin à la polémique sur la libération de Karim Wade. Dans un entretien accordé à nos confrères de l’Obs (hier), il a tenu à éclairer la lanterne des Sénégalais sur le rôle joué par l’Émir et le Procureur Général du Qatar. Selon lui, l’Emir n’aura joué dans cette affaire qu’un rôle unique : celui de demandeur d’une grâce présidentielle au profit de l’un des condamnés. Pour le Procureur général du Qatar, le Docteur Ali Bin Fetais Al-Marri, dont les photos aux côtés du président de la République circulent sur l’Internet, depuis quelques jours, il indique que ces images ont été montées. « En mars 2015, le Directeur Régional Afrique du Programme des Nations-Unies pour le Développement (Pnud) a été reçu, en ma présence, par le chef de l’État au Palais ».
Face à toute cette polémique qui, du reste, discrédite les hautes autorités de ce pays, il urge pour le président de la République, Macky Sall, d’apporter toute la lumière sur les conditions de la libération de Wade-fils qui séjourne, actuellement, au Qatar. À souligner que ce n’est pas la première la fois que le Gouvernement s’illustre dans une mauvaise communication. Autant de choses qui inquiètent les Sénégalais face à la communication gouvernementale.

Ibrahima Khalil DIEME

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