Confidences

Trois questions à Moussa Sène Absa (cinéaste) « On n’a pas rendu à Aminata Fall la monnaie de sa pièce » 

  • Date: 26 novembre 2015
Cela fait 13 ans  que la cantatrice Aminata Fall est partie à jamais. Que pouvez-vous nous dire sur elle ?

Aminata Garmi Fall était une grande dame. Elle a commencé dans les années 40. Elle a grandi à Saint-Louis. C’est après qu’elle est venue s’installer à Dakar. Par la suite, elle s’est mariée, elle a eu des enfants. Elle a débuté sa carrière au Théâtre national. C’était une femme bourrée de talent. Elle savait chanter et danser et jouer de la comédie. Aminata a marqué le théâtre Sorano. À un moment donné,  elle a été au festival mondial des arts nègres. À Saint-Louis, elle travaillait dans le  groupe « Mbaa » parce qu’elle avait déjà une fibre musicale.

L’artiste avait cette manie de reprendre toutes les chansons qu’elle entendait. Elle avait un don de répétition. Parler d’Aminata Fall, c’est parler de ce Sénégal-là et de ses grands moments de création. Elle a apporté de belles choses à la musique sénégalaise même si elle n’avait pas beaucoup de produits. Elle n’a fait qu’un seul disque « Kang Foré » mais beaucoup de musiciens se sont inspirés d’elle. Elle chantait dans le style du jazz et du blues. Personnellement, je pense que c’est une grande perte et on ne lui a pas rendu la monnaie de sa pièce parce qu’elle méritait que quelque chose porte son nom dans sa ville natale de Saint-Louis. Au moins, qu’il y ait une chose qui nous rappelle son passage sur cette terre.

Donc, vous avez des regrets pour elle? 

Je pense qu’elle mérite plus que des hommages. Mais le Sénégal a la mémoire courte. Il  y a des gens comme Djibril (ndlr Djibril Diop Mambety),  Ousmane Sembène qui ont quitté cette terre en y laissant de beaux calques et qu’à leur mort, jusqu’à présent, rien n’a été fait en ce qui concerne leur mémoire. Donc, ce qui se passe là avec Aminata n’est pas quelque chose de nouveau je peux dire. Tout le monde parle de lui rendre hommage en tant que mère mais pour moi, elle n’était pas une mère, c’était une amie. Je pense que tous les Sénégalais devraient, de temps en temps, penser à elle. Et la meilleure façon de penser à quelqu’un, c’est de donner son nom à un lieu, un espace, une rue…afin de l’immortaliser.

Qu’est-ce qui explique, selon vous, le fait que le Sénégal ne soit presque jamais reconnaissant envers ses ambassadeurs de la culture ?

Je pense que la chose la plus évidente dans ce domaine, c’est que les Sénégalais consomment ce qu’on leur vend, c’est-à-dire de la musique insipide, de la danse vulgaire, de la lutte. Tout le monde fait la même chose mais on ne s’en rend pas compte. Ce qui est vraiment triste. Il faut avoir des références mais le Sénégalais n’en a pas. Ce qui est grave. Les références des artistes d’aujourd’hui, si on les cherche vraiment, on ne les trouvera pas malheureusement. On ne nous parle pas de ces anticonformistes qui font avancer la société.

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