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Trois semaines de pêche aux voix: Le bilan de Wade pourra-t-il faire la différence ?

A qui, du Pds ou de ses adversaires, sera favorable le terminus du 26 février ? En tout cas, la campagne électorale, ouverte ce dimanche et qui s’annonce très serrée, nous édifiera. En effet, au moment où le candidat de la mouvance présidentielle est sûr d’être réélu, eût égard à son bilan qu’il trouve largement positif, contrairement à celui des 40 ans du parti socialiste, l’opposition, en ordre de bataille, croit dur comme fer, qu’en 11 ans, le chef de l’Etat s’est illustré par un véritablement tâtonnement dans la conduite des affaires publiques.
Pour trois semaines de campagnes électorales, en direction de la Présidentielle de 2012, les tenants du pouvoir et l’opposition, vont se livrer à une guerre politique épique sur le terrain. En onze ans, selon l’économiste Moubarak Lô, le PIB moyen du Sénégal n’a crû que d’un peu plus de 4% par an, contre un objectif de 7 à 8%. C’est ainsi, lors du séminaire gouvernemental, tenu sur le bilan de l’alternance, le 5 octobre 2011, au Méridien Président, le camp présidentiel a dressé, sous la supervision de Me Wade, son bilan d’activités, après onze ans de règne. Les libéraux et leurs alliés ont jugé leur bilan positif dans tous les secteurs, comparé aux quarante ans de règne du régime socialiste. Ainsi, plus de dix heures d’horloge, les ministres ont défilé pour exposer au chef de l’État, les réalisations de onze ans durant au pouvoir. Dans le domaine de l’Éducation, les ministres, en charge du secteur, Kalidou Diallo et Amadou Tidiane Ba ont listé les réalisations faites par le gouvernement. A en croire Kalidou Diallo, le budget de son ministère est passé de 105 milliards en 2000, à 268 milliards en 2010, le nombre d’enseignants qui se chiffre à 22 mille, est passé de 86 mille. Le nombre de volontaires se chiffre maintenant à plus de 150 mille. Pour le volet infrastructurel, Kalidou Diallo, souligne que le nombre d’écoles qui était de 4000, sous le régime d’Abdou Diouf, a doublé, en onze ans, sous Me Wade. Sans compter les avantages accordés aux enseignants. A sa suite, le ministre de l’enseignement supérieur, des universités et des centres universitaires Régionaux (Cur) et de la Recherche scientifique a fait savoir, que le nombre de professeurs titulaires est passé de 1023 en 2000 à 1072 en 2011 et les universités, de deux, sous Abdou Diouf, sont à cinq, maintenant. Dans le secteur de la Santé, Modou Diagne Fada, a noté des avancées significatives dans la prise en charge des maladies infectieuses, malgré un nouveau défi lancé aux maladies non transmissibles comme le Cancer, le diabète, l’insuffisance rénale et les maladies cardio-vasculaires. Il a révélé que le budget de son ministère a connu des hausses. « De 30 milliards en 2000, le budget du secteur de la santé est passé à 109 milliards en 2011, soit 10,4% du budget national », a-t-il laissé entendre. «Je suis heureux d’inaugurer l’une des réalisations majeures de mon mandat, de mon septennat. Je veux nommer l’extension du terminal à conteneurs, construit par notre partenaire Dubaï port world DPW qui a investi jusqu’aujourd’hui, plus de 71 milliards de francs Cfa, en quatre ans », avait dit le chef de l’Etat, le 30 novembre 2011 dernier. Hormis les infrastructures qui ont totalement changé le visage de la capitale Sénégalaise, Wade met dans son bilan satisfaisant, l’aéroport Blaise Diagne qui devrait être mis en service –officiellement- fin 2012. Il doit, dit-il, renforcer la position du Sénégal comme plateforme logistique pour toute l’Afrique de l’Ouest. Face à tout cela, l’opposition, parle de grand théâtre du pouvoir car, Me Wade et ses ministres se sont tressés des lauriers et se sont auto glorifiés. A l’instar de tous les autres membres du M23, Serigne Mansour SY Djamil, de Bes du Ñaak/ Mouvement, a dressé un tableau peu reluisant des 11 ans d’alternance, marqués, selon lui, par des déceptions pour tous les sénégalais qui ont porté, à la tête du pays, le Président Abdoulaye Wade. «Wade ne s’est pas engagé dans la voie pour laquelle il a été élu par les sénégalais. La corruption, le gaspillage s’accentuent. Aujourd’hui, partout au Sénégal, les populations sont sorties pour dire ‘’Y en a marre de ce pouvoir’’», dira-t-il. Il ira jusqu’à comparer le pays à «un grand supermarché où tout s’échange » avec les autorités. « Onze ans après, a-t-il poursuivi, la jeunesse a fini de n’avoir plus rien à attendre du pouvoir car, il leur est même difficile, aujourd’hui, à leur faim, de s’instruire ou de trouver un travail ». Tout compte fait, le dernier mot revient aux électeurs, au soir du 26 février 2012, de reconduire Wade ou de le contraindre à la retraite politique.

Sékou Dianko DIATTA


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