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TROISIEME EDITION DES RENCONTRES PERSPECTIVES AFRICAINES Des experts brûlent le Franc CFA

Leadership, éthique, gouvernance stratégique pour l’Afrique (LEGS), en partenariat avec la librairie Harmattan a organisé ce week-end à Dakar, sa troisième édition des rencontres  perspectives africaines.  Le Panel portait sur le thème : « Quelles alternatives crédibles au franc CFA ? »

Perçu par certains chercheurs comme une servitude monétaire, le public africain a besoin d’aller au-delà de la dénonciation du FCFA   utilisé dans 15 pays africains. C’est dans ce cadre que LEGS a invité des économistes à discuter sur le thème : « Quelles alternatives crédibles au franc CFA ? ». Prenant la parole, le Dr Demba Moussa Dembélé est d’avis que le Franc CFA est un instrument de domination, de servitude et d’asservissement. C’est une monnaie qui n’est pas la nôtre. « On nous fait savoir que le Franc CFA est  crédible. Pour moi, il ne l’est pas. Il a été déposé aux pays africains. Ce n’est pas nous qui l’avons choisi et ce n’est pas une monnaie africaine », a-t-il soutenu. Pour lui, la question de la crédibilité ne se pose pas  pour le franc CFA et encore moins le problème de la légitimité. Ainsi il a réfuté  la thèse selon laquelle ce sont les autres qui peuvent avoir des politiques crédibles et que les Africains sont incapables de les avoir.

Quant au Dr Ndongo Samba Sylla, la question importante aujourd’hui, c’est la souveraineté de cette monnaie. A l’en croire, la souveraineté est importante parce que le projet de monnaie commune, quelles que soient les difficultés, nous permet de sortir du franc CFA et de lutter contre l’impérialisme économique. On est dans un monde où les gens vont vers des blocs monétaires justement pour faire un contrepoids à l’hégémonie du dollar. «Nous Africains, nous n’avons pas le luxe de rester dans les monnaies nationales ou dans les monnaies coloniales », a-t-il dit.

A cette occasion, le Dr Chérif  Salif  SY tient à préciser que la monnaie, en tant que telle, ne pose pas de problème, c’est surtout au niveau de la gouvernance du franc CFA. Il faut une réflexion sérieuse avant de parler d’avenir pour savoir quelle alternative. «C’est cette gouvernance que nous avons  commencé à combattre, il y a plus 45 ans », a-t-il martelé. Selon lui, il y a eu des acquis dans cette lutte parce que les experts et le gouverneur étaient des Français, le siège  était en France. Aujourd’hui, les Africains ont récupéré les postes. Il faut continuer à mettre la pression pour avoir une souveraineté totale de la monnaie. On ne peut pas passer notre temps à imputer la responsabilité à la France et au trésor français. Ainsi, ce dernier avance que la question du franc CFA, c’est la récupération entière sur sa gestion. Tous les pays ont des problèmes d’orientation  générale et politique en faveur des populations. « Nul ne peut avancer parce qu’on a sa propre monnaie, qu’on est plus avancé. Personne  ne peut dire de façon pertinente que c’est parce qu’il y a le franc CFA que nous sommes  en retard », a-t-il conclu.

Zachari BADJI

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