23 juillet, 2014
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TUBERCULOSE – Taux élevé d’abandon du traitement contre la maladie : Tambacounda, Ziguinchor et Kolda plus touchées

TUBERCULOSE – Taux élevé d’abandon du traitement contre la maladie : Tambacounda, Ziguinchor et Kolda plus touchées

Les cas d’abandon plombent l’élan du Programme national de lutte contre la tuberculose et participent de manière exponentielle à la dissémination de la racine du mal au sein de la population.

Les régions transfrontalières de Tambacounda, Ziguinchor et Kolda sont les zones où l’on note des taux d’abandon à propos du traitement de la tuberculose. «Ces populations sont à cheval entre deux régions, deux pays. Pour renverser la tendance, ce sont des stratégies qui doivent être mises en œuvre et concertées avec les autres programmes nationaux. Parce qu’ils ont ce même problème», a expliqué hier, Dr Marie Sarr Diouf, coordonatrice nationale du Programme nationale de lutte contre la tuberculose (Pnt).

A son avis, la sensibilisation sur ladite question va crescendo pour amoindrir le taux d’abandon. «Il faut relever que nous avons beaucoup évolué. Parce que les taux d’abandon allaient jusqu’à 27%. On est vraiment dans une logique de diminution drastique et évidemment, il y a encore des efforts à faire. Le taux acceptable est d’avoir entre moins de 3% et 5%», indique-t-elle lors d’un point de presse organisé hier, en prélude à la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée le 24 mars. Pour cette édition, le Sénégal a choisi Keur Massar (banlieue), pour y célébrer la journée.

Pour Dr Marie Sarr Diouf, les cas d’abandon qui arrêtent le traitement sans être guéris sont «une problématique», qu’il faut gérer d’autant que cela peut entraîner des conséquences indues pour la population. «Tout cas d’abandon peut effectivement aller vers des phénomènes de résistance et même de reprise de la chaîne de transmission. Parce que certains malades, après avoir pris leur traitement pendant un mois, pensent qu’ils sont guéris. Et au bout de deux mois, ils reviennent avec une tuberculose évolutive et ils commencent à contaminer leur entourage», a regretté Dr Diouf. Avant d’ajouter : «Ce qu’on craint le plus, c’est la résistance. A force d’abandonner, on aboutit à des résistances. A chaque fois que l’on contamine quelqu’un avec un bacille résistant, la personne est d’emblée résistante», a fait remarquer la Coordonatrice du Pnt.

Selon elle, gérer les cas d’abandon reviendrait à mieux contrôler la transmission de la maladie. Laquelle a touché 12.810 personnes en 2012, dont 70% chez les hommes et 9% chez les Personnes vivant avec le Vih (Pvvih) et Dakar, notamment sa banlieue et la région de Thiès occupent la tête du peloton des populations les plus touchées par la maladie.

La meilleure approche contre la tuberculose a jugé Mme Diouf, est d’associer la communauté dans la lutte. «Il faut mettre la communauté, les autres secteurs, parce que chacun a une contribution à apporter dans cette lutte. Les intervenants communautaires sont en train d’agir pour sensibiliser les malades, afin qu’ils continuent le traitement jusqu’au bout», s’est elle félicitée.

nmseye@lequotidien.sn