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Facebook fait la chasse aux faux «like»REUTERS/Regis Duvignau/Files

Twitter, Facebook, Instagram : les réseaux se réforment

Twitter contre la violence, Facebook contre les faux « j’aime », Instagram plus dur contre le nu… Ces derniers temps, les réseaux sociaux semblent revoir leurs conditions d’utilisation. Tour d’horizon.

Twitter contre les messages de haine

C’est la dernière annonce en date du réseau de micro-blogging. Jeudi 17 avril, Twitter a fait savoir qu’il allait sévir contre les tweets incitant à la violence. Plus généralement, tous ceux qui franchissent les limites de la liberté d’expression pour propager des discours de haine sont visés.

Cette annonce a pris la forme d’une tribune publiée sur le site du Washington Post. Dans ces colonnes, Vijaya Gadde, directrice juridique de Twitter, s’insurge contre toutes sortes de violences verbales qui fleurissent sur le réseau. « Parfois, écrit-elle, cela prend la forme de discours de haine dirigés contre les femmes et les minorités ; parfois, la forme de menace d’intimidation contre ceux qui prennent position » sur telle ou telle question. Puis d’en conclure : « Nous devons mieux combattre les contenus injurieux en nous gardant toutefois de museler la liberté d’expression. »

Pour ce faire, le réseau indique qu’il a, ces derniers mois, « investi lourdement » dans des moyens consacrés à la détection de contenus injurieux. « Nous avons triplé la taille de son équipe chargée de protéger les utilisateurs […], ce qui nous a permis de répondre à cinq fois plus de plaintes » en un temps bien moindre qu’auparavant, argumente-t-elle.

Mais dans sa tribune, la juriste en chef du média n’a pas détaillé comment Twitter comptait techniquement s’y prendre – hormis les signalements des utilisateurs – pour stopper les inextinguibles vannes du racisme en 140 caractères. Au risque de ne rester qu’au stade du vœu pieu, ou de la goutte de bonne volonté.

Le mois dernier, Twitter avait modifié ses règles d’utilisation pour bannir la « pornographie de revanche » de son réseau, c’est-à-dire la diffusion de photos ou de vidéos pornographiques sans le consentement des personnes qui y apparaissent. Dans le cadre de sa nouvelle politique, Twitter va revoir le champ des contenus « interdits » qui englobera désormais les messages menaçants. Twitter met déjà à disposition plusieurs outils dont les utilisateurs peuvent se servir pour signaler un contenu inapproprié : un formulaire en ligne et une option de blocage d’un contenu problématique. Enfin, parfois, la communauté des twittos se fait justice elle-même.

Cette sortie s’inscrit dans le sillage de Facebook qui s’est également mobilisé le mois dernier lorsqu’il avait clarifié ses règles sur ce qu’il est convenable de poster. Selon les nouvelles directives mises en ligne, Facebook avait notamment indiqué qu’il n’autorisait plus la présence de groupes qui font l’apologie « d’activités terroristes, d’organisations criminelles ou qui promeuvent la haine ». En France, les attentats du mois de janvier avaient généré des vagues de réactions sur internet, les sites de médias, les forums ou les réseaux sociaux. Parmi elles, des propos racistes ou faisant l’apologie du terrorisme.

Coïncidence, cette prise de position est intervenue jeudi 17 avril, jour de la présentation par le gouvernement français d’un vaste plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. L’un des principaux piliers de cet arsenal de 40 mesures prendra effectivement la forme d’une « unité nationale de lutte contre la haine sur Internet ». Elle sera composée, précise Le Monde, d’officiers de police judiciaire, et sera chargée d’améliorer le signalement et le suivi des actes et des propos racistes et antisémites sur la Toile. « Ses objectifs seront clairs : obtenir le retrait de ces contenus, identifier les auteurs et les poursuivre », a déclaré Manuel Valls : « la passivité sur Internet, c’est fini. » Cette structure s’ajoutera à la plateforme Pharos, mise en place par le gouvernement en 2014 pour pointer les déviances sur internet.

Facebook combat la contrefaçon des « like »

Onze ans après l’apparition du plus grand réseau social au monde, on ne présente plus le « j’aime » (ou « like ») incarné dans le fameux pouce levé (mais sans ongle incarné). Sauf qu’il existe aussi des faux like, comme il y a des faux amis… Le réseau de Marc Zuckerberg a décidé de prendre ce nouveau souci à bras le corps.

Qu’est-ce qu’un faux like et quel est son intérêt ? Il peut provenir d’un logiciel comme d’un humain. L’intérêt, pour la page ou le statut likés, c’est évidemment d’augmenter sa popularité. Le fait d’être « aimé » permet au statut de rester plus longtemps et plus visible sur le fil d’actualité, ou bien à la page d’être plus connue, plus virale.

Conséquence : l’achat – légal – de likes sur Facebook (ou de faux fans sur d’autres réseaux sociaux), façon d’augmenter de manière fictive sa popularité sur internet, a explosé. Cette pratique peut s’avérer tentante pour les artistes, des start-up peu connues ou des hommes politiques en campagne par exemple. Les politiciens français en sont d’ailleurs adeptes et sur Instagram, Justin Bieber en avait fait les frais lors d’une purge en décembre dernier.

Facebook a indiqué vendredi avoir triplé, sur les six derniers mois, la détection et le blocage de faux « j’aime » avant qu’ils ne soient enregistrés sur des pages du réseau social. Sans toutefois préciser combien de faux ont ainsi été repérés. « Depuis l’introduction de cette fonctionnalité en mars 2015, nous avons informé 200 000 pages que nous avions protégé leurs comptes contre les faux « j’aime ». »

Comment Facebook lutte-t-il ? Il s’explique :

« Pour diminuer la rentabilité de ces arnaques, notre équipe de lutte contre les abus conçoit et met constamment à jour un mélange de systèmes automatisés et manuels qui nous aide à détecter les activités suspectes à différents points d’interaction sur le site, notamment au niveau des inscriptions, des ajouts d’amis, des mentions « j’aime » et des messages. »

  • Par « mélange de systèmes automatisés et manuels », il faut entendre que des algorithmes conçus sur mesure et doublés d’une intervention humaine bloquent et suppriment ces mentions importunes.
  • Mais qu’entendre par « activités suspectes » ? Car la « détection des activités suspectes », qui suppose donc une surveillance en amont des activités des utilisateurs, est une notion aussi large que floue au cadre juridique indéfini. Et Facebook, comme les autres géants du web, n’est pas blanc comme neige dans le vaste système de surveillance américain Prism mis à jour à l’été 2013.

Instagram cache toujours ces seins que l’on ne saurait voir

Racheté par Facebook en 2012, il est passé de 30 millions à 300 millions d’utilisateurs mensuels en deux ans. Aujourd’hui, Instagram est plus utilisé que Twitter sur smartphone. Sa simplicité d’utilisation, la pratique planétaire et quotidienne de la photo et la mode tenace du selfie, à bout de bras comme à bout de bâton, n’y sont probablement pas étrangères.

Alors, lui aussi a entrepris un ravalement de façade, il y a quelques jours. Son obsession : la nudité. Ce réseau spécialisé dans la publication de photos prises avec le smartphone est connu pour la pudeur qu’il commande à ses utilisateurs de respecter. Quitte à détailler ce qu’il faut montrer ou ne pas montrer :

« Nous sommes conscients qu’il arrive parfois que des personnes veuillent partager des images de nudité à caractère artistique ou créatif, mais pour un bon nombre de raisons nous n’autorisons pas la nudité sur Instagram. Cela inclut les photos, les vidéos et les autres contenus numériques présentant des rapports sexuels, des organes génitaux ou des plans rapprochés de fesses entièrement exposées. Cela inclut également certaines photos de mamelons, mais les photos de cicatrices post-mastectomie et de femmes qui allaitent activement un enfant sont autorisées. La nudité dans les photos de peintures et de sculptures est également acceptable. »

A noter que cette ouverture à l’art est une première à mettre à son crédit. Tout comme son propriétaire qui ne peut pas voir de sexe de femme en peinture, Instagram reste prude et coi.

Selon le Wall Street Journal, cette mise à jour de son règlement est la plus importante qu’Instagram ait jamais entreprise. Le journal américain indique par ailleurs que la nouvelle charte se fait globalement plus dure à l’égard des utilisateurs, précisant même que ses rédacteurs ont réduit le nombre de « s’il vous plaît » de 4 à 1… Bigre !

Rfi

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