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Un chercheur sénégalais explique l’intérêt des Américains pour les langues africaines

Les Américains ont commencé à intégrer l’enseignent des langues des autres pays dans leurs universités en partie pour parer contre les ‘’surprises violentes », a analysé Sana Camara, enseignant chercheur sénégalais, auteur d’un dictionnaire Wolof publié en 2006 par la National African Language Ressource Center (NALRC, University of Wisconsin, Madison).
‘’Les Américains, je crois, ont commencé à s’intéresser aux langues nationales à cause de toutes ces surprises violentes contre eux », a-t-il confié à l’APS.

Cette perspective remonte, selon lui, aux deux premières guerres mondiales, qui ont poussé les Américains à comprendre le japonais, ensuite, ils se sont dits : ‘’Pour ne plus être surpris, il faut qu’on commence à apprendre toutes les langues du monde ».

‘’Aujourd’hui », des traducteurs sont payés plus de 100.000 dollars par année, ‘’rien que pour être des interprètes des militaires américains », a-t-il fait remarquer.

‘’Maintenant, a-t-il ajouté, ils voient l’intérêt d’apprendre l’arabe pour ne plus être surpris par ces terroristes qu’ils appellent arabes », alors qu’il ‘’y a eu un moment où l’arabe n’intéressait pas les Américains, parce qu’il sonnait religieux ».

‘’Mais aujourd’hui, ils sont obligés d’avoir des départements d’arabe pour mieux sonder et pour mieux cerner ce qu’ils appellent l’ennemi entre guillemets », a dit Sana Camara, professeur de français à la Truman State University.

Il a soutenu son doctorat à Ohio State University et enseigne le français et le wolof, ainsi que les littératures correspondantes.

‘’De la même façon, les membres du Corps de la paix sont venus ici s’implanter pour apprendre les langues nationales. D’abord du point de vue académique (), ensuite d’un point de vue politique, pour ne pas être surpris, comprendre la langue d’autrui », a-t-il poursuivi.

C’est ‘’ce qu’ils appellent l’immersion. Il faut s’immerger pour être enveloppé par la culture et la langue », dans le but de ‘’mieux la comprendre. Et mieux vous comprenez la langue, mieux vous comprenez les attitudes des personnes ».

D’un autre point de vue, le fait d’enseigner ces langues correspond à un ‘’besoin de théories linguistiques », parce que, a-t-il rappelé, les premières théories linguistiques étaient accès  »seulement sur les langues européennes ».

‘’Après avoir étudié ces langues » en question, ‘’on a commencé à développer des théories linguistiques sur le mécanisme et la phonologie de certaines langues. Et plus tard, avec l’entrée des langues africaines dans le système linguistique international, on a commencé à changer de point de vue par rapport aux anciennes théories », a rappelé Sana Camara.

‘’Et donc, ces nouvelles langues africaines permettent de développer une nouvelle théorie linguistique, à cause de plusieurs découvertes sur leurs phonologies et leur mécanismes », a-t-il ajouté.

De plus, ‘’les Américains s’intéressent beaucoup à l’Afrique, à l’histoire africaine et à l’histoire orale surtout. Et pour comprendre cette histoire orale, il faut comprendre la mythologie africaine, le fonctionnement de la culture africaine », a-t-il encore dit.

‘’Et cette transmission de la culture se fait surtout à travers la littérature orale, qui a besoin maintenant d’être campée en écriture », comme l’a fait par exemple Djbril Tamsir Niane avec l’épopée de Soundiata », a-t-il fait observer.

Cela explique le fait que ‘’certains chercheurs littéraires préfèrent les textes oraux, c’est-à-dire cette épopée où la performance est directe », permettant ainsi de voir comment tous les aspects de la culture sont comprimés en un seul texte, a-t-il souligné.


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