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UN ENFANT NAÎT APATRIDE DANS LE MONDE TOUTES LES 10 MINUTES

Les enfants sont les premières victimes de l’apatridie, avec un enfant naissant apatride ’’toutes les 10 minutes’’ dans le monde, a soutenu, jeudi, à Dakar, le représentant adjoint du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Mathijs Le Rutte.

M. Le Rutte participait au premier anniversaire de la déclaration d’Abidjan sur l’élimination de l’apatridie, adoptée par les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’issue d’une conférence ministérielle tenue dans la capitale économique ivoirienne, le 25 février 2015.

L’apatridie se réfère à la situation d’une personne qui n’est reconnu par aucun pays comme son ressortissant. Une personne est apatride parce qu’elle ne remplit pas les critères de la loi sur la nationalité, ou se trouve dans l’impossibilité de prouver qu’elle les remplit.

« Les enfants sont victimes des défaillances de la loi sur la nationalité », à partir du moment où la plupart des Etats de la région ouest-africaine »ne leur accordent pas une nationalité, soit parce qu’ils n’ont pas de dispositions pour les enfants trouvés, comme en Côte d’Ivoire, soit parce qu’ils n’accordent la nationalité qu’aux nouveaux nés trouvés comme au Sénégal », a indiqué M. Le Rutte.

Cette catégorie de la population est « victime de la négligence » des parents, car beaucoup ignorent l’importance de l’enregistrement à la naissance, a fait valoir le représentant adjoint du HCR.

« Or l’extrait de naissance est souvent un des éléments essentiels pour démonter son identité et acquérir une nationalité’’, a-t-il dit, estimant que « l’apatridie est essentiellement une question de droits humains, de sécurité des personnes et du pays mais aussi une question de développement ».

Au Sénégal, « plus d’un quart des enfants ne sont pas déclarés à la naissance », a indiqué Mathijs Le Rutte, précisant que « les apatrides sont des proies faciles pour les traites et trafiquants ». Il a déploré le fait qu’à ce jour, « aucun pays de l’Afrique de l’Ouest ne dispose d’un régime de protection des apatrides ».

« La déclaration d’Abidjan est un modèle au plan mondial, dont la communauté internationale vante les mérites (…). La région a besoin de leader », a-t-il déclaré, avant d’appeler le Sénégal à « être ce modèle et ce leader en 2016 et dans les années à venir ».

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