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Un peu de respect pour les sénégalais (Par Abdoulaye Thiam)

Le Sénégal est un pays qui marche sur la tête. C’est, d’ailleurs, une lapalissade de le dire. Même si, une épaisse lueur d’espoir avait enveloppé le ciel obscur qui couvrait notre pays, au soir du 25 mars 2012. Malheureusement, le réveil a été brutal. A la gouvernance vertueuse et sobre, on assiste à des concerts de verbes qui polluent l’espace public.

En témoignent ces discours inaudibles que le ministre de la Jeunesse sert dans ses vacances citoyennes, lors des shows d’un autre ministre conseiller, sous un air de campagne… « déguisée ».  De Saint -Louis à Fatick, en passant par Kaolack et ailleurs, le public s’est plutôt mobilisé par les décibels que pour entendre des discours ennuyeux, faits de promesses et de déclarations d’intention, aussitôt oubliées après un retour dans des bureaux calfeutrés de Dakar. C’est à croire que le Sénégal du 21ème siècle n’est pas en train de fabriquer une génération pour son futur. Quel dommage ! A la place de Licence Maîtrise Doctorat, le système LMD est transformé en Lutte, Musique et Danse. 

Nos chaînes de télévision dépourvues de programmes, meublent leur temps par des sketches faits de bouffonnerie et autres sujets dans le seul but de crétiniser davantage les populations. Pis, même le combat supposé contre les télé novas est un échec lamentable. Pour la bonne et simple raison, que rien n’a été planifié, recherché avec des scénaristes et réalisateurs dignes de ce nom. A la place, ce sont des supposés stars, vivant dans une bulle, entre les Almadies et leur domicile, qui s’invitent dans nos salons. Qu’on ne sert surtout pas le zapping comme défense.

Poussons notre indignation un peu plus loin. 

Depuis combien d’années, les Sénégalais se rendent-ils à La Mecque ? Plus de 300 ans? D’abord à pieds. Et aujourd’hui par avions. Mais un seul sénégalais a-t-il vu une campagne avec zéro couac ? Qu’il lève le doigt. Personne. La perfection n’est certes pas de ce monde, mais gouverner c’est prévoir. Si on avait ce célèbre maxime en bandoulière, on n’allait certainement pas connaître, une telle catastrophe, lors du pèlerinage 2015, où  des pères et mères des famille sont obligés de passer des nuits à l’aéroport sans pouvoir embarquer dans un vol. Et dire que cette année encore les pèlerins ont été appelés à débourser 200.000 FCFA de plus pour accomplir le 5ème pilier de l’Islam.
Espérons seulement que les autorités ne les ont pas privés d’eau. Parce que dans la banlieue dakaroise, rien ne va. Pendant 72 heures, le liquide précieux avait disparu. Et pourtant la SDE n’avait annoncé qu’une pénurie de 24 heures. Que nenni !

La souffrance a été énorme. Presque incommensurable. Il fallait voir ces femmes, ces filles, ces jeunes garçons, désertant leur maison, à la recherche de l’eau. N’hésitant pas à rouvrir d’anciens puits, à acheter de l’eau contenue dans des fûts dont ils ignorent la  provenance.
Les sorties de l’ex Premier ministre, Mme Aminata Toure de l’époque, les récentes menaces de Macky Sall n’ont pu changer la donne. L’usine Keur Momar Sarr est encore passée par là.

Last but not least dans cette liste des souffrances des sénégalais, c’est la liquidation froide dont sont victimes les sénégalais établis à l’extérieur. Au département des Affaires étrangères, on se contente de bombarder les rédactions de communiqués, condamnant, vociférant ou demandant des enquêtes qui n’aboutissent souvent pas.

Au Maroc, quatre femmes ont péri dans un incendie non encore élucidé. En France, récemment, un autre incendie criminel a emporté trois de nos compatriotes. En Italie, on hésite plus à fusiller nos Gorgorlu. En Espagne, aussi. Partout les émigrés Sénégalais courent un réel danger de mort. Et pourtant la diaspora considérée politiquement comme la 15ème région du Sénégal, est le principal bailleur de notre pays. Ce n’est ni la Banque mondiale, encore moins le FMI, mais l’émigré qui est le premier bailleur au Sénégal comme partout en Afrique. Il mérite respect, considération et surtout protection.

Parce que contrairement à certains fonctionnaires, autres hommes politiques qui pillent le pays, les émigrés eux, cherchent à le développer. Rien qu’en 2014, ils ont fait entrer plus de 800 milliards de F CFA au Sénégal.

Sud Quotidien

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