21 août, 2014
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Une mère rebaptise son fils Kévin plutôt que Mohamed « pour qu’il puisse travailler »

Une mère rebaptise son fils Kévin plutôt que Mohamed « pour qu’il puisse travailler »

Vous le savez, le prénom d’une personne peut influer sur sa carrière. C’est partant de ce constat qu’une mère de famille de Marseille a demandé à la justice de débaptiser ses deux enfants d’une dizaine d’années, Mohamed et Fatima: elle juge ces prénoms trop difficiles à porter sur le marché du travail et trop propices à la discrimination.
« Je ne voudrais pas qu’il devienne ouvrier, ou que ma fille devienne femme de ménage, comme moi » expliquait-elle à Europe 1 ce matin même, tenant à préciser que sa démarche n’avait rien ni de religieux, ni de politique – faisant peut-être référence au conseil donné par Marine Le Pen il y q quelques mois sur France 2, qui recommandait que pour s’intégrer « tous les immigrés devaient donner des prénoms français du calendrier » à leurs enfants.

Pour faciliter l’intégration de son fils et de sa fille sur le marché de l’emploi, cette femme a donc opté pour deux nouveaux prénoms, choisis en concertation avec eux-mêmes: Fatima se prénomme désormais Nadia, comme de nombreuses personnalités et comme « la fiancée de Titeuf », et Mohamed se prénomme désormais… Kévin.

Pourtant, dans une étude parue l’an dernier dans Le Parisien / Aujourd’hui en France, on apprenait que porter un prénom anglo-saxon pouvait être bien plus nuisible que de porter un prénom à consonnance étrangère. Les chercheurs affirmaient que quelques prénoms en particluier (Kevin, Dylan, Brandon, Kelly, Cindy…) étaient « assimilés inconsciemment aux jeux vidéos, aux séries bas de gamme, aux CSP- et à des personnes peu cultivées ». Des enseignants attestaient même moins bien noter les copies portant des prénoms issus des séries comme Beverly Hills !

Dans ce contexte, pas certain donc, que Kévin trouve plus facilement un travail que Mohamed. Mais au-delà de cette question, faut-il penser à la carrière de son enfant en lui choisissant un prénom ? Si d’après ces études, Amaury de Blignières entrera peut-être plus facilement à HEC que Kévin Arfaoui, comment une personne portant un prénom et un nom très classique sera-t-elle accueillie dans le milieu artistique ?

En tout cas, les enfants ont un nouveau prétexte pour attaquer leurs parents en justice: « J’ai raté ma vie professionnelle car ma mère m’a appelé Dylan. » Ou Mohamed, donc, d’après cette mère de famille marseillaise.

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