Confidences

« UNE SI LONGUE PAROLE », CONTRE L’INJUSTICE SOCIALE

  • Date: 24 mai 2016

NOTE DE LECTURE : Entre fiction et histoire, Fatimata, au gré de sa vie, réinvente le monde et étale les hauts faits d’une féminité en passe d’être le noyau du changement véritable. Ainsi, la promesse d’éthique par la parole, qui s’inspire des épopées

Ouestafnews – Les plus jeunes ou non-initiés pourraient ne rien percevoir dans ce titre qui, dans le petit monde des lettres sénégalaises, en rappelle forcément un autre. Les plus sévères pourraient critiquer le manque de créativité ou le choix d’un titre « cliché », après le succès mondial du roman « Une si longue lettre » de Mariama Ba. Les plus indulgents pourraient toujours lui trouver des excuses.

Toujours est-il qu’en choisissant « Une si longue parole » comme titre du dernier de sa trilogie, publiée aux éditions « Lettres de Renaissance », Amadou Élimane Kane a pris un risque… le même qu’il a pris en faisant des clins d’œil à Cheikh Hamidou Kane et à Ahmadou Kourouma respectivement, dans ses deux autres ouvrages : « L’ami dont l’aventure n’est pas ambiguë » et le « Soleil de nos libertés ». Références évidentes à deux classiques de la littérature africaine, « L’aventure ambiguë » de Cheikh Hamidou Kane et « Le Soleil des indépendances » de Kourouma.

Dans « Une si longue parole », on parle peu, cette fois, d’une histoire de famille. Ce dernier de la trilogie d’Amadou Élimane Kane raille le vécu de l’homme nature et proclame les valeurs universelles face aux idéaux engagés au profit de l’humanité.

Passer d’une vie à une autre sans détruire son rêve. Ce fut le pari réussi d’une femme à cheval entre deux mondes. L’héroïne du récit alterne son verbe, tantôt poétique, tantôt réel. Elle conte son impulsion face à un environnement social qui, ayant beaucoup évolué, la voue à un destin inattendu. Une péripétie qu’elle finit, tout de même, par assumer.

« Je suis convaincue qu’il faut revenir à nos valeurs ancestrales, la quête universelle de la loyauté qui s’appuie sur les principes de la démocratie, sur le règne de la justice et de l’équité de l’Almaamiyat… », dixit Fatimata, l’héroïne du roman dans le prologue.

Entre fiction et histoire, Fatimata, au gré de sa vie, réinvente le monde et étale les hauts faits d’une féminité en passe d’être le noyau du changement véritable. Ainsi, la promesse d’éthique par la parole, qui s’inspire des épopées culturelles africaines, est source de conflit mais gage de bonheur pour elle. Ce serment réconforte les principes humains même dans la désillusion, devant l’éternel combat de la vie.

Aussi décrète-t-elle que « le désastre généralisé à la tête de tous nos Etats africains depuis les Indépendances, succession éhontée du legs colonial, s’est perpétué dans les pratiques des gouvernements incapables de contenir leur penchant à posséder un pouvoir absolu, celui de l’assise royale, de l’argent, de la suffisance et de l’arrogance. Il n’est plus acceptable de vivre encore cela dans le monde qui est le nôtre… Je prends la parole pour dénoncer, refuser le destin qu’on veut nous forcer à vivre et offrir l’espérance, la grandeur flamboyante de la renaissance… ».

Cette « parole à la jeunesse », un appel de l’auteur, va s’opposer à l’amour au moment où celui qui l’incarne pour l’héroïne (son époux) viole les lois.

Devant le raisonnement de la bien-aimée, devenue avocate et également défenseur des droits humains, l’homme habile tacticien est mis à nu. Le tableau offre l’image pitoyable d’un apostat, naguère en quête de rêves grandioses. Le mari, « politicien » avare, est finalement confronté à la Justice de son pays, devant aussi faire face à l’éloignement de sa compagne.

« Je me sépare de toi avec une immense peine mais je choisis la justice humaine, sans cela je serai prise dans la tourmente… », explique Fatoumata à son époux Bi-Laamdo, fils d’un ex-Chef d’Etat et naguère ministre de la République qui se retrouve traqué par le nouveau régime.

Si le récit révèle le caractère délicat de la passion, l’auteur revient sur l’histoire d’une vie faite de privations et de concessions qui a forgé, chez Fatimata, un premier sentiment de respect profond de la nature humaine.

Les pensées éparses de l’héroïne d’Amadou Élimane Kane trouvent finalement ses repères dans un vécu confronté à plusieurs défis humains et sociaux. Une issue qui lui a semblé nécessaire pour s’adapter au gré des mutations d’une société souvent fallacieuse.

Sans gêne elle affirme avec force : « moi Fatoumata, j’ai quarante-deux ans, je viens d’un univers modeste mais généreux, bâtisseur de valeurs universelles que j’ai toujours eu chevillées au corps et au cœur… ».

Et Fatoumata choisit de ne pas défendre son époux qui a fauté sur la société ! Le destin, pour elle, ne doit pas, en définitive, se résumer à l’épisode d’un compagnon de lutte qui a cédé et se retrouve en prison. Oui, par éthique, elle s’éloigne ! Et sa « longue parole » s’élève pour célébrer un choix de vie…

Avec le dernier de sa trilogie, Amadou Élimane Kane, qui se veut un « fils » d’Afrique, tient à rester fidèle aux légendes qui ont fait son peuple. A travers la vie et la voix de son héroïne, il les inscrit dans la postérité en y apportant une nouvelle touche personnelle, tout au long des péripéties d’un monde en pleine mutation.

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