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UNE VALEUR DE 150 MILLIARDS DE FRANCS BRULEE A 1.000 DEGRES : Les 2,475 tonnes de cocaïne incinérés dans les fours de la Sococim

D’une valeur estimée à près de 150 milliards de francs Cfa, la cocaïne saisie en juin dernier, dans le département de Mbour par les gendarmes sénégalais, a été réduite en cendres hier dans les « fourneaux » de la Sococim. Une cérémonie aux allures de fête effectuée en présence de toute la hiérarchie de la Gendarmerie nationale.

Source le Soleil

Le camp Samba Diéry Diallo semblait être transféré hier à la Sococim à cause de la forte présence des hauts gradés de la Gendarmerie sénégalaise dans la cimenterie de Rufisque. Les 2,475 tonnes de cocaïne ont été incinérées dans le four 4 de la Sococim servant à produire le klincaire, principale composante du ciment.

C’était en présence de la presse, des autorités étatiques, militaires, diplomatiques et rufisquoises. Avec une puissance comprise entre 950 et 1.000 degrés, cette drogue n’est plus récupérable une fois introduite dans cette fournaise. « C’est l’un des meilleurs processus de traitement des déchets », assure le directeur de l’exploitation de la Sococim, tout en rassurant que la Sococim s’est équipée de filtres dans un souci de protection de l’environnement. En d’autres termes, les potentielles émanations de cette incinération de drogue ne feraient courir aucun risque aux populations.

Choisie pour abriter la cérémonie de destruction des 2.475 kg de cocaïne brute saisies en juin dernier dans le département de Mbour, la cimenterie donnait l’air d’un camp militaire. En plus des chefs, les tireurs d’élite du Gign étaient là pour parer à toute éventualité.

Parce que la prise est de taille, les gendarmes ont pris toutes les mesures de sécurité. Mais cette cérémonie ressemble à un jour de fête pour les « hommes en bleu » qui avaient à leur côté leur patron, le ministre des Forces armée Bécaye Diop, le représentant du FBI, le directeur de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis, le procureur de la République et leurs frères d’armes de la Police et de la Douane. Selon le commandant Moussa Fall de la section de Recherche de la Gendarmerie, la saisie s’est opérée en trois phases dans le courant du mois de juin (19, 22 et 25 juin) avec des quantités variables.

D’une valeur estimée à 150 milliards de francs Cfa, cette drogue équivaut au coût de la cimenterie de Rufisque, selon une métaphore employée par le commandant Fall. De l’avis du chef de la Recherche de la Gendarmerie, il aura fallu un travail minutieux et patient planifié en différentes étapes. En 2003 déjà, un travail de recherche du renseignement a permis aux gendarmes de soupçonner les activités de trois Latino-américains établis à Ndagane (département de Fatick).

Ces trois individus avaient investi une valeur de sept milliards dans l’aquaculture. Mais avaient déclaré faillite de leur société quelque temps après sa création. Le dispositif de surveillance mis en place par la Gendarmerie va lui permettre de déceler une « inadéquation entre l’activité de cette société et sa faillite ». Et en novembre 2006, les gendarmes avaient une idée claire des activités de ces individus qui continuaient pourtant à investir dans d’autres secteurs et à déclarer faillite au bout d’une certaine période. Cette instabilité dans la gestion de leur activité était sous-tendue par un trafic de drogue et un blanchiment d’argent. L’étude de circuit fut la seconde étape exploitée par les gendarmes. Ce qui leur a permis de découvrir le contournement du dispositif américain de lutte contre la drogue et de pénétrer dans les côtes africaines avec bien évidemment des « complicités locales », assure le commandant Fall. Tout ce circuit permettait aux trafiquants d’atteindre facilement l’Europe et même l’Amérique. Mais face à la vigilance des gendarmes sénégalais, les trafiquants ont été surpris dans leur sale besogne en juin dernier.

Si l’honneur leur revient avec cette saisie, les « hommes en bleu » ont salué la conjugaison des forces de sécurité et principalement de l’Onudc. A l’avenir, le commandant Moussa Fall recommande une amélioration de la lutte contre la drogue en s’appuyant sur les moyens nationaux et internationaux.

Imposant dispositif sécuritaire

L’incinération hier de la saisie record de cocaïne était certes une fête pour le corps des gendarmes, mais ces derniers n’ont pas négligé le volet sécuritaire durant les quelques heures qu’a duré la cérémonie. De l’entrée de la ville de Rufisque jusqu’à la porte de la cimenterie, les gendarmes avaient jalonné la voie, appuyés parfois au niveau des intersections par les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi).

Les deux camions sur lesquels était chargée la drogue dure étaient surveillés par des éléments du Gign encagoulés et armes au poing. Un peu partout dans l’usine, des gendarmes veillaient au grain. Ce dispositif particulier a étonné plus d’un Rufisquois, comme en témoignent les curieux regardant ces gendarmes massés tout le long de la route.


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