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VALLS A DAKAR On en est où avec la Françafrique ?

La mort de la Françafrique, déjà annoncée par Sarkozy lorsqu’il était aux affaires, est-elle effective ? Une question d’autant plus actuelle que le Premier ministre français, Manuel Valls, a entamé une tournée africaine dans un continent où les entorses à la démocratie font encore légion.

La réponse à cette interrogation est variable en fonction des pays. S’il est en effet vrai que la France est plutôt bien « représentée » par des présidents comme Aziz en Mauritanie, IBK au Mali, Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, Alpha Condé en Guinée, etc. il n’en reste pas moins que l’Afrique n’est plus la chasse-gardée de personne.

Cela ne veut pas dire que la France exerce une tutelle comme du temps de Bokassa, presque transformé en garde-chasse par l’équipe de Valery Giscard-d’Estaing. Des présidents naguère transformés en vassaux devant les rigueurs de la guerre froide, qui ne laissaient aucune chance aux récalcitrants comme Thomas Sankara, Nkrumah, Lumumba, etc.
Mais disons que les choses évoluent en dents de scie et parfois dans le bon sens.

La France n’a plus ni les moyens ni la volonté de jouer au gendarme permanent ou au faiseur de rois.
Toutefois, elle tient à garder ses « liens séculaires » avec l’Afrique. Elle y tient d’autant plus que ses intérêts immédiats sont en jeu face à la menace de superpuissances comme la Chine et les Etats-Unis. Du coup, en fonction de la personnalité et du caractère des Ambassadeurs en poste, les immixtions s’accentuent ou perdent de la vitesse. Certains comme Jean Christophe Rufin, en poste à Dakar il y a de cela quelques années, n’avaient aucune envie de perpétuer une tradition de Françafrique.

D’autres y sont plus sensibles avec des déclarations sur des affaires internes y compris judiciaires. Il s’y ajoute l’hégémonie de certaines sociétés françaises sur de grands secteurs de l’économie, sans oublier le retour des militaires, etc.

Tout dépend également de la vision de l’Afrique du patron de l’Elysée. On l’a vu hier, les autorités congolaises ont dû adopter un ton ferme contre le président Hollande pour lui rappeler que la « RDC n’est pas un département d’outre-mer de la France ».

Mais ce qui constitue le plus grand frein à cette Françafrique, c’est la percée des Américains avec ces accords de défense et la base projetée, et aussi celle de la Chine qui envahit tous les secteurs de l’économie.

Il faut dire que la France a perdu beaucoup de son influence en Afrique. Mais son intervention au Mali notamment, a redoré son blason et légitimé sa présence dans de nombreux pays.

En tant que partenaire stratégique, elle sait que nombre d’Etats sont encore fragiles et que dans le cadre de la diplomatie de prévention, il faudra anticiper les conflits en sachant dire la vérité ou même mettre la pression sur des Chefs d’Etats qui gardent, pour un certain nombre d’entre eux, des réflexes autoritaristes.

Toutefois, il est temps que l’Afrique grandisse. C’est vrai qu’un énorme travail a été abattu par les Africains eux-mêmes ces dernières décennies pour aboutir à un afro-optimisme béat, mais il faudra apprendre à s‘affranchir de la tutelle des anciennes puissances colonisatrices et des superpuissances très jalouses de la défense de leurs intérêts économiques et politiques.
Il faudra diversifier les partenariats, maîtriser la détérioration des termes de l’échange, nos monnaies nationales, assurer notre propre défense, etc.
C’est simplement ce que souhaite Guy Marius Ndiaye, coordonnateur national du Collectif Non aux Ape. Il n’est pas alors indiqué de l’arrêter pour si peu.

Assane Samb

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