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VALSE DE PLAINTES DEVANT LES TRIBUNAUX La Justice, un purgatoire politique

  • Date: 13 octobre 2016

Ces derniers jours, la Justice est sollicitée d’une façon presque abusive par les hommes politiques pour arbitrer des conflits entre eux, mais surtout pour régler des comptes contre des adversaires. L’opposition réunie au sein de Manko Wattu Senegaal a décidé de porter plainte contre des personnalités comme Frank Timis dans le cadre de Pétro-Tim, Timis réagit par une autre plainte contre une dizaine de personnalités, son avocat Me El Hadji Diouf va récolter une plainte du Forum Du Justiciable pour manque de civisme, discrédit sur les institutions, etc.

C’est décidemment la valse des plaintes devant le juge de la part d’hommes politiques ou de la société civile, décidés à déplacer le terrain de la bataille politique sur le terrain judiciaire. Même Barthélémy Dias a annoncé une plainte contre les Tanor et consorts.

La raison, c’est que la Justice est perçue par les hommes politiques comme une forme de purgatoire de fautes des adversaires. Il s’agit d’arriver à récolter une condamnation et peut-être même une réparation dans le but justement d’en tirer les dividendes politiques qui se traduiront pas une certitude de l’opinion que l’on a raison et que l’autre a tort.

Reste maintenant à savoir si la Justice est prête à jouer ce rôle. Il nous semble en effet évident qu’il n’existe pas de « délits politiques » à proprement parler. Les délits ne sont que de droit commun, c’est-à-dire applicable à tous. Mieux, il n’existe pas de véritables tribunaux politiques, même s’il existe des tribunaux administratifs.

Du coup, certaines batailles politiques transférées sur le terrain judiciaire ne manqueront pas, à  long terme, de jeter un discrédit sur Dame Thémis. Car, la Justice n’est pas un purgatoire des fautes politiques. Les magistrats ne sont pas des super-spécialistes de la chose politique chargés de trancher des conflits dont les soubassements sont presque toujours de positionnement pour conquérir ou se maintenir au pouvoir. La Justice n’est pas assez outillée pour cela. Elle n’en a ni la vocation ni les moyens.

En dehors de certaines affaires pour lesquelles la protection de la vie privée est en jeu, il est préférable que les batailles politiques restent sur le terrain politique. Il y a mille manières de mener une adversité politique contre quelqu’un. Et ceci est d’autant plus vrai que la politique est faite de ruse, de manœuvres dilatoires, de coups bas, de trahison, de chantage, de délation, etc. C’est pourquoi la sollicitation de la Justice est pour beaucoup, une forme de bataille politique, comme toutes les autres.

Or, politique et justice ne font pas bon ménage. La réactivation d’un tribunal spécial comme la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a été d’ailleurs perçue, par beaucoup, comme une stratégie de neutralisation d’adversaires politiques. On en connaît la suite. La grâce a été vidée de son sens judiciaire pour des raisons politiques. On assiste aujourd’hui à une grâce conditionnelle, non prévue par la loi.

Si la Justice suit la logique des hommes politiques, il en sera toujours ainsi. Ces derniers n’ont aucun scrupule à déplacer, partout, leurs batailles qui ont des allures de querelles de clochers, y compris dans les foyers religieux. Qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, ils ne perçoivent la Justice que comme un instrument pour arriver à leurs fins. A ce propos, il serait heureux d’imaginer des mécanismes pour sauver la Justice de ces instrumentalisations qui en ternissent l’image.

Assane Samb

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