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Vente de faux médicaments pour avortement: Ce que risquent l’étudiant et ses acolytes

Exercice illégal de pharmacie, usurpation de fonction, provocation à l’avortement et corruption, tels sont les délits pour lesquels l’étudiant Diédhiou et ses acolytes ont comparu, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Et si en rendant sa décision, le 10 septembre prochain, le juge suit le maître des poursuites dans ses réquisitions, les mis en cause risquent gros.

Des peines allant de 3 à 6 mois de prison ferme, c’est ce qu’encourent l’étudiant B. Diédhiou et ses acolytes. Ils ont comparu à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour exercice illégal de pharmacie, usurpation de fonction, provocation à l’avortement et corruption.

S’agissant des faits, le premier nommé a publié sur sa page Facebook qu’il vendait le médicament « Cytolec » qui, on le rappelle, est destiné à l’avortement. Malheureusement pour lui, cette publication a été vue par les éléments de la brigade des mœurs.

Ces derniers ont ouvert une enquête avant de procéder à l’interpellation de l’étudiant. Entendu, il a indiqué qu’il avait par devers lui 5 comprimés dudit médicament qu’il souhaiterait vendre. Sur une question de savoir d’où est-ce qu’il a eu les comprimés, l’étudiant a soutenu les avoir acheté auprès du commerçant, Saliou Khouma.

Car, il a entretenu des rapports sexuels avec sa copine et que cette dernière avait attrapé une grossesse non désirée. Pour mettre à terme à cette grossesse, il a sollicité les services de son ami Khouma qui lui a vendu le médicament. « Quand ma copine a bu le médicament, elle avait mis fin à sa grossesse.

C’est sur ces entrefaites que j’ai décidé de faire de la vente de ce médicament ma principale activité. Pour beaucoup plus de visibilité, j’ai choisi de faire des annonces sur le réseau social Facebook », a-t-il confié aux enquêteurs.

Poursuivant leur enquête, les limiers se sont lancés à la recherche du sieur Khouma. Né en 1997, Saliou Khouma a été alpagué avec 4 comprimés. Soumis au feu roulant des questions, il a désigné Abasse comme étant son principal fournisseur. Khouma a également informé aux enquêteurs que Libasse était établi au marché noir « Keur Serigne Bii ».

Le médicament provenait du marché noir « Keur Serigne Bii »

Khouma a été donc mis aux arrêts par les policiers qui, se sont encore lancés à la recherche de Libasse. Ce dernier a été arrêté avec 5 comprimés. Il a confié qu’il ignorait que le médicament cité était destiné à interrompre une grossesse.

De peur d’atterrir en prison, Libasse a essayé de corrompre les enquêteurs en les proposant la somme de 60.000 francs. Ce que ces derniers ont refusé avant de le conduire dans leurs locaux. Par ailleurs à la barre du tribunal des flagrants délits hier, les mis en cause ont changé de fusil d’épaule. Premier à être entendu, l’étudiant a déclaré que : « je suis étudiant mais à mes heures perdues, je travaille dans une boutique de cosmétique.

C’est ainsi qu’une cliente m’a une fois dit de lui trouver le médicament Cytotec. Comme Saliou me vendait souvent des jeans, je lui ai demandé s’il connaissait le produit. Il m’a répondu par l’affirmative avant que je ne lui donne 10.000 francs pour qu’il m’en trouve ledit médicament ».

Il ajoute : « c’est sur ces entrefaites qu’une autre dame m’a sollicité pour lui trouver le même comprimé. Au bout de quelques jours, elle est revenue vers moi pour me notifier qu’elle n’était plus enceinte. Ne voulant pas perdre mon argent, j’ai fait la publicité sur Facebook pour écouler le produit qui restait. Je dois préciser que j’ignorais que le médicament était destiné à interrompre une grossesse. Car, on a mentionné sur la boite, qu’il soulageait l’ulcère ».

A sa suite, Khouma a tout de même reconnu avoir acheté à deux reprises le médicament pour le compte de Diédhiou auprès d’un commerçant du nom d’Abass, établi au marché noir de Keur Serigne Bii. Lorsque les enquêteurs se sont rendus sur les lieux, ils ont arrêté Libasse Diaw alors qu’on ne se connaissait même pas. Je ne vends que des vêtements pour homme. Si j’avais su que le médicament était destiné à l’avortement, je n’allais jamais l’acheter », a regretté Saliou Khouma.

Le maître des poursuites convaincu de leur culpabilité

Dernier prévenu à prendre la parole, Libasse a soutenu que : « je ne connais aucun de mes co-prévenus. C’est un marchand ambulant qui m’avait trouvé dans mon lieu de commerce et qui m’avait vendu une plaquette de 10 comprimés à 200 francs. Mais, ce dernier m’avait dit qu’il soulageait des maux de tête. Je prenais tous les jours un comprimé après le déjeuner. Ce sont les enquêteurs qui m’ont révélé à ma grande surprise que le produit était destiné à l’avortement. Personnellement, je vends des lampes en face du marché noir « Keur Serigne Bi ».

Sur une autre question de savoir pourquoi il a voulu corrompre les enquêteurs en essayant de les remettre la somme de 60.000 francs, il a déclaré que c’est Alioune Ndiaye, ami de son frère, qui avait tenté de soudoyer à son insu les enquêteurs avec ladite somme. Invité à faire son réquisitoire, le maître des poursuites a estimé que les faits en plus d’être constants sont très graves.

Sur ce, il a requis 6 mois d’emprisonnement ferme contre Libasse Diaw et 3 mois ferme contre Boubacar Diédhiou et Saliou Khouma. Pour justifier son réquisitoire, le maître des poursuites a dit que le fait que les médicaments soient retrouvés par devers eux, prouvent à suffisance qu’ils s’adonnaient à sa vente illégalement.

« La perquisition effectuée sur le portable de Libasse Diaw avait permis de découvrir qu’il communiquait constamment avec Saliou Khouma », a aussi dit le parquetier. Pour terminer, les avocats de la défense ont pris la parole pour tenter de tirer d’affaire leurs clients. En effet, les avocats de Libasse Diaw et de Saliou Khouma ont plaidé la relaxe.

A l’en croire, les enquêteurs se sont trompés sur la personne du premier nommé qui n’est ni de près ni de loin mêlé à cette histoire. Pour le chef de corruption aussi, dit-il, c’est l’ami de son frère qui est à l’origine de cette infraction. « Mon client n’est coupable de rien dans ce dossier. C’est un Saloum-Saloum qui a quitté son village natal pour venir gagner sa vie dignement à Dakar », a soutenu la robe noire. L’affaire a été donc mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 10 septembre prochain.

Cheikh Moussa SARR 

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