ECONOMIE

VENTE DE PASTÈQUES À DAKAR Le marché des « bons coins »

  • Date: 10 mars 2016

 Les pastèques sont très prisées des Dakarois. Le secteur est, aujourd’hui, envahi par de nombreux marchands qui vont jusqu’à l’intérieur du pays à la recherche de ce fruit. La rentabilité financière dépend de la localisation géographique des commerçants. Les uns se frottent les mains tandis que les autres se désolentde l’absence de clients. Reportage sur quelques points de vente.

Matar Diop, cheveux crépus, taille moyenne, tient entre ses mains, une tranche de pastèque qu’il déguste allègrement. Entre ses doigts, glisse, un liquide sucré rougeâtre. « C’est délicieux. Tous les matins, après le petit déjeuner, il me faut en prendre une pour être en forme », dit-il.Il a juste dix-sept ans. Comme lui, beaucoup de Sénégalais aiment ces fruits et en raffolent surtout après un  repas copieux.Les pastèques sont des fruits que l’on retrouve dans les pays tropicaux et dans les régions tempérées chaudes. Ces melons d’eausont reconnus pour leurs caractères rafraîchissants et désaltérants.

Un léger vent souffle à Dakar. L’hiver s’installe peu à peu, sur les abords des grandes artères, on aperçoit, de gros fruits lisses verts-clair qui peuvent aller jusqu’à 12kg. À Reubeus, les étalages qui côtoient les allées qui longent le marché de ce quartier, sont pour la plupart meublés detranches de melons d’eau bien rangés. À côté de  chaque table, des pastèques entières superposées les unes sur les autres attirent de loin l’attention des passants.

Il est, vendredi, 14 heures. Le moment pour les Sénégalais musulmans de sacrifier à la traditionnelle prière de ‘’diouma’’.Personne ne rode aux alentours de ces commerçants. Amadou Diouma Bâ,  assis à côté de sa marchandise, jette un regard furtif de l’autre côté de la chaussée. La prière vient de se terminer, et deux jeunes se dirigent vers son commerce. « Nous cherchons une monnaie de dix mille francs », lui demande l’un d’eux.

« Je n’ai pas de monnaie », lui rétorque-t-il. Malgré l’insistance du jeune homme, il finit par s’emballer. « Rien ne marche pour moi ici!, Je crois que maintenant, je me suis fais comprendre ! » L’air abattu, ce quinquagénaire, vêtu  en haillons, déplore la multitude de points de vente visibles partout dans la ville. « La vente de pastèques est devenue une affaire de tous, maintenant.C’est la seule raison qui explique la mévente que je vis en ce moment », ajoute-t-il.

De l’autre côté, son voisin, Sidy Thiaw, sursaute de sa chaise.« Je regrette, aujourd’hui, pourquoi je me suis lancé dans une telle affaire. C’est ma première fois ; mais j’avoue que ce n’est pas bénéfique », soutient-il d’un ton sec. Le visage renfrogné, ce jeune passe tous les jours devant son étal à l’attente des clients.

Trois semaines durant, il n’a vendu qu’une somme de cent mille francs. « Ce n’est pas beaucoup car j’ai acheté ces pastèques à deux millions cinq cent mille francs Cfa dans la région de Kaolack sans compter les frais de transport », se désole-t-il.Au fur et à mesure que le temps passe, les pastèques perdent leur poids et leur valeur en se rétrécissant davantage à cause du soleil.

À quelques dizaines de kilomètres de là, au marché HLM, les vas et vient interminables des clients, les sifflements des véhicules, font de ce lieu de rencontre un endroit privilégié pour y exposer des marchandises de toutes sortes.Ici, contrairement à Reubeus et dans certains endroits de Dakar, les commerçants se frottent les mains.

« Je gagne entre deux cent mille à trois cent mille francs Cfa par jour », indique Jean Claude Sène.À peine ces mots prononcés, trois clients se pointent simultanément et chacun négocie selon sa bourse. « Combien ça coûte ? »  « Mille francs », «  Je n’ai que sept cents francs  si tu veux». Ainsi vont les marchandages pour en finir sur un prix consensuel. « Il y a des pastèques pour toutes les bourses. Si vous voulez de la bonne qualité, il faut débourser plus », soutient-il.

L’endroit grouille de monde. L’air empoisonné des véhicules qui circulent sur cet axe fait de ce lieu un territoire propice pour le développement de maladies respiratoires. Peu importe pour ces commerçants, l’essentiel c’est découler leurs melons d’eau.« Nous sommes bien ici. Ce qui est important pour moi et mes amis, c’est de vendre nos fruits et gagner plus d’argent », nous dit Moustapha Lô.

Même s’il y a de quoi truffer l’estomac, les clients déplorent toutefois la cherté des pastèques. « Chaque jour, je paie au moins une pastèque de mille cinq cents francs et le prix reste toujours le même », peste ce client.Une situation qui, selon ces commerçants, s’explique par le fait que ces produits coûtent chers au niveau de la production.Un champ de pastèques peut coûter plus de deux millions F Cfa.

Aujourd’hui, la multiplication des points de vente pose un réel problème d’insalubrité à Dakar. Un marché unique de pastèques s’impose pour  éviter de salir le visage de la ville.

Khady Thiam Coly

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