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VENTE DE VIANDE D’ANES Grosse psychose en banlieue

 La commercialisation de la viande d’ânes sème une panique générale dans la banlieue. Et pour s’en rendre compte, nous avons recueilli les avis des consommateurs sur ce scandale qui défraie la chronique dans toute la capitale et environs. Le constat est unanime : c’est la psychose. Reportage

 La viande d’ânes est en circulation à Dakar et dans plusieurs régions du Sénégal. En effet, la commercialisation de cette viande qui a la particularité d’être plus rouge que celle du mouton et du bœuf aurait pris des proportions démesurées suite aux très nombreuses commandes faites par des étrangers à des bouchers sénégalais. Une affaire qui est sur toutes les lèvres et qui alimente les discussions dans les foyers, notamment dans la banlieue dakaroise. Nous avons sillonné plusieurs quartiers comme Malika, Keur Massar, Yeumbeul, Thiaroye, marché Bou Bess et Bène Baraque pour recueillir les avis des consommateurs et des bouchers. Trouvé à Keur Massar, Mbaye, boucher de son état et vendeur de viande de moutons et autres espèces consommables s’explique : « Nous avons remarqué une lenteur au niveau de nos ventes de viande depuis l’arrestation des personnes qui avaient été surprises en train de dépecer des ânes alors que des vendeurs de viande en règle comme nous, ne se procurent de bonne qualité qu’au niveau de la Seras. Nous avons une autorisation de vente. La viande nous est délivrée, chaque jour, par l’autorité compétente, dans les règles de l’art, avec un certificat médical dont nous disposons. Ceux qui ont été surpris en train de dépecer des ânes doivent être emprisonnés à vie », déclare notre interlocuteur.

Nous sommes à Malika. Ici, les femmes ont tourné le dos à la viande, depuis l’annonce de la nouvelle. Pour Oulèye Kâ, « les personnes arrêtées sont coutumières des faits. La sanction sur les auteurs des faits doit être sévère surtout dans un pays à 90 % musulman. Personne n’a plus confiance pour manger de la viande. Les femmes n’achètent maintenant que du poisson et des poulets ». Et Madame Kâ de renchérir : « Ce sont les autorités qui doivent être vigilantes pour que des pratiques du genre ne se reproduisent plus dans notre pays. Les vendeurs de viande légale enregistrent une grosse perte. Leurs clients viennent, depuis lors, par compte goute alors qu’avant la révélation de cette affaire, les populations achetaient de la viande constamment », révèle Oulèye Kâ que nous avons trouvée au marché de Malika, en train de faire des achats.

Et un responsable religieux à Yeumbeul de déclarer : « la vente de la viande des espèces qui ne sont pas consommables pour les musulmans, n’est pas conforme aux recommandations de l’islam. Il y a lieu de poser des questions sur comment les Sénégalais sont-ils arrivés jusque-là ? Il y a lieu encore de s’inquiéter et que tous les responsables religieux à savoir les imams doivent sermonner sur la question pendant les prières de vendredi pour exhorter les populations à respecter les principes de leur religion quelle que soit la situation qu’elles sont en train de vivre ».

Même son de coche pour Ousmane Bâ que nous avons trouvé à Thiaroye Léona. Selon ce dernier, « il est temps d’interdire la vente de la viande dans les marchés, dans les quartiers et dans des endroits isolés de la banlieue. Les auteurs des actes du genre profitent de l’innocence des populations pour écouler leur viande. Aller jusqu’à tuer des ânes pour offrir aux populations, montre le degré de folie de ceux qui le font.  Ce sont des actes qui doivent être considérés comme des crimes », peste l’imam.

Il faut signaler que les populations, particulièrement celles qui habitent dans la banlieue, surtout au niveau des localités où nous nous sommes rendus, sont inquiètes depuis l’annonce de l’arrestation des personnes qui ont été surprises en train de dépecer des ânes, à la technopole, il y a plus de 3 jours. Des doutes planent également sur les viandes vendues aux populations à travers certains quartiers isolés de la banlieue.

Au marché Bou Bess de Guédiawaye, les chiffres d’affaires des vendeurs de viande sont en baisse. « C’est la responsabilité qui doit être située. Cette affaire a fait que la majeure partie de nos clients, nous ont tourné le dos. Et pourtant, nous vendons de la viande de qualité que nous achetons à la Seras des responsables habilités de nous délivrer ces genres de marchandises dans les règles de l’art. Nous respectons toujours toutes les normes recommandées par les lois et les autorités », explique un vendeur interrogé par Rewmi.

Trouvé à Béne Baraque, un notable estime : « les populations et les autorités doivent travailler en synergie. La vente de la viande impropre à la consommation a toujours été dénoncée mais cela n’a pas été beaucoup pris en compte. Le Sénégal va perdre ses valeurs si toutefois  les pratiques du genre ne sont pas arrêtées », dit-il.

Des propos recueillis de part et d’autres, à travers plusieurs localités de la banlieue, montrent que la question demeure toujours préoccupante depuis la découverte de cette affaire qui alimente les débats.

L’un des auteurs des faits avait été arrêté et ses complices qui courent toujours sont activement recherchés par les autorités. Qu’est-ce qui pousse ces personnes à s’adonner à des pratiques du genre ? C’est la question qui taraude les esprits  même si l’enquête suit son cours.

Sada Mbodj

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