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Verbalisé pendant que sa fille se fait agresser polémique

Arrêté un portable à l’oreille, Philippe Poisson estime que les policiers municipaux auraient dû porter assistance à sa fille qui « se faisait agresser au même moment ». Les policiers disent n’avoir eu connaissance du problème qu’à la fin de l’intervention.

Mardi vers 17 h 40, Philippe Poisson est en voiture quand son téléphone portable sonne. « J’ai décroché avec mon kit main libre, c’était ma fille. » Très choquée, Ludivine appelait son père car elle venait de se faire « agresser par un SDF qui a tenté de lui voler son sac », raconte le papa, encore très ému.

Manque de chance, Philippe Poisson perd son oreillette, et au vu de l’urgence de la situation, il prend son téléphone à la main. Arrêté au feu du marché St Cyprien, il rassure sa fille en lui disant qu’il arrive. C’était sans compter sur une patrouille de la police municipale juste derrière le contrevenant.

« J’étais à 200 mètres, je voulais aller récupérer ma fille avant toute chose, mais les policiers municipaux n’ont rien voulu entendre. Ils m’ont demandé de rester dans la voiture, alors que je leur disais que ma fille se faisait agresser. » Cet habitant de Saint-Orens ne se remet pas de la verbalisation.

Informés à la fin de l’intervention

Renseignements pris auprès de l’agent qui a établi la contravention, Yannick Cheveau, représentant du Syndicat national de la police municipale n’a pas le même déroulé de l’histoire. « La verbalisation s’est bien passée, les collègues ont laissé le monsieur rappeler sa fille qui, disait-il, était perdue. S’ils avaient entendu le mot agression, deux policiers sur les quatre y seraient allés, d’autant que c’était à côté », relate le syndicaliste. Les policiers municipaux ont semble-t-il été indulgents avec le contrevenant. « Ils n’ont pas mentionné l’utilisation du portable, mais ont établi la contravention pour conduite ne permettant pas de manœuvrer aisément. » L’amende s’élève donc à 22 euros, sans retrait de points. Philippe Poisson ne se satisfait pourtant pas de cette indulgence. « Ce n’est pas une question de points ni d’amende. Qu’ils me verbalisent, ok, mais la première chose que les policiers auraient dû faire c’est porter assistance à ma fille. » Sans mettre en doute la bonne fois du contrevenant, Yannick Cheveau estime que parfois « avec le stress, on se focalise sur une chose et on oublie de signaler ce qui est important ». Il assure que ses collègues seraient intervenus s’ils avaient su qu’il s’agissait d’une agression, « surtout sur une jeune fille ».

L’apprentie coiffeuse a finalement pu rejoindre son père, « elle était en pleurs quand elle est arrivée à la voiture et les policiers lui ont dit de s’asseoir derrière, qu’ils iraient faire une ronde », ajoute le papa. Les policiers entendent bien la crainte du papa, mais ils se défendent de tout abus. « On ne va pas verbaliser alors qu’il y a une agression en cours », conclut le syndicaliste.


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