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Vih : Les médias invités à dépassionner le contenu

Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet Fonds mondial Nouveau Modèle de Financement 2 (NMF2), Enda Santé a tenu un atelier de formation et de sensibilisation des journalistes à une couverture plus professionnelle des populations clés en vue d’améliorer la lutte contre le sida. L’objectif est d’informer les professionnels des media sur la situation épidémiologique des populations clés relativement à l’infection à VIH, des enjeux d’une prise en charge adéquate des populations clés et d’identifier les facteurs de stigmatisation et de discrimination.

Une analyse du contenu des medias montre que le traitement de l’information relative aux populations clés (professionnels du sexe [PS], usagers de drogue injectable [UDI], détenus et hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes [HSH]), épouse les tendances dominantes de la société pour rejeter ces dernières sur la base de considérations notamment morales et religieuses. La manière dont les médias traitent l’information sur les populations clés peut influencer la perception que la société a de ces groupes. Selon la Directrice adjointe de Enda Santé, Nguissaly Turpin certains journalistes, dans le respect de leurs convictions religieuses et sociales, mènent une couverture dépassionnée des populations vulnérables en expliquant les faits, en donnant la parole à des sources diverses, mais surtout en mettant l’accent sur la situation des populations vulnérables par rapport au VIH et aux risques auxquelles elles sont exposées. « Il s’agit cependant d’une approche marginale qui se heurte encore à des difficultés », regrette-t-elle. D’après Mme Nguissaly Turpin, les études menées au Sénégal révèlent des niveaux de prévalence chez les populations clés qui sont de loin plus importants que la moyenne nationale de 0,7%, avec 17,8% chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes [HSH]), contre 6,6% chez les professionnels du sexe, voire 2,0% chez les détenus et 5,2% chez les utilisateurs de drogue injectable. « Rejetées, ces communautés vivent souvent en marge de la société et des structures sanitaires, mais n’en constituent pas moins des groupes passerelles du fait des contacts multiformes qu’elles ont avec le reste de la société qui fait ainsi face à des risques », renseigne la Directrice adjointe de Enda Santé.

A l’en croire, une prise en charge adéquate des populations clés se pose donc comme un problème de santé publique. « Notamment si le Sénégal veut atteindre les 90-90-90 fixés par l’Onusida en 2020, qui veut que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée. Un autre objectif plus important est d’aller vers l’élimination de l’épidémie de sida d’ici 2030 », fait-elle savoir. A son avis, l’objectif général du projet est de contribuer à améliorer l’accès aux services pour les populations dans la perspective d’investir pour mettre fin aux épidémies en accélérant la riposte au sida, à la tuberculose et au paludisme. Discuter des voies et moyens pour améliorer la couverture des populations clés par les medias.

 

Ngoya NDIAYE

 

 

 

 

 

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