VILLAGE DES ARTS DE DAKAR Découverte des talents cachés

Le village des arts de Dakar a été mis à la disposition de la  communauté artistique en 1998, suite à la demande des concernés. Placé sous la tutelle du ministère de la Culture, il est composé d’une  galerie d’exposition, d’une cafétéria, d’une fonderie de bronze, de terrains vagues et d’un ensemble d’ateliers pour les artistes  résidents et des artistes de passages.

Situé sur la route de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar (Sénégal), à coté  du lycée  Sergent  Malamine  Camara, le village des arts a été  inauguré  le  25 avril 1998  par  Habib  Thiam , ancien  Premier  ministre socialiste, sous la présence d’Abdoulaye Elimane Kane,    ministre  de la Culture de l’époque. Il  a une vocation d’être  un espace  de création, de promotion  et d’échanges. Il est ainsi ouvert  à tous  les hommes  de culture  du Sénégal  et des pays  amis, pour assurer  la promotion des artistes  et celle  de leurs œuvres. Vitrine  culturelle du Sénégal, le village est  fréquenté  par toutes sortes de personnes : des galeristes, des conservateurs de musée, des architectes, des hommes  de culture,  des  diplomates, des étudiants en quête de mémoires d’études, des journalistes, des hommes politiques et des particuliers. Réparties dans 53 ateliers, toutes les disciplines des arts visuels  y sont  représentées : peinture, sculpture, céramique, photographie, etc. Les artistes  résidents  du village  sont impliqués  à longueur  d’année  dans  de multiples ateliers, résidences et rencontres internationales qui  contribuent à son rayonnement. Le village est géré conjointement par  le ministère  de la Culture et par le comité des artistes résidents. Cette synergie a pour ambition de promouvoir la culture, l’art et aussi  de développer, entre artistes, un esprit de fraternité et de communion  autour d’un programme culturel et artistique cohérent. Cela dans  le but de regrouper la grande famille des acteurs dans un cadre de réflexion et de concertation sur la problématique de l’art.

Artistes d’horizon divers

Vitrine de la culture africaine, le Village des Arts de Dakar est un symbole de la renaissance artistique du Sénégal. Ce temple accueille des artistes d’horizons divers (Afrique et Europe). Pour Guibril  André Diop,  sculpteur et actuel secrétaire général du village des arts : « l’Etat  a fait un appel  à tous les artistes intéressés. C’est le comité chargé  de la sélection qui choisit et attribue des ateliers ».  Le village a une galerie  du nom de Léopold Sédar Senghor, qui est le nombril où tous les artistes se réunissent pour montrer leurs derniers travaux. D’après  notre interlocuteur, il existe des expositions individuelles et collectives qui se font au Sénégal  et  ailleurs. Dès fois, on sélectionne des  artistes  pour une exposition  en France ou ailleurs.  « Au début on commençait l’exposition par couloir. Les  artistes du même couloir se réunissaient  et exposaient dans la galerie. Au fur et à mesure, on a changé de  démarche en prenant une œuvre d’un artiste dans tous les couloirs pour l’exposait », rappelle M. Diop. En effet, cette manière de procéder est différente de celle de la biennale où les œuvres locales et internationales sont exposées en même temps. Ainsi, ce dernier a profité  de  cette  occasion pour  chasser  la confusion  entre le village des arts  et  celui artisanal.   Guibril  est  catégorique. « Il y a  une grande  différence. Au village artisanal, les artistes font des séries d’œuvres. Par contre, au village des arts, il y a une seule image, une seule  peinture et une  seule sculpture. Il n’existe pas de pluriel car  cela  n’est pas dans  la démarche artistique », précise-t-il.

Culture africaine au  menu

De nombreux artistes y développent leurs savoir-faire à travers des œuvres contemporaines. C’est le cas de Louis Bassène, artiste plasticien  trouvé  dans  son atelier  en train  de finir  de peindre un tableau illustrant le professeur Cheikh Anta Diop qu’il a entamé. Ici, chaque artiste a sa propre démarche. Ce natif de la commune d’Enampore (Oussouye) est sorti de l’école des beaux arts en 1982. Il  travaille ‘’beaucoup’’ sur les bas-reliefs, une œuvre de peinture avec  du support des objets  à l’intérieur. « Pour moi, la fondamentale de la culture  africaine surtout chez les Diolas, ce sont  les rapports entre les vivants et les âmes de nos ancêtres. Je suis aussi ouvert à ce qui se passe comme l’immigration clandestine », explique Louis  Bassène, tout en continuant son travail.  S’agissant  de la vente des œuvres,  elle  est faite selon la cote de l’artiste concerné.  Celui-ci  est  libre  de fixer le prix qu’il veut et le client a le choix d’acheter ou non. Le village reçoit des  gens qui sont intéressés par l’art. Il s’agit des Européens, des Américains, des Chinois, entre autres. « Les ambassadeurs des pays  accrédités au Sénégal passent ici et nous sommes souvent invités  quand ils ont des manifestations culturelles ou des réceptions », soutient M. Bassène.

Difficultés  pour  avoir  des subventions

Avoir  des  subventions  de nos  jours  n’est pas une chose aisée. Ce n’est pas Louis qui dira le contraire. Pour lui, du temps de Léopold  Sédar Senghor, premier Président du Sénégal, c’était facile de bénéficier d’une subvention. « De toute ma carrière, j’ai été  subventionné une seule fois. C’était très compliqué et très difficile. Et je n’ai pas voulu m’aventurer sur ces choses », dit-t-il. A l’image de Louis  Bassène, Assane Gning, artiste plasticien originaire de la région de Thiès, laisse croire qu’il a beaucoup de projets en tête. Mais ce sont  les  subventions qui font défaut. Dans un cadre agréable, calme,  propice à la réflexion et à la création, Assane, avec ses œuvres de couleurs vives, retrace la vie quotidienne des Africains comme les  travaux  champêtres, la femme  africaine au foyer, les enfants qui  jouent dans  la cour, etc. M. Gning a commencé la peinture comme  décorateur de véhicules de transport en commun au Sénégal appelé  ‘’ car rapide’’. Il a participé à plusieurs expositions au Sénégal et à l’étranger, mais aussi aux salons des artistes plasticiens du Sénégal.

Zachari BADJI

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