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Violence, fraude et achat de conscience, ces tares de notre démocratie

Le Sénégal est manifestement un pays de tradition démocratique très respectable et respectée en Afrique et à travers le monde. L’Ambassadeur de France, Jean Félix-Paganon, a d’ailleurs encore loué cette vitalité démocratique parlant du référendum dont la campagne va bientôt toucher à sa fin.
Toutefois, pour des élections vraiment réussies, il faudra que pouvoir et opposition, c’est-à-dire les partisans du Oui et du Non travaillent main dans la main à éviter les trois maux qui peuvent gangrener toute élection chez nous en l’occurrence la violence, la fraude et l’achat de conscience.
Il est, en effet, déplorable que les échéances électorales au Sénégal soient précédées, presque toujours de scènes de violence. Et ce référendum n’a pas été une exception. Des cortèges ont déjà été attaqués, des voitures caillassées, etc. Et il se peut que l’on assiste encore à ces genres de déviation qui portent un coup à l’exemplarité de notre démocratie.
Il s’y ajoute une violence verbale permanente et des débats politiques au rabais où l’on convoque la couleur de peau ou la nationalité de telle ou telle autre personne, entre autres insanités.
De tels comportements gagneraient à être bannis de nos pratiques politiques. Malheureusement, face à une compétition électorale, certains hommes politiques jouent leur va-tout et versent dans toutes formes d’excès.
À cette violence qui peut être le fait de tous les camps, s’ajoute une autre forme d’abus qui est l’achat de conscience. C’est un secret de polichinelle, au Sénégal, les électeurs sont « mobilisés » à coups de billets de banque. Les « gros » électeurs en reçoivent des millions tandis que les « petits » perçoivent des miettes comme des billets de 2000 F Cfa notamment à l’occasion des grands rassemblements comme les meetings. L’on assiste ainsi à des mobilisations « ndiaga-ndiaye » c’est-à-dire à des rencontres politiques où les gens sont payés et convoyés dans des cars pour applaudir en faveur d’un leader dont ils se moquent de ses idées.
Les mallettes d’argent circulent en période de campagne et nombre de « spécialistes » improvisés ou affairistes politiques attendent cette période pour s’enrichir.
À ces deux tares de notre démocratie, s’ajoute la fraude qui peut être de diverses manières. Cela peut s’organiser lors du vote ou au décompte des voix. Devenue de plus en plus difficile du fait de la volonté des chefs d’État de jouer franc jeu, l’opposition au Sénégal, craint toujours, à tort ou à raison, les opérations de fraude de la part notamment des tenants du pouvoir.
C’est pourquoi, lors de ce référendum, les partisans du Non vont mobiliser 130 mille volontaires dans les différents bureaux de vote pour le sécuriser.
Ces maux empêchent, en effet, notre démocratie d’être parfaite. Et pour arriver en les endiguer, il faudra un travail de longue haleine avec la complicité des pouvoirs publics par la conscientisation mais aussi la répression sans complaisance. Les mœurs politiques doivent aussi davantage évoluer vers un esprit citoyen plus affirmé grâce au travail notamment de la Société civile qui doit être à l’avant-garde.
Le chemin est encore long. C’est dire que si notre démocratie est respectable, elle est encore loin d’être parfaite.

Assane Samb

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