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LA VIOLENCE DANS NOTRE SOCIETE Tous coupables

REWMI.COM- Au moment où nous déplorions, ce vendredi, la survenue de violences politiques au cours de la campagne électorale, voilà que le stade Demba Diop a été émaillé d’incidents graves ayant occasionné la mort d’au moins 8 personnes avec 88 blessés.

Des supporters d’un match de football ont cru devoir régler leurs comptes par les biceps et il s’en est suivi l’effondrement d’un  mur du stade dont on disait qu’il ne répondait pas aux normes.

La même après-midi, de nombreux éléments des forces de l’ordre étaient dépêchés à Sangalkam pour amortir la bombe posée par deux hauts responsables de l’Apr, à savoir le Maire Ndiagne Diop et le Ministre Oumar Guèye.

Pendant ce temps, des hommes politiques continuent leurs sorties malheureuses sur leurs adversaires, versant ainsi dans une violence morale qui est la lie de toutes les violences physiques.

Et rappelez-vous, c’étaient ces mêmes actes de violence qui ont poussé la conférence des leaders de Apr à suspendre les assemblées générales d’investiture.

La réalité est que le Sénégalais verse de plus en plus dans la violence. Sous les apparences d’agneaux aux sourires faciles, se cachent souvent des gens prompts à faire mal à leur prochain pour un oui ou pour un non.

Cette violence est perceptible dans tous les actes de la vie.

De cette belle téranga (hospitalité) qui nous caractérisait tant, il ne reste que de l’hypocrisie.

La peur des échecs dans la vie, y compris dans toutes les formes de compétition comme le sport et la politique, sont des portes ouvertes à des actes de violence, parfois même gratuits contre d’innocentes personnes.

C’est pourquoi il est difficile de compter sur cette société en mutation où les nerfs sont vite surchauffés du fait des difficultés ambiantes de la vie et de la conviction que « l’enfer, c’est l’autre ».

L’éducation ne forge plus des cadres de référence avec un enseignement au rabais, des enseignants mal formés et des grèves répétitives sous fond de mal vivre.

Les modes de vie venus d’ailleurs inondent nos foyers avec la télévision, le cinéma et les réseaux sociaux.

Les parents démissionnent parce que préoccupés à chercher à nourrir des rejetons désemparés dans une société où le sauve-qui-peut est la règle maîtresse.

Pendant ce temps, une classe politique « énervante » émerge avec comme point « fort » la jactance, les insultes, la délation, le mensonge, la manipulation, les quolibets et les sobriquets. Tout cela se passe dans un contexte non seulement de crise de valeurs, mais aussi de la disparition progressive des régulateurs sociaux. Les marabouts se taisent et l’Eglise n’en est pas plus bavarde.

Contrat social de complicité par omission

Tout se passe dans notre société comme s’il y avait un contrat social de complicité par omission.

C’est ainsi que les drames se suivent à un rythme qui fait peur. On s’émeut quelques jours ou quelques semaines, le temps d’oublier et de passer à une autre incongruité.

Le Président Sall a sonné la fin de la récréation en promettant une enquête diligente et punir les responsables. Il est dans son rôle de chercher à tenir la situation en main. Malheureusement, tout le monde sait qu’il n’en est rien. L’Etat et les services de sécurité sont dépassés depuis belle lurette.

Si la Justice fonctionnait normalement, ni le Président de la République ni le Ministre de la Justice n’auraient besoin de faire de telles déclarations. Dans un Etat qui fonctionne correctement, le système de responsabilité pénale fait que tout le monde sait que pour tout acte répréhensible posé, il y aura des conséquences pénales immédiates sans possibilité de se dérober.
C’est cela qui fait défaut au Sénégal. L’effectivité de l’application du principe de droit répressif de la responsabilité pénale sur certains. Ici, la loi n’est pas impersonnelle et générale.

Beaucoup de gens se croient au-dessus des lois. Ils les violent allégrement à longueur de journée et bénéficient d’une carapace de protection qui est large.

La peur du gendarme est inexistante et le principe de l’opportunité des poursuites bloque une Justice qui a du mal à faire sauter les verrous de l’impunité.

Les poursuites restent sélectives à bien des égards et beaucoup de gens qui se pavanent mériteraient d’aller en prison.

Les déclarations de circonstance venant des hommes politiques les encouragent par ailleurs à recommencer. Notre société souffre grandement de ces tortuosités de nos mécanismes de répression qui, soit s’abattent trop sévèrement contre certains, soit en occultent d’autres pourtant tout aussi fautifs.

Or, la société se doit absolument, par la force de coercition de l’Etat, d’appliquer la même violence aux auteurs de violence. A défaut, elle tentera de faire justice par elle-même ce qui ne fera que perpétuer les actes de violence.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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