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VIOLENCES AU GABON, DEBUT DE LA FIN DE L’ERE BONGO… Quelle attitude pour Dakar ?

Peu de voix ont départagé les candidats à l’élection présidentielle au Gabon selon les résultats officiels. Ali Bongo, le candidat sortant a récolté 49, 80% tandis que son adversaire, Jean Ping, a totalisé 48,20%.

Un scrutin très serré où aucun des candidats n’a récolté plus de 50% des suffrages. Des résultats contestés par l’opposition qui avait une forte coalition de partis. Il en est résulté des violences postélectorales avec trois morts pour le moment et un millier de personnes interpellées ainsi que dies saccages d’édifices publiques.

Ainsi, après avoir été pendant longtemps un havre de paix, le Gabon bascule ainsi dans la violence et pour longtemps, si l’on en juge par la détermination des camps qui se font face.

Au Sénégal, leader de Rewmi, Idrissa Seck a saisi l’occasion pour dénoncer une mascarade électorale. Il reste convaincu qu’il y a eu fraude et que c’est le candidat de l’opposition qui a vraiment gagné les élections. Et il n’est pas le seul dans cette dynamique. Les observateurs de l’Union européenne ont exigé un nouveau décompte des voix, bureau par bureau. Des irrégularités ont été relevées et l’Occident est restée sceptique.
Idy a même interpellé le Président Sall pour se prononcer clairement sur la situation. Il faut dire que, jusqu’ici, les Chefs d’Etats africains ont peu réagi. L’Union africaine s’est contentée d’exprimer sa tristesse. Il faut dire que la tâche n’est pas facile pour ces Chefs d’Etats.

Réunis dans des organismes qui ont les allures de syndicats de Chefs d’Etats, ils n’ont pas la culture de donner ouvertement des leçons à leurs pairs. Le gentleman agreement qu’ils observent dépasse le simple cadre diplomatique et des règles de bon voisinage. Il y a derrière, des calculs d’ordre géopolitique. Le Gabon abrite par exemple de nombreux ressortissants Sénégalais qui y vivent depuis ders décennies. Prendre position pour le président Sall sur cette situation où l’héritier de Bongo est manifestement en mauvaise posture signifierait mettre en danger ces sénégalais qui vivent sur place.

Ce n’est pas manquer de courage que de se taire dans une affaire gabono-gabonaise. Tout le monde sait que c’est le début de la fin de l’ère des Bongo, mais, il appartient à l’Union africaine et les organisations sous-régionales de porter les voix africaines et de dire ses quatre vérités à Ali Bongo.

Mais le Sénégal est mal placé pour le faire. Il a des intérêts économiques, sociaux et politiques qui font qu’il ne peut être le seul Etat africain à se prononcer sur une catastrophe électorale qui a plongé un pays si paisible dans ce qui prend les allures d’une guerre civile. D’autant plus que cela ne servirait à rien.

Ali Bongo a hérité d’une dynastie. Il entend perpétrer l’héritage. Car, à travers la gestion du pouvoir se cache des intérêts économiques colossaux de tout un clan. Il partira difficilement de son propre gré. Il faudra l’aider. Car, tout le monde sait que les clans tiennent souvent en otage leurs chefs. Alors, la Communauté internationale a une lourde responsabilité dans cette affaire ne serait-ce que tout faire pour éviter la poursuite de la violence.

La France, les Etats-Unis et les autres pays occidentaux savent réellement ce qui s’est passé. Pour le moment, eux aussi sont en train de mesurer la situation à l’aune de leurs intérêts géostratégiques.

Leurs stratégies sont certainement en train de voir s’il faut privilégier la stabilité face à la démocratie. Mais malheureusement pour Bongo-fils, il n’incarne plus la stabilité.

Assane Samb

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