26 novembre, 2014
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Virus du Sida : guérison « fonctionnelle » d’un enfant contaminé à la naissance

Virus du Sida : guérison « fonctionnelle » d’un enfant contaminé à la naissance

Une équipe de chercheurs a présenté, dimanche 3 mars aux Etats-Unis, le premier cas de guérison apparente d’une jeune enfant contaminée à la naissance avec le virus du sida (VIH) transmis par sa mère. Le virus n’a pas été complètement éradiqué mais sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l’organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les scientifiques et médecins lors de la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes réunie ce week-end à Atlanta (Géorgie).

De nouveaux tests devront être pratiqués pour voir si ce traitement peut s’appliquer à d’autres enfants à haut risque. La seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l’Américain Timothy Brown, dit le patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.

ACCÉLÉRER LA PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE
Dans le cas de la jeune enfant originaire du Mississippi, et née d’une mère séropositive non traitée, elle avait été prise en charge par la pédiatre Hannah Gay, de l’hôpital universitaire de Jackson, et avait reçu une trithérapie moins de trente heures après sa naissance, avant même que les examens en laboratoire confirment qu’elle était infectée. Ce traitement précoce explique probablement sa guérison « fonctionnelle » en bloquant la formation de réservoirs viraux difficiles à traiter, selon ces chercheurs.

Ces cellules contaminées « dormantes » relancent l’infection chez la plupart des personnes séropositives dans les quelques semaines après l’arrêt des antirétroviraux. « Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d’obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés », souligne Deborah Persaud, virologue du centre hospitalier universitaire Johns-Hopkins à Baltimore (Maryland), la principale auteure de cette étude clinique.

Selon les virologues, le cas de la jeune enfant apparemment guérie pourrait changer la pratique médicale actuelle en mettant en lumière le potentiel d’un traitement antirétroviral très tôt après la naissance pour ces nouveau-nés à haut risque. Mais, soulignent ces chercheurs, le premier objectif est la prévention pour empêcher la transmission de la mère à l’enfant. Les traitements antirétroviraux des femmes enceintes permettent actuellement d’éviter de transmettre le virus à l’enfant dans 98 % des cas, précisent-ils.

VERS DE NOUVELLES PRATIQUES MÉDICALES



Les tests avaient montré une diminution progressive de la présence virale dans le sang du nouveau-né jusqu’à ce que le virus soit indétectable vingt-neuf jours après la naissance. L’enfant a été traitée avec des antirétroviraux jusqu’à dix-huit mois, avant de disparaître pendant dix mois durant lesquels elle n’a pas été soignée. A son retour, les médecins ont effectué des examens sanguins standard qui n’ont pas détecté la présence de VIH. Seules des traces du virus ont été repérées par des analyses génétiques mais pas suffisantes pour sa réplication.

La suppression de la charge virale du VIH sans traitement est excessivement rare, étant observée chez moins de 0,5 % des adultes infectés. Une étude présentée en juillet à la conférence internationale sur le sida à Washington avait indiqué que 12 patients en France infectés avec le VIH et mis peu après leur infection (huit à dix semaines) sous antirétroviraux pendant près de trois ans continuaient à contrôler leur infection six ans après sans traitement.

lemonde.fr