Confidences

Visite guidée au pays Bassari, dans le Sénégal profond

  • Date: 8 avril 2016

 Dans la région de Kédougou, vivent quelques minorités ethniques qui ont su à travers les âges gardé authentiques leurs us et coutumes.

Un peu moins de 690 km de route goudronnée monotone, au milieu d’une végétation de savane où dominent les buissons et les baobabs, pour parvenir à Kédougou ; une bourgade au fins fond du Sénégal qui est la capitale régionale du même nom. À l’extrême Sud-est du pays, le relief est plus accidenté, avec l’incursion des collines du Fouta-Djalon, massif montagneux de la Guinée voisine. Commence alors, à l’Ouest de Kédougou, le pays Bassari et Bédik, peuples qui ont su conserver intactes traditions et coutumes. D’après les recherches effectuées par les scientifiques, ces deux tribus seraient apparentées aux Bantous d’Afrique centrale et australe. Les anthropologues s’appuient sur les ressemblances physiques et culturelles, telle que les parures ou les coiffures, pour étayer une telle théorie. Les Bassaris sont estimés à environ 30.000 personnes et sont réparties dans des villages très enclavés. À Etouar, Salémata, Dindéfelo, Iwol et Ethiolo vous rencontrerez des populations accueillantes qui gardent vivaces leurs coutumes. Ils vivent en parfaite harmonie avec leur environnement naturel.

Assister à leurs cérémonies d’initiation sera une expérience unique. Pour les rites d’initiation, les Bassaris se déguisent en « Lokouta ». Pour eux, les « Lokouta » sont l’incarnation visible des génies bienfaiteurs qui peuplent les grottes de la région.  Pour la cérémonie, ces « Lokouta » font des combats rituels contre des adolescents qu’ils jettent à terre. L’adolescence vaincue préfigure l’entrée dans l’âge adulte. Les initiés vont se réfugier dans les bois aux abords de la grotte sacrée. Là, le « père-caméléon », un ancien, gardien de la coutume, leur révélera les premiers rudiments de l’histoire secrète de leurs aïeuls. Ce rituel perpétue le cycle initiatique et fera de chaque adolescent un homme accompli, digne « fils du caméléon », leur totem.

La société bassari est organisée en classes d’âge, chaque classe ayant des rôles et prérogatives définis en fonction des circonstances. Traditionnellement, seuls 7 noms de famille sont utilisés : Bonang, Bindia, Bydiar, Boubane, Biès, Bianquinche, Bangar.

Ismael Cabral Kambell

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