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VOTE DES MILITAIRES ET PARAMILITAIRES Le boycott ?

Peu d’affluence dans les bureaux de vote. Voilà le constat qui ressort du vote, hier, des militaires et paramilitaires. Ils ont été moins de 10% à voter dans nombre de bureaux de vote à Dakar et à l’intérieur du pays.
Le Général Mamadou Sow, Cemga, qui a voté à Dakar, a reconnu le phénomène qui saute aux yeux de tous. Il a tente, cependant, de donner sa lecture des faits en les justifiant par les nombreuses affections. À l’en croire, les changements de garnison pourrait largement justifier ce taux important d’abstention.
Il l’explique aussi par la participation importante du Sénégal aux théâtres d’opération à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du pays comme en Casamance.
D’autres raisons sont aussi avancées par des hommes de troupe. Il s’agit notamment de l’arrivée en masse de nouvelles recrues qui ne détiennent pas de cartes d’électeur et le départ à la retraite de nombreux d’entre-eux. Il semblerait, selon certains, que beaucoup veulent voter, mais seraient bloqués.
Des arguments qui tiennent certes la route, mais, qui ne sauraient, à eux seuls, justifier le faible taux de participation enregistré.
Il n’est pas exagéré de dire que nombre de militaires et de paramilitaires ont jugé inutile de sacrifier de leur temps pour aller voter un référendum pratiquement vidé de son sens avec le retrait de la disposition liée à l’application de la réduction du mandat à celui en cours. Le non-respect de sa parole par le président de la République sur cette question arguant que le Conseil constitutionnel lui a donné un ‘’avis-décision’’ défavorable, a certainement dérouté une bonne partie de ces hommes de tenues. A contrario, on peut aussi penser qu’ils n’ont pas jugé nécessaire d’aller voter, en masse, pour un ‘’Non’’ de sanction comme le recommandent l’opposition et la Société civile.
La classe politique a été manifestement désavouée par des hommes de tenues qui sont des Sénégalais à part entière vivant les réalités quotidiennes des civils. Ils ont, pour beaucoup, estimé que les priorités sont ailleurs et qu’il serait, important, qu’une fois élus, les hommes politiques travaillent à satisfaire les exigences des populations.
À ces raisons, on peut aussi ajouter le manque d’explication claire sur les 15 points, objet du référendum. Eh bien, le temps de précampagne, encore moins de campagne n’ont permis des explications claires sur les 15 points soumis à l’appréciation des citoyens. Il n’y a pas eu de discussions préalables, de débats au plan national pour créer un consensus fort sur les réformes qui sont engagées pour l’avenir du Sénégal. Des réformes importantes devant faire l’objet d’avancées significatives ont été négligées comme celles concernant l’indépendance de la Justice, entre autres attentes.
La polémique née entre le camp du pouvoir d’une part et celui de l’opposition flanquée de la Société civile d’autre part, n’a pas été pour faciliter les choses. Cette bataille politique a transformé, de facto, le référendum en test de popularité ou même de légitimité pour le président Sall.
Ces hommes de tenues n’ont pas voulu être à la merci d’hommes politiques que seules les batailles autour de la conquête ou de la reconquête du pouvoir intéressent.
Et ce qui est important de souligner, c’est que ce faible taux risque d’être un baromètre important pour ce qui va se passer, dimanche prochain, jour du scrutin pour tous. Le taux de participation risque d’être très faible. Et ce qui apparaitra comme un taux de participation sera plutôt un boycott actif de la part de citoyens qui auront, ainsi, donné un signal fort.
Reste maintenant à savoir pour qui voteront la majorité de la minorité des militaires et paramilitaires mais aussi des citoyens dans moins d’une semaine. Le camp qui emportera le suffrage devra analyser en profondeur le taux d’abstention pour savoir que les Sénégalais ne comprennent pas toujours qu’on les mettent dans une situation de campagne électorale permanente et de vote répété.

Assane Samb

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