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Vote du budget du ministère de la promotion des investissements- Yavuz Selim pollue l’atmosphère

L’affaire Yavuz Selim s’est invitée, avant-hier, à l’hémicycle. Elle a pollué l’environnement autour du ministre en charge de la Promotion des Investissements.

Yavuz Selim, encore Yavuz Selim, toujours Yavuz Selim. La question est devenue un gros boulet pour les membres du gouvernement. Après les ministres de l’Education, de l’Intérieur et de la Justice, la ministre en charge de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat en a eu hier pour son grade. Face aux critiques de l’opposition, Khoudia Mbaye rétorque : ‘’L’affaire Yavuz Selim est une affaire unique. Il n’y en a pas d’autres. La question était de choisir entre les intérêts d’Etat à Etat et ceux d’un privé. Il ne faut pas que les gens essaient de surfer sur le malheur de certains Sénégalais. Il est hors de question, pour le Sénégal, d’échanger ses intérêts d’Etat à Etat au profit de particuliers.’’

Voilà qui est désormais clair. Pour justifier la dépossession de Yavuz Selim, l’Etat du Sénégal n’a d’autre argument que la préservation de ses rapports avec la Turquie. En d’autres termes, selon certains parlementaires, Erdogan a dicté sa loi à Macky Sall. Aussi, n’ont-ils pas manqué de soutenir que cela peut entamer la confiance qu’ont les investisseurs sur le Sénégal. Mais la ministre n’a rien voulu entendre : ‘’Il n’y a pas de problème de confiance qui se pose. Sur le plan de la sécurité des investisseurs, nous avons fait beaucoup d’efforts et nous continuons d’en faire. La preuve par toutes les notations obtenues par le Sénégal.’’

Quid des parents sénégalais qui avaient inscrit leurs enfants dans cet établissement ? A en croire la ministre, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. ‘’En inscrivant leurs enfants, ils savaient bien qu’il n’y aurait pas d’enseignements dans cette école. Ils l’ont donc fait à leurs risques et périls. Il est temps que les Sénégalais se regardent les yeux dans les yeux pour se dire la vérité’’. La ministre ne s’est pas limitée à ces arguments. Elle a poursuivi : ‘’Nous avons pris cette décision en préservant nos intérêts. Si d’autres pays ont fait le contraire, c’est parce que leurs intérêts allaient dans un autre sens.’’ Les investisseurs étrangers apprécieront.

Pendant ce temps, d’autres députés se sont intéressés à d’autres questions non moins importantes. Toussaint Manga, député libéral, en est un. Le primo-député s’est érigé en défenseur du privé national. Selon lui, l’Etat devrait davantage laisser de la place à ses propres investisseurs. ‘’L’un des plus grands problèmes de ce régime, c’est que, depuis qu’il est là, la plupart des grands projets sont confiés à des étrangers. C’est un vrai problème. Il faut accorder plus de confiance au secteur privé national. Les étrangers vont rapatrier leurs bénéfices. Il y a des Sénégalais qui ont de l’expertise dans tous les domaines. Il faut leur faire confiance’’, a-t-il lâché. Ironique, il déplore : ‘’On utilise nos recettes budgétaires pour faire du social. On appelle des étrangers pour faire de l’investissement. Cela entrave notre souveraineté nationale. Et il faut essayer de renverser la tendance.’’

Dans sa réponse, la ministre a soutenu qu’il est ‘’inexact’’ de dire que le Sénégal privilégie les étrangers aux nationaux. ‘’Ce n’est pas non plus exact de dire que nous ne dialoguons pas avec le patronat. En vérité, pour pourvoir certains marchés, il faut des appels d’offres. Et les appels d’offres sont équidistants. Ce qui est important, c’est que sur tous ces grands projets, nous exigeons la réservation de 20 % pour les nationaux. Si, dans l’immédiat, il n’y a pas de preneurs, l’Etat les porte’’. Khoudia Mbaye n’a pas manqué d’égratigner le camp libéral. ‘’Je suis surprise que ce soient des libéraux qui viennent nous parler de nationalisation’’, a-t-elle déclaré, narquoise.

Annulation de la cession des terres de Doddel et de Demett

Prenant l’exemple du Ter (Train express régional), elle a montré que les entreprises sénégalaises de Btp sont associées et ce n’est pas en tant que sous-traitantes, mais comme cotraitantes. ‘’Elles sont aussi bénéficiaires de la commande publique’’, a poursuivi la ministre.

Son collègue Birima Mangara, Ministre du Budget, est quant à lui revenu sur le coût de Ila Touba et du prix du transport sur cette future autoroute. Mais sans entrer dans les détails. ‘’Ce genre de projets sont financés à partir de prêts payables à travers le service de la dette. On va rembourser à partir des recettes tirées de l’exploitation de l’infrastructure. On ne peut avancer le prix pour le moment’’. Le ministre a aussi fait savoir que l’Etat a annulé les cessions de terres à Doddel et à Demett. Lesquelles cessions avaient été contestées par les populations.

Le budget 2018 du ministère de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat a été arrêté à 9 488 970 100 F Cfa contre 13 928 423 740 F Cfa, soit une baisse de plus de 4 milliards en valeur absolue et 31,87 % en valeur relative.

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