23 août, 2014
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Wade-Macky: Dernier virage. Rien n’est encore joué

Wade-Macky: Dernier virage. Rien n’est encore joué

Contre toute attente, ceux qui avaient rapidement donné Macky Sall, vainqueur du deuxième tour, avec une confortable avance, devraient, sans doute, observer un peu plus de circonspection dans leurs calculs. Rien n’est encore joué, et cette semaine qui s’annonce, sera décisive pour tous car, le sénégalais sait se faire désirer.

Les dernières tendances montrent, en effet, que les intentions de vote sont très partagées mais, sensiblement équilibrées. En comptant principalement sur tout l’électorat politique qui en a assez de l’Alternance, y compris une certaine frange des abstentionnistes, le leader de Benno BokkYakar avait bien calé ses ambitions. Mais, il sera obligé de faire avec les résultats qu’il glanera au second tour, qui seront incertains, jusqu’au bout.

Si 65% des électeurs n’ont pas voté pour Abdoulaye Wade, il y a aussi que 75% autres n’ont pas voté non plus, pour le candidat de la coalition « Macky Sall 2012 ». Ils se sont tenus à équidistance et ainsi, l’exercice de rattrapage s’impose à tous.

Actuellement, les tendances donnent 51% de chances à Macky, contre 49 pour le Président sortant. Et tous les deux ont retenu la leçon. Abdoulaye Wade, obligé de faire feu de tout bois, pour conserver le trône, sait exactement quelles armes manipuler, pour arriver à ses fins, et ne se ménage guère. En vieux routier de la politique, il est en train de sortir tout l’arsenal qu’il avait contribué à mettre en place, en douze ans de présence à la tête de l’Etat du Sénégal, sans compter la volonté farouche de déstabiliser « l’ennemi », à tout prix, qui lui fait parcourir parfois bien de chemins sinueux.

Macky, à son tour, sachant qu’il joue son va-tout dans cette affaire, a concédé plus qu’il n’escomptait, avec le compagnonnage, plus ou moins, forcé de vieux flibustiers et de jeunes loups, dont il est tout de suite perceptible d’entrevoir les ambitions. Certains d’entre eux ne le laissent même pas arriver au pouvoir pour fixer leurs conditions de participation, et c’est à ce niveau du jeu qu’il court le plus grand danger de désaffection, dans sa lutte ultime contre Wade.

Il ne lui resterait, alors, que les citoyens lambda qui avaient préféré rester à la maison, le 26 Février dernier. Les abstentionnistes, comme on les appelle, vont servir d’arbitre. Mais si, divisés en plusieurs catégories équilibrées, ils n’aident guère à faire des pronostics au jour d’aujourd’hui, force est de reconnaître que la tâche de Macky risque d’être plus ardue, en essayant de les amener à voter pour sa coalition. D’abord, parce qu’il y a des abstentionnistes résolus qui ne voteront pas, puisqu’ils mettent tous les deux prétendants dans le même sac, ensuite parce que certains d’entre eux ne sont guère enthousiastes à rouler pour des dinosaures de l’attelage dans lesquels ils ne se retrouvent plus. S’y ajoutent enfin, les sénégalais qui ne voient en Macky, rien qu’un fils qui a eu des bisbilles avec son père.

Ce sont ceux là mêmes qui évoquent le choix de « la peste contre le choléra », et qui indexent certains partenaires du leader de Benno Bokk Yakar, qui n’assureraient un soutien que du bout des lèvres. Comme un certain Idrissa Seck, déçu et contrit, qui ne miserait plus que sur les prochaines législatives, pour survivre politiquement.

Cette situation amène ainsi à dire que fifty-fifty, se dessine de plus le profil du prochain scrutin, et les dernières informations en notre possession font état d’un suspense époustouflant qui se terminera par un tout petit nombre de points, pour départager les deux candidats, le 25 mars prochain.



CHEIKH BA