20 décembre, 2014
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Wade veut rendre le Sénégal auto-suffisant en riz

Wade veut rendre le Sénégal auto-suffisant en riz

Produire 500.000 tonnes de riz d’ici 2012. C’est le nouveau pari de Maître Wade pour assurer aux Sénégalais une souveraineté alimentaire en riz à l’horizon 2015. Dans ce dessein, c’est la bagatelle de 13 milliards F Cfa en matériels rizicoles qui a été débloquée par le gouvernement. Mais les avis partagés des différents acteurs et les nombreuses contraintes de la filière riz local risquent de freiner sa mise en œuvre effective prévue dans 15 jours. Les acteurs de la filière riz dans leur ensemble étaient hier au ministère de l’Agriculture pour les besoins de l’exposé, par Farba Senghor, du Programme sécurité alimentaire en riz du gouvernement.
Devant les riziers, les importateurs, les organisations faîtières, l’Ancr, l’Arm, les groupements économiques de la Cnes et de l’Unacois ; le Ministre de l’Agriculture a décliné les grandes lignes du Programme qui vise à épargner le Sénégal de la tyrannie du riz. De l’avis de Farba Senghor, les importations massives de riz qui correspondent à des sorties importantes de devises « alors que les potentialités pour une production locale de qualité et en quantité suffisante existent avec ses 245.000 ha de terres cultivables disponibles au niveau de la vallée et du delta du fleuve Sénégal ». Pour inverser la tendance, le gouvernement lance un programme de production de 500.000 tonnes de riz à l’orée 2012 en vue d’assurer une autosuffisance en riz à l’horizon 2015, a estimé le ministre. Pour sa réalisation, l’Etat a débloqué la somme de 13 milliards pour équiper les riziers de 5 zones agro – écologiques du pays avec la part belle réservée à la vallée du fleuve Sénégal. À en croire M. Senghor, une commission nationale de distribution est déjà mise en place et des commissions sectorielles le seront pour bientôt pour la distribution « transparente et équitable » du matériel aux ayant – droits. Le matériel, composé pour l’essentiel de motopompes, est stocké dans les différents magasins du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (Csa) disséminés à travers le pays et doit être livré dans les 15 jours aux destinataires.

Ces contraintes à lever impérativement…

La réussite de ce programme requiert toutefois le réglage de quelques contraintes. Le problème du riz local ne se pose pas en termes de qualité mais en termes de packaging et de quantité. Autrement dit, le calibrage du riz, l’ensachage et la mise en place de rizeries modernes sont de véritables contraintes à évacuer pour une compétitivité du riz produit localement. Il s’agira également de l’avis de tous les intervenants de régler les questions liées au manque d’organisation des producteurs, aux aménagements hydro-agricoles structurants, la problématique de la maîtrise de l’eau, l’épineuse question foncière et le problème de l’accès à la terre, la promotion, la commercialisation et la distribution du riz produit localement. En sus, la mise en place de fonds de comité et de garanties pour parer aux aléas climatiques et des déprédateurs (criquets, oiseaux granivores…), l’identification des acteurs (producteurs, importateurs, transporteurs, distributeurs), la disponibilité de statistiques fiables sur les quantités réelles produites dans la vallée et sur les quantités importées sont une nécessité comprise pour une mise en œuvre correcte du programme. Mais, si l’on en croît Farba Senghor, compte tenu de l’urgence, son souci premier semble être la production de ses 500.000 t de riz local d’ici 2012 car, « l’Etat n’a pas la fonction de produire mais d’accompagner les acteurs dans le programme », estime-t-il. C’était sans compter avec le scepticisme caché des importateurs de riz.