Accueil / Education / «Y en marre» endosse la bataille des étudiants- crise à l’université virtuelle du Sénégal

«Y en marre» endosse la bataille des étudiants- crise à l’université virtuelle du Sénégal

Orientés depuis deux ans à l’Université virtuelle du Sénégal, des milliers d’étudiants passent leurs journées à se tourner les pouces, faute d’enseignements et d’équipements pédagogiques. N’en pouvant plus de cette situation, les étudiants dont les appels en détresse auprès des autorités sont restés sans suite peuvent compter sur le soutien du mouvement «Y en a marre». Très diligents, Fadel Barro et ses amis ont tenu hier un point de presse pour sommer l’Etat d’apporter dans les plus brefs délais une solution aux misères qui sont faites aux pensionnaires de l’Uvs. Par ailleurs, le mouvement «Y en a marre» menace d’organiser une grande marche pacifique pour exiger la satisfaction de la demande sociale.

Si les autorités étatiques se sont montrées insensibles à leur triste sort, les étudiants de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) ont pu trouver une oreille attentive de la part des membres du mouvement «Y en a marre». Fadel Barro et ses amis ont fait hier face à la presse pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles évoluent les milliers de jeunes bacheliers orientés à l’Uvs. Le point de presse qui s’est tenu en présence de quelques représentants des étudiants de l’Uvs a été une occasion pour ces derniers de raconter leur calvaire. «Nous sommes venus rendre visite au mouvement Y en a marre parce que nous avions épuisé tous les recours pour résoudre nos problèmes. Malgré la série de manifestations et de sit-in que nous avons organisés au siège de l’Uvs, la situation n’a pas connu d’amélioration. La situation des 12 Espaces numériques ouverts (Eno) qui forment le réseau d’enseignement de l’Uvs s’est fortement détériorée», explique Abass Diallo, étudiant en Sociologie et porte-parole des étudiants qui poursuit dépité : «depuis l’année dernière, on n’a pas démarré les cours. Les rares équipements à notre disposition ne sont pas aux normes  et ne nous permettent pas d’étudier dans des conditions convenables. En outre, l’absence de bourses et d’un cadre pédagogique adéquat participent à maintenir la plupart de nos camarades dans la précarité sociale».

Cette situation, selon Ndèye Gnagna Thiam étudiante également à l’Uvs, résulte d’un projet mal pensé depuis sa fondation en 2013  et hypothèque l’avenir de 8.000 étudiants. «Les nombreux dysfonctionnements observés dans le fonctionnement de l’Uvs est le fruit d’un manque de vision qui risque d’anéantir le rêve de milliers d’étudiants. L’absence de logements et de couverture médicale entravent l’épanouissement des étudiants qui sont confrontés à des conditions d’études très difficiles», peste-t-elle.  Poursuivant, la représentante des étudiants n’exclut pas l’intensification du combat pour améliorer le sort des pensionnaires de l’Uvs. «Depuis le début de l’année,  nous nous sommes inscris dans une logique de conciliation et de dialogue. Mais face au mépris du recteur de l’université Mouhamadou Mansour Faye, nous invitons tous les étudiants de l’Uvs à une mobilisation générale en vue de la grande marche que nous envisageons d’organiser», ajoute-t-elle.

«Nous comptons organiser une marche pacifique pour  une meilleure prise en charge de la demande sociale»

Prenant la parole, Malal Talla, responsable du mouvement  «Y en marre» a félicité les étudiants pour leur démarche responsable. C’est pourquoi, le rappeur interpelle les pouvoirs publics. «Je pense que l’État doit arrêter d’utiliser ces jeunes comme des cobayes. Nous demandons aux pouvoirs publics d’agir de manière plus efficace avant que la situation ne dégénère. D’ailleurs, nous sommes disposés à jouer le rôle de facilitateur  dans cette affaire», soutient Malal Talla.

À ceux qui les accusent de faire dans la récupération des revendications sociales, le «Y en marriste» rétorque : «c’est une échappatoire que les politiciens utilisent pour essayer de nous discréditer. De toute manière,  Y en marre se veut un mouvement citoyen à l’écoute des Sénégalais et reçoit tous les mercredis des délégations de citoyens qui viennent parler d’emploi, de bonne gouvernance (…)  Nous nous intéressons aussi à un certain nombre de questions sociales  comme le problème d’approvisionnement de l’eau, de l’électricité. D’ailleurs, nous prévoyons d’organiser une marche pacifique pour une meilleure prise en charge de la demande sociale».

L’AS

À voir aussi

Orientation de 45 171 nouveau bacheliers les demandes d’admission et de préinscription ont démarré

Les 45 171 nouveaux bacheliers qui ont décroché le Baccalauréat, sont invités à formuler leurs …

Des centrales syndicales réaffirment leur volonté de travailler à une unité syndicale

Cinq centrales syndicales sénégalaises du secteur de l’éducation ont réaffirmé mardi à Dakar « leur volonté inébranlable » …