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Yaya Jammeh : entre psychasthénie, paranoïa et schizophrénie

Yaya Jammeh est un rien devenu un tout. Ancien garde de corps de Sir Dawda Kairaba Jawara, il a mis à profil sa position de proche du président de la République de Gambie pour lui arracher le pouvoir. Depuis une décennie, il le conserve d’une main de fer, s’invitant dans toutes les démences et les dérives, jusqu’à se donner le diadème d’un monarque illuminé par une lumière. Mais sa lumière est une adjonction de flammes et de braises qui se verse à quiconque ose critiquer sa divine hégémonie. En somme, il est démentiel, paranoïaque et désaxé.

L’un des premiers actes posés par Yaya Jammeh, après son coup d’État, fut d’ériger sa maison natale en patrimoine national et en lieu de recueillement. Pour lui, cette habitation totalement peinte en vert, couleur de la vie et de l’espérance est un don céleste, un lieu que Dieu a choisi pour y faire naitre un Roi-Soleil.
Inculte et auparavant peu versé dans la religion, il s’est vite attribué le génie d’un illuminé, d’un visionnaire qui sait prévoir le futur et anticiper l’avenir. Le Coran est sa référence déclarée malgré les actes en déphasage avec l’éthique. Il fut un épiphénomène pour le monde avant de devenir un phénomène. Son accoutrement est plus un déguisement de carnaval qu’une tenue d’homme d’État en phase avec la civilisation.
À sa vue et à son discours, il amuse et fait rire aux éclats parce que renvoyant à un doué comédien très sérieux dans sa représentation théâtrale. Son populisme mobutesque et ses dérives qui puent du Bokassa ont commencé avec ses rassemblements interminables dans le grand stade de Banjul où il déclame sa vision messianique d’un conducteur de peuple vers la lumière. Dans ses meetings de masses, il délire.
L’oralité n’est permise chez Yaya Jammeh que si elle psalmodie sa grandeur et célèbre sa puissance et l’immensité de sa vision.

Ainsi, le pouvoir lui a fait perdre le sens commun et la conscience de son autorité crainte lui a donné une posture marginale et anticonformiste. Tout ce qu’il dit ou fait est pratiquement immodéré.

Il a une folie qui se manifeste par des brouilles mentales qui lui font poser des actes violents comme l’exécution sans aucune forme de procès de celui qui critique sa gouvernance et ose s’opposer à lui. En fait, la puissance d’État dont il jouit a installé en lui une psychose manique et dépressive caractérisée par une alternance de phases d’excitation pendant lesquelles il cite nommément ses homologues du monde pour les attaquer, et de phases dépressives où il fait tuer qui il veut.

Sa paranoïa caractérielle explique sa tendance involontaire de s’écarter de ce qui est raisonnable et du bon sens. Ses dérives et sa violence d’État même contre ceux avec qui il travaille à un désir déraisonnable d’imposer son autorité et sa force.

C’est par sa conduite démentielle qu’il s’affranchit des convenances avec une fierté ostentatoire. Il ne veut faire comme personne et ne veut se soumettre à aucune norme ce qui traduit en lui une pathologie chronique qui se manifeste dans ses délires et ses hallucinations lors de ses sorties médiatiques par un discours abrégé, dénué de cohérence et de détails précis.

Et dans les actes, il rabroue, il embastille, il tue et ne cesse d’en faire qu’à sa tête. En somme, Yaya Jammeh est extravagant et aliéné. Un homme pareil peut être un bâtisseur ostentatoire et un briseur de liberté qui exécute.

Pape Ndiaye

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