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Yékini sacré Lion d’or

Rien n’est trop beau pour fêter et honorer des légendes ou des champions qu’on cite en exemple à la jeunesse d’un pays. Pour l’avoir compris, le comité du « Lion d’Or » a convié hier la famille du sport, toutes disciplines confondues, à la fête de l’Excellence au théâtre national Daniel Sorano. Héros du jour, Yahya Diop Yékini, le « Roi des arènes » et Tony Sylva, respectivement « Lion d’Or  » et « Soulier d’Or » 2005 et feue Fanta Keïta, « Lion d’Or » 2006 à titre posthume, ont été honorés.

Source : Le Soleil
Comme s’il ne voulait point se faire raconter cet hommage à l’exploit individuel ou collectif, un nombreux public a envahi tôt dans la matinée d’hier, Sorano. Le ton a été donné depuis le perron du théâtre avec une troupe composée de femmes ressortissantes de Bassoul, le village natal de Yékini ; mais également Bantamba l’Assicot Band de Rebeusss conduit par Massambe Dieng, le tambour-major Babou Ngom et la cantatrice Mayé Ndeb Ngom de Fatick. Tous ces artistes sont venus fêter un champion qui se distingue par son palmarès (14 combats pour 13 victoires et 1 nul), sa conduite, son respect de l’autre et sa disponibilité.

Venu représenter le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, le Premier ministre Hadjibou Soumaré est arrivé à Sorano à 11 heures. La fête pouvait commencer avec le discours de M. Mamadou Sèye, directeur général du quotidien national « Le Soleil », co-organisateur avec Petrosen, la Lonase, les ICS, la Sar de cette fête, suivi de celui du chef de l’Etat délivré par son Premier ministre.

Préposé au micro central, Majib Sène, le journaliste-poète, joue à merveille sa partition avec force envoyées poétiques qui magnifient les exploits des récipiendaires et chantent leur mérite.

Bara Diouf, ancien PDG du « Soleil » et Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée seront les premiers honorés. Avec sa verve habituelle, ce dernier a tenu en haleine le public de Sorano en faisant brièvement le procès de l’esclavage, cette plaie béante de l’humanité qui a toujours du mal à se cicatriser. L’hommage posthume à Fanta Keïta, cette « Lionne » du judo, née en Côte d’Ivoire, qui a vécu au Sénégal et s’est éteinte au Maroc au cours d’une séance d’entraînement, a créé une vive émotion dans la salle. La maman de la défunte championne, Dominique Malcost, a fondu en larmes en recevant le trophée des mains de Hadjibou Soumaré.

Puis, ce fut au tour de Pape Niang, l’artiste non-voyant, le « Lion » de la musique comme l’a appelé Majib Sène, de recevoir son trophée après avoir gratifié le public d’un succulent morceau de « salsa-mbalakh » très entraînant.

Autre moment fort, la remise du « Soulier d’or » à Tony Mario Sylva, l’inamovible portier des « Lions » du football, représentée par son épouse vêtue aux couleurs de l’été avec beaucoup d’harmonie, de classe et de grâce.

L’équitation et l’hippisme ont été également honorés à travers surtout le Pr Sakhir Thiam et feu Amadou Sam Wagne. El Hadj Mansour Mbaye, autre lauréat, a encore séduit l’assistance avec ses évocations sur certains événements du passé. Son speech d’hier a été une invite au dépassement, au respect de soi-même, au respect de l’autre, à l’unité des cœurs et des esprits.

Le plateau final de ce 14e gala du « Lion d’Or » a été consacré à la lutte avec les anciennes gloires et le CNG avant le sacre du “Roi ». Comme pour introduire la vedette du jour, le tambour-major Sérère, Babou Ngom et la cantatrice Mayé Ndeb ont « chauffé » la salle au rythme du « ndioup ». Simon Sène et Marie Ngoné Ndione, grands artistes sérères, accompagnés de leurs danseuses, ont interprété chacun, un hymne à la gloire du grand champion, Yékini.

Enfin, arriva l’heure du sacre pour le « Lion d’or » 2006. Invité par Majib Sène à rejoindre le fond de la salle, il a dévalé les marches pour se présenter sur la scène, encadré par les danseuses de Marie Ngoné, au rythme du « Yékini gari ! » « Viens champion ! ». Le MC s’est plu à chanter, dans un style poétique, le sportif accompli et consciencieux qui voue respect à ses adversaires, et est très exigeant envers lui-même et dont la correction et le sens de la retenue sont connus de tous. Son trophée lui a été remis par le Premier ministre, M. Hadjibou Soumaré, sous les applaudissements et ovations de tout Sorano qui, hier, a tenu à célébrer la vedette du jour. Comme l’a si bien dit le chef de l’Etat dans son message lu par le Premier ministre, « la lutte est le modèle de notre identité culturelle, tenaillée entre notre enracinement aux valeurs du terroir et notre attachement à la mondialisation. Tout le monde se retrouve dans ce qui est en train de se mettre en œuvre dans les arènes ».

C’est ce qui a sans doute inspiré le Comité du Lion d’Or qui a tenu à fêter et honorer la lutte à travers ses différents acteurs.


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