Confidences

Zator Mbaye, député et responsable des jeunes de l’Afp  »Gackou fait de la politique superficielle et ne va jamais au fonds des choses »

  • Date: 13 août 2015

Dans la douceur du quartier Sacré-Cœur où il habite, le député Progressiste Zator Mbaye souffle plutôt le chaud pour descendre en flammes ses adversaires. Parmi eux, le leader du Grand parti/Suxali Sénégal, qui mène une campagne de démantèlement de l’Afp depuis quelque temps. Dans cet entretien, le responsable des jeunes de l’Afp règle ses comptes avec Gackou et sa bande et considère les départs au sein de l’Afp dont celui de Mata Sy Diallo comme un «épiphénomène».

Quelle lecture faites-vous du départ de Mata Sy Diallo, exresponsable des femmes de l’Afp, pour le Grand parti de Malick Gackou ?

Pour le cas de Mata Sy Diallo, au niveau de notre parti, cela fait plus de deux ans que nous avons tourné sa page. Elle s’était mise en recul avec le parti. Elle ne réunissait plus les femmes dont elle était la responsable. Elle ne prenait plus de position conforme à la ligne du parti. Nous avons une circulaire au sein du parti qui prévoit ce cas de figure.

C’est la raison pour laquelle, son adjointe Maïmouna Guèye Fall avait pris le relais depuis maintenant un an pour diriger les femmes du parti. Cela nous aurait surpris de la voir tenir une conférence de presse et réaffirmer son appartenance à l’Afp. Ce cas serait un goulot d’étranglement pour nous. Elle a quitté le parti. Nous lui souhaitons bon vent.

Cependant, je dois préciser qu’elle était dans un autre parti avant de venir à l’Afp. Mata Sy Diallo n’est pas membre fondateur de l’Afp. On ne fera pas dans l’invective, car on a cheminé avec elle pendant 16 ans.

Ce départ ne risque-t-il pas d’affaiblir l’Afp à Kaffrine ?

Ce week-end, il y aura une manifestation à Kaffrine organisée par des camarades de la localité. Pour la manifestation que Mata Sy Diallo a tenue, nous savons comment elle s’est organisée. Nous constatons que Malick Gackou et son groupe n’existent que par l’Afp.

Ce sont des «Afpdépendants». Nous ne les retrouverons pas sur ce terrain parce que nous considérons qu’il y a des choses plus importantes à faire. Les Sénégalais nous attendent sur les questions économiques et non sur le fait que tel ou tel est parti de l’Afp.

Pour Mata Sy Diallo, voilà une femme qui doit une fière chandelle à l’Afp. Elle a été présidente du Conseil régional de Kaolack par le fait de l’Afp. Elle a été ministre du Commerce et de l’Industrie grâce au parti. Elle a été ministre durant la deuxième alternance. Mata était le ministre le plus âgé. Elle a été présidente du Conseil d’administration de la Société nationale de recouvrement.

Mata n’était plus incontournable au niveau de sa base. Elle a été battue deux fois par le maire Abdoulaye Wilane en 2009 et 2014. Elle ne maîtrisait plus sa base. Sa nouvelle base est à Maristes où elle habite.

Mata Sy Diallo a occupé la présidence du Mouvement des femmes, ce qui est un honneur au sein de l’Afp. Elle a dit que l’Afp a monnayé son départ du gouvernement. C’est absolument faux. Si c’était le cas, on l’aurait remplacée par un autre responsable de l’Afp.

Donc vous réfutez la «trahison» dont elle dit être victime au niveau de l’Afp ?

Elle n’a jamais été trahie, ni sacrifiée par l’Afp. Pensez-vous que le gouvernement du Sénégal devrait être pénalisé parce qu’un ministre est malade ? Une personne couchée sur un lit d’hôpital devrait-elle bloquer les affaires de la République ?

Non ! Les hommes sont interchangeables. Le président de la République l’a compris et a ainsi décidé de son remplacement, après concertation avec le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse.

Le parti s’est solidarisé avec elle durant toute sa période de convalescence. Et cela nous a valu de perdre un ministère, car après son départ, le parti s’est retrouvé avec un seul portefeuille.

Le porte-parole adjoint de
l’Afp, Penda Ndiaye Cissé, soutient que Mata Sy Diallo a été
limogée pour insuffisance de résultats. Vous confirmez ?

Je ne peux pas m’avancer sur ces propos. C’est le Président qui nomme et limoge. Donc, il est le seul à savoir qui est compétent ou pas. En tout cas, notre ministre Alioune Sarr qui est à la place qu’occupait Mata Sy Diallo fait de très bons résultats.

Malick Gackou a déclaré récemment avoir recruté 54 des 55 conseillers municipaux de votre parti à Guédiawaye. A ce rythme, l’Afp ne risque-t-elle pas de disparaître ?

Encore une déclaration mensongère venant de Malick Gackou. A Guédiawaye, les conseillers de Benno siggil senegaal à laquelle appartient l’Afp, sont une vingtaine. Dans ce nombre de conseillers, l’Afp en a 10 ou 13. Comment peut-il extirper 54 conseillers de 20 ?

Il faut que Malick Gackou nous explique cette formule mathématique. Est-ce que c’est un théorème Gackou comme celui de Pythagore ?

Peut-être qu’il existe actuellement un théorème Gackou… (Rires). Si on avait 55 conseillers, Guédiawaye aurait un maire Afp. Le Conseil municipal de Guédiawaye compte moins de 100 conseillers. Donc, 54 conseillers auraient suffi pour être maire. Comment peut-on aspirer à diriger un pays en basant sa communication sur des boniments, des contrevérités ?

Mais cela ne nous émeut pas, car nous connaissons Malick Gackou. Nous avons vécu avec lui pendant une quinzaine d’années. Son credo a toujours été le saupoudrage, le populisme, les déclarations incendiaires. Ses déclarations peuvent l’amener à danser en public.

Il a combien de fois chanté les louanges de Moustapha Niasse jusqu’à le considérer comme un dieu, disant que c’est ce dernier qui détient son avenir politique. Malick Gackou a juré la main sur le Coran devant moi que, quelle que soit la situation, il resterait fidèle et loyal à Niasse. Ce qu’il fait aujourd’hui, peut-être que cela peut étonner le commun des mortels, mais pas nous.

Vous semblez minimiser cette série de départs…

Il n’y a pas de série de départs. Vous n’avez pas encore vu un membre du Bureau politique de l’Afp responsable régional dire qu’il rejoint Malick Gackou. A sa place, j’essaierai de massifier mon parti et de vulgariser l’idéologie.

Cette campagne manipulatrice qu’il opère sert à combler ses insuffisances intellectuelles. En tout cas, l’Afp est plus forte et s’est débarrassée de toutes ses feuilles mortes. Nous sommes dans une opération de «défossilisation».

Malgré tous ces «défauts» que vous collez à Malick Gackou, il était le numéro 2 de l’Afp…

Il s’est imposé numéro 2. Il y avait des secrétaires nationaux et chacun avait la charge d’un secteur bien précis. Par la force des choses, Malick Gackou s’est imposé comme le numéro 2. Mais je peux vous assurer que depuis 2011, il n’a présidé aucune réunion du Bureau politique en tant que numéro 2.

Vous ne l’avez jamais vu sur un plateau de télévision défendre le parti. Au contraire, il avait ourdi un plan pour le saborder. Nous savons les raisons qui l’ont poussé à créer son nouveau parti. C’est purement économique. Des lobbies sont derrière. Malick Gackou est issu de ces milieux.

L’Afp vient de perdre son numéro 2 Malick Gackou, son numéro 3 Mata Sy Diallo et son responsable des jeunes Malick Guèye. Comment pouvez-vous affirmer que l’Afp se porte désormais mieux ?

Ces gens n’étaient plus considérés comme des membres de l’Afp depuis pas mal de temps. Le Mouvement des jeunes ne fonctionnait plus. Moi, j’étais l’adjoint de Malick Guèye. Mais depuis 2011, on n’a pas tenu de réunion du Bureau national des jeunes. C’est justement après son départ qu’on a commencé à se réunir.

Malick Guèye n’avait ni la capacité ni la responsabilité de mener à bien cette mission. Nous savons comment Mata Sy Diallo et Malick Guèye ont été promus à des postes de responsabilités au niveau du parti. C’était des complots ourdis par Malick Gackou qui avait bien préparé son coup depuis très longtemps. Moi, je n’ai jamais eu de bons rapports avec Malick Gackou.

Malick Gackou n’est-il pas en train d’affaiblir l’Afp ?

Malick Gackou se pulvérise en s’attaquant à l’Afp. Nous travaillons pour la massification, pour l’animation et pour l’organisation du parti. L’Afp est plus que jamais ragaillardie, debout apte à faire face à tous les défis économiques et géostratégiques.

Si Malick Gackou était si fort que ça, pourquoi il ne s’est pas présenté à Guédiawaye ? Il a fui parce qu’il voyait son échec venir. Il a choisi de ne pas se présenter pour se «victimiser» demain. Il a reconnu que c’était une erreur de sa part. Nous le félicitons pour cette déclaration, car il faisait croire à l’opinion que le président Moustapha Niasse lui a demandé de ne pas se présenter. Ce qui est faux.

Malick Gackou n’a pas de base. Les résultats de la Présidentielle de 2012 ont montré qu’il ne pèse pas lourd. Il a perdu son centre de vote et même dans son propre bureau de vote. Et l’Afp est venue en quatrième position à Guédiawaye. Gackou fait de la politique superficielle et ne va jamais au fond des choses.

Donc pour vous, Gackou est incompétent ?

Il n’y a aucun doute. En tout cas nous, à l’Afp, nous ne l’avons jamais jugé compétent. Il n’a jamais tenu une conférence ou une discussion intellectuelle. Je défie le journaliste qui sortira une seule interview de Gackou depuis qu’il est à l’Afp. Gackou n’est pas un exemple pour nous.

Vous êtes conseiller municipal à la mairie de Mermoz Sacré-Cœur. Etes-vous en phase avec le maire Barthélemy Dias sur la destruction des panneaux publicitaires ?

C’est mon ami, mais je ne suis pas d’accord avec la méthode. A sa place, je ne l’aurais pas fait. Les régies publicitaires aussi ne sont pas exemptes de tout reproche. La commune et les régies publicitaires ont un lien de partenariat très fort.

La mairie ne peut pas fonctionner sans ces régies qui lui versent d’innombrables taxes. Mais Barthélemy Dias aurait pu faire davantage preuve de retenue et de consensus. Mais je dois dire que notre maire est très bouillant, c’est connu de tous.

Est-ce que pour vous il a tort ?

C’est le Tribunal qui le dira. Il aurait fallu pour lui de renouer le dialogue avec ces régies publicitaires. La commune de Mermoz Sacré-Cœur ne doit pas faire l’exception sur le plan national. Elle est la seule mairie à détruire des panneaux publicitaires. Donc, des emplois et de l’argent ont été réduits en cendres.

Vous étiez un candidat malheureux face à Barthélemy Dias lors des Locales de 2014. Quel bilan faites-vous de sa gestion ?

Rien n’a changé, les inondations et d’autres problèmes sont monnaie courante. Mais je respecte l’expression des urnes des citoyens issus de cette commune. En tant que conseiller municipal, j’assumerai le bon et le mauvais. Les citoyens ne diront pas qu’ils n’étaient pas avertis auparavant. Je ne rêve pas d’une commune rose parce que nous avons vécu avec notre maire pendant 5 ans.

Si on multiplie les 250 millions de budget par 5 ans, cela fait au moins plus d’un milliard 250 millions. Faites le tour de la commune, vous ne verrez pas un investissement d’une valeur de 50 millions. Cela veut dire quoi ? Il y a un peu d’incompétence dans ce que Barthélemy Dias fait. Sa méthode de prise en charge des préoccupations de ses administrés n’est pas bonne.

La décision du Bureau politique de soutenir Macky Sall à la prochaine Présidentielle n’estelle pas à la base de ce qui prévaut à l’Afp ?

Cette décision est mûrement réfléchie. Tous les partis sont en train de nous rejoindre dans cette position. On ne peut pas être dans une coalition en faisant un dédoublement, c’est-à-dire être au pouvoir le matin et aller dans l’opposition le soir.

Le Ps a déjà dit qu’il aura un candidat à la prochaine Présidentielle. Ce choix des Socialistes n’est-il pas paradoxal ?

Les Socialistes n’ont jamais dit qu’ils auront un candidat socialiste. J’ai par contre entendu certains responsables du Ps dire que ce candidat peut être Macky Sall, parce que nous sommes tous membres de la coalition Benno bokk yaakaar.

Est-ce que vous pensez aujourd’hui que l’Afp pourrait être plus responsable que le Ps dans le bilan que présentera le Président Macky Sall ? Le Parti socialiste siège au gouvernement avec 2 ministères au moment où l’Afp n’en a qu’un ? Non ! Je ne désespère pas que le candidat du Ps soit le Président Macky Sall. C’est une ambition politique qui a des relents économiques.

En tout cas, la candidature de Khalifa Sall au Ps est de plus en plus agitée. Mais selon vous, un candidat du Ps autre que Macky Sall n’a pas de sens…

Cela n’a pas de sens. C’est incohérent, inacceptable et indéfendable. J’attends de voir, car je ne désespère pas que le candidat du Ps soit Macky Sall.

Mais des responsables socialistes considèrent ce que vous dites comme une insulte…

Dans un parti, il y a des chèvres, des moutons et du tout. Chacun est libre de dire ce qu’il pense. Mais j’attends la position officielle du Ps.

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