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ZIGUINCHOR : Deux mois avec sursis pour la jeune prostituée qui s’était livrée à une meute d’hommes

Deux mois de prison avec sursis, c’est la peine requise par le tribunal correctionnel de Ziguinchor à l’encontre de Mariama Mané 22 ans, originaire de la guinée Bissau où elle a été laissée à elle-même par ses parents, alors qu’elle n’avait pas encore 17 ans.

Source : l’Observateur
Mariam Mané était venue se réfugier à Ziguinchor où elle s’est installée dans le courant de l’année 2002. Sans domicile fixe et sans moyens de subsistance, elle n’a rien trouvé de mieux à faire que s’adonner au plus vieux métier du monde. Cela va lui valoir deux passages à la barre des flagrants délits pour défaut de carnet sanitaire. Seulement à chaque fois, passant pour une victime, elle fut relâchée par le tribunal qui s’était fait à l’idée de lui donner, à deux reprises, la chance de recommencer une nouvelle vie. Mais avec toutefois un avertissement du juge, la sommant de changer de vie, ou à défaut, de chercher une carte de santé pour exercer dans la légalité. Mais hélas ! La jeune Mariama Mané était loin de se repentir. Pire, quelque temps après son dernier passage à la barre, elle était à nouveau arrêtée courant 2007 par la police au cours d’une rafle nocturne, et pour les mêmes faits. Déférée à la citadelle du silence, elle était de passage hier, donc la troisième fois de suite, au tribunal correctionnel de Ziguinchor. Un mois seulement après le dernier. Cette fille âgée aujourd’hui de 22 ans, célibataire avec un enfant à sa charge, répondait à nouveau du délit de défaut de carnet sanitaire et de vagabondage. À la barre, la prévenue au teint noir et mesurant 1m 60 va d’abord nier tous les faits qui lui sont reprochés. « Je loge à Nema II chez Marie Louise Biagui et je ne suis pas une prostituée » avait- elle laissé entendre, suite à une question du juge sur la nature de sa profession. Mais pressée de question par le procureur, elle finit -comme au cours de l’enquête- par se soumettre à l’évidence. Et de déclarer : « J’ignorais que le métier que j’exerce nécessite l’obtention de carnet de santé ». Mieux, Mariama Mané, à la barre, a également indiqué qu’elle gagne chaque jour, pour toutes ses sorties, la somme de 15 mille de nos francs. Suffisant pour susciter la réaction du procureur. Pour qui Mariama Mané est une file à laquelle on a donné sa chance à deux reprises. Cependant, estime-t-il, « on se rencontre qu’elle ne respecte pas les conseils du tribunal ». Et le procureur de marteler : « si vous ne pouvez abandonner ce métier, cherchez donc une carte de santé ! ». Ce dernier, dans son réquisitoire, est d’avis que la loi encore une fois doit être appliquée. Et de requérir deux mois de sursis pour Mariama Mané. Et ce, « en sa qualité de délinquant primaire » déclare- t- il. Le ministère public a également demandé au tribunal l’obligation pour Mariama Mané d’avoir un carnet de santé afin, dit-il, « qu’elle ne puisse pas exposer ses clients à des dangers ». Pour la défense assurée par Me Boubacar Badji, « si Mariama Mané a pu quitter très tôt sa famille c’est parce qu’elle est la victime d’un milieu inhospitalier et hostile ». L’avocat de la défense est convaincu que sa cliente, chassée par ses parents bissau- guinéens il y a cinq ans est venue se réfugier à Ziguinchor pour tout simplement gagner sa vie. « Innocente qu’elle était à son arrivée, une fille de son âge est forcément abandonnée à la meute des hommes » argue- t- il. Avant de s’interroger : « on lui demande à chaque fois d’aller chercher un carnet sanitaire, mais connaît-elle le chemin ou la procédure qui sied à cet exercice ? ». Pour toutes ces raisons, Me Boubacar Badji a demandé au tribunal de lui faire une application bienveillante de la loi pour le défaut de carnet sanitaire ; et pour le délit de vagabondage, de lui accorder le bénéfice du doute. Le tribunal a finalement reconnu Mariama Mané coupable pour le défaut de carnet de santé et l’a condamnée à deux mois de prison avec sursis. Il a ordonné, pour le délit de vagabondage, la relaxe pure et simple.


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