28 août, 2014
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Ziguinchor : les détenus ont arrêté de faire la grève de la faim

Ziguinchor : les détenus ont arrêté de faire la grève de la faim

Les détenus de la maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor (Sud) ont mis fin, mercredi soir, à la grève de la faim qu’ils observaient depuis la veille, a-t-on appris de source judiciaire, jeudi.

Une cinquantaine de personnes détenues à la MAC de Ziguinchor avaient entamé mardi une grève de la faim, pour dénoncer de « longues détentions préventives ».

« Ils sont revenus à de meilleurs sentiments après la visite du procureur du tribunal régional de Ziguinchor. Ils ont pris le dîner mercredi soir, et le petit-déjeuner jeudi matin », a annoncé, dans un entretien avec à l’APS, le directeur de la MAC, Ngollo Touré. Il n’a pas donné de détails sur la visite rendue aux détenus par le procureur.

« J’ai préféré avoir un contact direct avec eux. Quand il y a un mouvement d’humeur, il faut d’abord en demander les raisons. Ils (les détenus) m’ont fait savoir que leurs revendications tournaient autour des longues détentions préventives pour faits criminels, et l’amélioration de leurs conditions de détention, y compris les soins médicaux », a expliqué à l’APS le procureur du tribunal régional, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla.

Il affirme avoir dit aux détenus qu’il était préoccupé au premier chef par les longues détentions préventives.

« Je leur ai tenu un langage de vérité. Des efforts sont en train d’être faits par le gouvernement et le ministère de la Justice pour régler la question des longues détentions préventives. Nous sommes conscients de la situation », a-t-il souligné.

« Une session de la Cour d’assises pourrait être organisée à Ziguinchor avant la fin de l’année », a dit M. Sylla, soulignant qu’il suit de « très prés » les cabinets d’instruction pour les amener à traiter rapidement les dossiers des détenus.

Le procureur a rappelé que des mesures avaient été prises par le gouvernement et le ministère de la Justice pour mettre définitivement fin aux longues détentions préventives.

Le magistrat a assuré qu’un projet de réforme du Code de procédure pénale est cours d’élaboration, pour fixer la durée de la détention provisoire à trois ans au plus.

La création de chambres criminelles dans tous les tribunaux du pays et la mise en place de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté, l’augmentation de la ration alimentaire journalière des détenus et la construction de nouvelles prisons font partie des mesures devant améliorer les conditions de vie des personnes en prison, selon M. Sylla.