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Ziguinchor : les opérateurs privés dénoncent le système du carreau-usine

La Fédération nationale des opérateurs privés stockeurs (Fnops) a dénoncé, mardi à Ziguinchor (sud), le système du carreau-usine mise en place dans le cadre de la commercialisation de l’arachide.

Source : Le Matin
S’exprimant lors d’une rencontre axée sur l’évaluation de la campagne agricole 2006 et la préparation de la campagne 2007, le coordinateur de la Fédération nationale des opérateurs privés stockeurs a souligné que les difficultés de la filière arachidière sont de  »plusieurs ordres ». Insistant sur le système du carreau usine, Mamadou Guèye a affirmé que celui-ci  »n’est pas adapté au Sénégal ».  »Il n’est pas bon parce que depuis que ce système a été mis en place, on voit un recul très net de la collecte », a-t-il déploré avant d’ajouter que ‘’les financements ne sont pas conséquents » et qu »’avec la longue période de soudure, le producteur ne peut pas attendre ».

 »Il préfère brader sa récolte et subvenir à ses besoins que d’attendre un financement qui ne dit pas son nom. Nous tous, nous sommes d’accord, nous avons parcouru le Sénégal, les gens sont d’accord, unanimes, qu’il faut enlever le système carreau usine », a-t-il déclaré. Tout en rappelant la vocation agricole du pays, il a insisté sur le fait que le carreau-usine n’est  »ni bon ni adapté » au Sénégal.  »L’économie sénégalaise est dominée par l’arachide qui ajoute, aujourd’hui, à sa dimension culturale, une autre dimension, la dimension culturelle. C’est dans nos mœurs. Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons que l’arachide, qui occupe 80 % de notre économie », a-t-il encore expliqué. A ce propos, M. Guèye a précisé que l’arachide ‘’fait vivre directement six millions » d’individus et ‘’indirectement plus de huit millions » de personnes sur une population de plus de dix millions de Sénégalais. D’où, selon lui, la nécessité de se ressaisir ‘’à temps ».

A ce sujet, il a rappelé qu’il a fallu ‘’10 ans pour colmater les brèches » liées au caractère inadapté de la Nouvelle politique agricole (Npa), mise en place dans les années 80 par l’Etat du Sénégal. Rappelant que le volume de graines réceptionnées s’élève à 43.000 tonnes pour les régions de Ziguinchor et de Kolda, et 136.000 tonnes au niveau national, il a soutenu ‘’qu’il y a un problème d’insuffisance de financement. Le marché parallèle a beaucoup pris. Les banabanas sont là. Ils sont venus acheter parce que tout simplement, Suneor n’a pas mis les financements suffisants à temps ». Pour Mamadou Guèye, ‘’c’est en termes de milliards et non de millions que la collecte de l’arachide doit se faire au Sénégal ». Le président de la Fnops, Manding Goumbala, a, lui aussi, appelé à revoir la filière arachidière dans son ensemble. Dénonçant notamment le carreau-usine, il a rappelé que les opérateurs privés sont opposés à un tel système. Plusieurs participants à la rencontre ont également dénoncé ce système de commercialisation, tout en déplorant le rabattage et l’insuffisance des financements mis à la disposition des opérateurs.


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