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ZLECA- Un risque pour les entreprises sénégalaises

Le tissu industriel sénégalais est composé à plus de 90% des micro, petites et moyennes entreprises.  Ce qui  constitue  un risque  surtout avec la zone de libre-échange continentale africaine. 

«La libéralisation de l’économie en général, et du commerce en particulier, ne peut se faire sans risque d’exposer nos productions à la croissance internationale, souvent démesurée eu égard à l’étroitesse de notre marché et à la faiblesse des capacités de nos entreprises», a déclaré le Secrétaire général du Ministère du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation et des Petites et moyennes entreprises (PME), Makhtar Lakh. Cela fait allusion à la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) dont le Sénégal est signataire. «Le Sénégal s’est résolument engagé dans l’économie de marché avec son adhésion à des accords commerciaux de différents niveaux sous-régional, régional, multilatéral et bientôt continental avec la ZLECA. A travers cette ouverture, nous cherchons à nous intégrer au commerce mondial, porteur d’une croissance à même de placer notre pays sur la rampe de l’émergence et de créer des emplois viables», a-t-il expliqué. Le Secrétaire général du ministère du Commerce s’exprimait à Mbour, lors de l’ouverture d’un atelier de validation de l’étude de benchmarking sur l’utilisation des instruments de défense commerciale et du cadre réglementaire actualisé relatif à la défense commerciale.

Face à cette situation, Makhtar Lakh a fait savoir  que les micro, petites et moyennes entreprises qui représentent plus de 90% du tissu industriel sénégalais, risquent d’être placées dans une situation de concurrence déloyale. Ce qui, « malheureusement », leur est souvent fatale car la majorité d’entre elles sont dans une phase de développement encore embryonnaire. «Il est donc vital, dans un contexte d’ouverture, de disposer d’un système permettant de mettre efficacement en œuvre des instruments de défense commerciale, instruments qui sont d’ailleurs prévues par les différents accords auxquels le Sénégal est signataire», a-t-il dit. Selon lui, le Sénégal avait, très tôt, pris les dispositions pour protéger la production nationale contre la concurrence déloyale, ceci à la suite de l’entrée en vigueur, en 1995, de l’Accord de Marrakech instituant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Malgré l’existence de ce dispositif,  dira Lakh, le Sénégal n’a pas encore utilisé des mesures de défense commerciale à cause, notamment, de l’insuffisance des ressources humaines et financières, de la complexité des règles de fond et de procédures (…), mais aussi de la méconnaissance de l’existence même du système par les opérateurs économiques. C’est ce qui a poussé le ministère  du Commerce, à travers la Direction du commerce extérieur (DCE), à entamer, depuis 2015, un travail de réflexion et d’analyse afin de trouver des solutions à même de faire fonctionner efficacement le système national de défense commerciale. Ainsi, des activités de sensibilisation et d’échange ont été menées, mais semblent ne pas suffire, si l’on en croit Makhtar Lakh qui juge « pertinent » de mettre à jour le cadre juridique et institutionnel existent, avec l’implication de tous les acteurs concernés par la question.

Zachari BADJI

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