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Zone de libre-échange continentale- La  pauvre Afrique dans le désaccord

Le sommet extraordinaire de l’Union africaine, pour signer l’accord sur la zone de libre-échange, a montré encore une fois la désunion africaine à l’occasion du sommet de Kigali.   

Trois textes étaient présentés aux dirigeants ce mercredi lors de la  clôture du sommet de Rwanda, selon Jeuneafrique. Il s’agit de  l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), le protocole de libre-circulation des populations sur le continent et la déclaration de Kigali. Ainsi, 44 pays ont signé l’accord de libre-échange continental ; 27 le protocole de libre circulation des personnes sur le continent et 43 pour la déclaration de Kigali. La Zone de libre-échange continentale (ZLEC), un des étendards de l’agenda 2063 de l’Union africaine, était en discussion depuis 2012. Il vise à créer un marché commun de 1,2 milliard d’habitants, dont le PIB cumulé avoisinerait 2 500 milliards de dollars. S’agissant de la ZLEC, les pays comme Bénin, Botswana, Burundi, Érythrée, Guinée-Bissau, Lesotho, Namibie, Nigeria, Sierra Leone, Afrique du Sud et Zambie, n’ont pas signé l’accord.

Le  lieu d’installation du secrétariat de la zone divise les  Etats

D’après la source, la question du lieu d’installation du secrétariat de la zone était l’une des plus sensibles. Une partie des États membres souhaitent en effet le voir installé à Addis-Abeba avec la Commission de l’Union africaine, tandis que d’autres veulent le garder éloigné de la Commission, pour ne pas le soumettre au processus jugé « trop bureaucratique » des représentants permanents de l’UA. C’est un des points de tension depuis le début de la présidence de Paul Kagamé à l’Union africaine, en janvier. Désigné en 2016 par ses pairs pour mener la réforme de l’organisation panafricaine, le président rwandais est critiqué par certains diplomates pour ses méthodes. « Il déteste les consultations sans fin des représentants permanents de l’Union africaine. Il veut éviter la bureaucratie trop lourde de l’organisation. Mais les représentants permanents n’aiment pas se sentir court-circuités », confirme un diplomate ayant travaillé sur le projet de libre-échange.

Le Nigeria absent du sommet, l’Afrique du Sud ne signe que la déclaration de Kigali

Le sommet avait débuté avec une nouvelle, tombée dimanche en fin de journée, qui avait jeté un froid. Un communiqué de la présidence nigériane, publié trois jours avant la signature de l’accord sur la ZLEC, avait ainsi annoncé l’absence de Muhammadu Buhari, le président du Nigeria. Le chef d’État d’une des principales économies du continent souhaitait, selon le communiqué, poursuivre les consultations avec les acteurs du secteur privé. Lundi, avant l’ouverture des négociations entre ministres des Affaires étrangères, certains diplomates disaient craindre un « effet boule de neige » suite au retrait du Nigeria. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s’était lui montré confiant quant à l’évolution de la position de son voisin nigérian. « Je ne me mets pas dans la perspective d’un retrait du Nigeria sur ce projet. Le président Buhari a une forte volonté d’intégration », a-t-il expliqué à Jeune Afrique. « Je pense qu’à ce titre, il y a encore un travail de sensibilisation à faire au niveau de l’opinion publique nigériane pour que le pays adhère pleinement à cette zone de libre-échange », a-t-il ajouté.

L’Afrique du Sud, qui compte également parmi les plus importantes économies du continent, n’a elle signé que la déclaration de Kigali mercredi. Selon le président Ramaphosa, qui assistait à son premier sommet de l’Union africaine, cette signature est un « témoignage de l’engagement de l’Afrique du Sud » envers ce projet. Il a, en revanche, expliqué vouloir régler les détails juridiques en interne avant de signer l’accord. Selon un diplomate sud-africain, « ce processus pourrait prendre trois mois ».

Mauritanie,  la prochaine étape de l’union ou du désaccord

L’entreprise de ratification va donc débuter sans les deux plus grosses économies du continent. L’objectif fixé pour obtenir les 22 ratifications nécessaires à l’entrée en vigueur est janvier 2019. Une étape délicate puisqu’elle fait entrer en compte les spécificités juridiques de chaque pays. Un premier état des lieux sera effectué lors du prochain sommet de l’Union africaine, organisé à Nouakchott en Mauritanie, en juillet prochain.

Zachari BADJI

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