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Zone franc Dévaluation du Franc CFA écartée

Réformes économiques, consolidation budgétaire pour garantir un développement soutenable des pays, entre autres, étaient au menu de la réunion des ministres des Finances de la zone franc, tenue à Brazzaville.

Les ministres des Finances de la Zone Franc, qui se sont réunis à Brazzaville (Congo), ont exclu toute dévaluation du franc CFA. D’après eux, cette monnaie commune entre quinze Etats d’Afrique de l’ouest et du centre n’est pas surévaluée. En conséquence, son avenir ne passerait plus par une dévaluation. Au niveau de Paris, apprend-on, les Etats devront prendre leurs responsabilités avec un changement de nom de la zone, un élargissement, un nouveau système de dépôts des avoirs, etc. Selon le spécialiste des questions de développement et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques et économiste,  Serge Michailof, le franc CFA ne doit plus être seulement arrimé à l’euro. A l’en croire, il faut sortir le franc CFA de son arrimage fixe à l’euro. Parce que c’est aberrant : les variations du taux de change entre euro et dollars pénalisent les pays de la zone franc.

La politique monétaire de la zone franc ne peut pas se faire à Francfort. Il faut qu’on arrive à sortir de là. « Donc, la solution la plus pratique, c’est de garder la zone franc, de garder les deux zones monétaires et de raccrocher le franc CFA non pas à l’euro, mais à un panier de monnaies dans lequel il y a l’euro, mais aussi le yuan, le dollar, peut-être la livre sterling. Ca donnerait de la souplesse et ça permettrait de toucher à la parité sans grand dommage ». Pour sa part, Vincent Duchaussoy, historien chercheur à l’université de Rouen, dans une note consacrée à l’avenir de la zone Franc, est revenu pour donner des explications. Interrogé par Jeuneafrique sur les avantages et les inconvénients du système actuel, ce dernier avançait que le principal avantage du Franc CFA est qu’il procure une stabilité monétaire, avec une fixité de sa convertibilité par rapport à l’euro, grâce au mécanisme de compte d’opération.

La garantie du Trésor français est précieuse puisqu’elle a mis les pays de la zone CFA à l’abri de crises monétaires et d’épisodes d’inflation, alors qu’un pays comme le Nigeria a connu beaucoup de difficultés à gérer le naira. « La principale limite est que le fonctionnement du Franc CFA lie la politique monétaire des pays qui l’utilisent à celle de la BCE, qui n’est pas forcément appropriée pour ces économies. Elle limite les marges de manœuvres de ces économies en termes de politique monétaire », a-t-il expliqué. Durant cette  réunion des ministres de la Zone Franc,  un plan d’action en faveur de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dans la Zone Franc a  été adopté. Ainsi les participants ont en outre décidé de soutenir la déclaration de Yaoundé de novembre 2017. Cette déclaration encourage les pays africains à explorer une collaboration destinée à conforter les efforts des pays africains dans la lutte contre les flux financiers illicites pour améliorer la mobilisation des recettes intérieures.

Zachari BADJI

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