Confidences

Zoom sur- Frange controversée du mouridisme : d’ou vient le terme «Yalla-yalla » ?

  • Date: 8 septembre 2015

Yalla-Yalla», un terme bien connu des Sénégalais, mais peut être pas toujours dans le bon sens. Car, cette communauté religieuse qui est une frange du mouridisme fait polémique. Mais d’où vient le terme «Yalla-Yalla» au juste ? Nous avons tenté de percer le mystère.

Fils et porte-parole de la famille de Ndiambé Borom Darou, Serigne Modou Cissé, s’est prêté à nos questions pour nous édifier sur l’historique du nom «Yalla-Yalla». «Le terme ‘Yalla-Yalla’ nous a été donné à Khelcom. Vers les années 1990. A l’époque, c’était Serigne Saliou Mbacké qui était le Khalife général des mourides. Sous son ‘Ndigël’, Ndiambé, accompagné de ses disciples, était allé travailler dans les champs du Khalife à Khelcom», révèle-t-il.

Au début était Khelcom

«Ainsi, chaque soir, après le travail dans les champs, Ndiambé rassemblait ses talibés sur un grand espace et leur parlait de Dieu. Il disait clairement, partout et tout le temps, que : ‘Je suis l’accès au royaume de Dieu. Je l’ai vu et celui qui me suivra, je le mènerai dans l’enceinte scellée de son Seigneur’. Ainsi, pour nous différencier des autres talibés mourides qui étaient là, on nous avait surnommés les ‘Yalla-Yalla’», raconte-t-il. Et de poursuivre : «C’est là que ce nom nous est venu et nous en sommes très fiers. Car, être ‘Yalla-Yalla’ est mille fois mieux qu’être un ‘Satan-Satan’. De nos jours, les religions ne sont expressives que par leurs formes. La plupart des musulmans d’aujourd’hui ne sont parfaits qu’à l’extérieur, les mosquées restent bondées, les lecteurs de Coran plus nombreux, mais un bon musulman devient plus que jamais rare. Il faut savoir qu’il n’existe pas des religions révélées, mais une religion révélée. Car la religion d’Allah étant unique, est enseignée à tous les prophètes. Le message d’Allah est véhiculé par tous les prophètes qui ont passé dans ce bas -monde».

«Etre ‘Yalla-Yalla’ est mille fois mieux qu’être un ‘Satan-Satan’»

Cependant, dit-il, «vouloir être sunnite peut rendre mécréant et conduire dans les voies de la perdition. Car, la vérité qui transcende les choix et les produits de l’aspirant ne visent qu’un seul but : l’accession au royaume du Seigneur, le Tout-Haut. Et quelle que soit la voie à emprunter, le but est unique. Ce sont seulement les formes de communications qui diffèrent les unes des autres».

D’après le fils de Ndiambé Darou, «Cheikh Ahmadou Bamba avait bien dit que : ‘Aynou mouridoulahi’. C’est-à-dire qui veut accéder au royaume de Dieu. Ndiambé Darou n’a pas dit le contraire. Il n’a fait que reformuler sa communication pour permettre une bonne compréhension de son enseignement. Ndiambé disait que : ‘Dieu est accessible et visible. Celui qui me suivra je lui mènerai au royaume de son Seigneur et il le verra’. Et je pense celui qui accédera au royaume de Dieu, le verra d’abord pour le connaître, afin de pouvoir bien l’adorer, à moins qu’il soit aveugle».

Pour appuyer cette thèse, il convoque la parole de Dieu du «’Xadissul Xudsi’», qui signifie connaissez-moi avant de m’adorer. «Car, ajoute-t-il, si vous ne me connaissez pas comment allez-vous m’adorer ? Dès lors, cette connaissance de Dieu ne se fera que par la connaissance des secrets de ‘Lahila haa illa allah’, la parole de l’unicité pure, l’outil par lequel l’aspirant se purifie, se perfectionne et progresse dans l’accession au royaume du Seigneur Très Haut.
Cette parole qui est, selon le Prophète Mouhammed (Psl), ‘la clé du paradis’. ‘Lahila haa illa allah miftawou djanatou’». Cependant, la simple invocation de cette formule n’assure en aucun cas l’obtention des bienfaits qui mènent vers le salut, d’après lui. Connaître ses secrets providentiels est une nécessité absolue pour l’aspirant qui souhaite accéder au royaume scellé de son Seigneur et l’aide dans la validation de son adoration. Mais par le biais d’un guide qui détient ces secrets, le Cheikhoul Mourabi ou maître par excellence.

Quand les marabouts dupent les fidèles

«Contrairement à ce qu’on voit aujourd’hui, la plupart des relations entre le disciple et son guide ne se fondent plus sur la quête du salut. C’est comme des fans clubs où certains soi-disant marabouts dupent des innocents, détournent leur conscience, en leur faisant croire rien d’autre que leur propre personne.
Cela ne fera que favoriser l’obscurantisme chez eux», renseigne Serigne Moussa. «Un vrai guide ne doit pas constituer un voile entre Dieu et son disciple. Il a l’obligation de lui transmettre l’essence de la religion. Le véritable guide doit être capable d’apporter le surplus que l’aspirant n’a pas pu trouver chez ses parents qui ont tant fait pour lui depuis sa naissance. Cela, en lui transmettant ces secrets providentiels qui aident l’aspirant à purifier son coeur, à bannir la haine envers son prochain, à croire en Dieu, à éviter l’aliénation des choses matérielles de la vie et de se mettre sur la bonne voie qui mène vers le royaume scellé de son Seigneur», affirme-t-il.

«Ndiambé Darou n’a jamais interdit à ses disciples d’effectuer les 5 piliers de l’islam»

Aussi, le porte-parole tient à préciser que «Ndiambé Darou effectuait belle et bien les 5 piliers de l’islam et n’a jamais interdit à ses disciples de remplir leur obligation envers leur Seigneur, en tant que bon musulman. Tout son enseignement repose sur la transmission de la connaissance, les secrets de la formule de ‘lahila haa ila alah’. Une formule dont la connaissance certaine de ses secrets guide l’aspirant sur la voie qui mène vers Dieu. Car, c’est, à travers l’ésotérisme islamique, que s’opère la perfection d’un croyant».

L’enseignement de Ndiambé

Par ailleurs, Serigne Modou revient également sur l’enseignement et la démarche ésotérique de son père. «Ndiambé Borom Darou, comme tous les autres élus de Dieu, avait consacré sa vie à adorer son Seigneur et à servir son guide, mais également à guider ses disciples dans le droit chemin, en leur transmettant l’essence des textes coraniques. La démarche ésotérique de Ndiambé n’était rien d’autre que la transmission de la connaissance, des secrets qui se cachent sur la formule ‘Lahila haa ila ala’».

En effet, explique-t-il, la pratique de l’islam repose sur deux volets : le fond et la forme. Le fond, constitue la base et la première partie de l’islam, l’essence même de la purification. Cette profession de foi constitue le fondement de la religion et par conséquent donne un sens à l’adoration de Dieu. La forme constitue la pratique des piliers, des règles ou lois, textes, édifices ou cultes qui visent le coeur de l’aspirant. Même si la forme est plus accessible aux adeptes, la quête du fond est nécessaire pour un croyant qui souhaite se perfectionner dans sa religion».

«Serigne Touba nous enseigne dans ‘Massalikul Jinan’ que ‘la science se divise en deux parties, la partie ésotérique et la partie exotérique. L’exotérique régit l’action des hommes. L’ésotérique concerne les états d’âme (p80 et p81). L’exotérique est le ‘Fiqh’ ou la jurisprudence. Et l’ésotérique est appelée ’Tassawuf’ ou soufisme. Il est donc obligatoire à l’aspirant de commencer par la jurisprudence avant d’aborder le soufisme. Car, quiconque omet le ‘Fiqh’ périt ici-bas par le jugement des docteurs de la loi. Et celui qui omet le ’Tassawuf’ périra demain par le jugement du Seigneur Très-Haut», indique-t-il.

«Notre vénéré guide, Ndiambé Darou, n’a fait que nous enseigner, en tant que serviteurs de Dieu, comment rallier le ‘Fiqh et le ‘Tassawuf’, afin de réaliser la récompense escomptée. Car, la science et l’action constituent les deux moyens pour atteindre le salut éternel», conclut Serigne Moussa.

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