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Dr Stefanie BRINKEL sur les crises en Afrique : « c’est le moment de passer du constat à l’engagement »

Face à la résurgence des coups d’État et à la montée de l’insécurité au Sahel, l’Afrique de l’Ouest traverse une crise démocratique majeure. Entre fragilisation des institutions et aspiration au changement, les dynamiques actuelles imposent de refonder la gouvernance et de placer la protection des droits humains au cœur des stratégies de résilience régionale.

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Pour trouver des solutions perennes aux crises sécuritaires en Afrique, la Fondation Konrad Adenauer, en marge de la 89e session de la 89e Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), a organisé un dialogue régional et national qui s’est ouvert sur le thème : « De la fragilité à la résilience : gouvernance démocratique et protection des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest ».

Les experts ont dressé un état des lieux partagé des défis de gouvernance et de droits de l’homme en Afrique de l’Ouest et identifié les réponses concertées que peuvent y apporter les mécanismes des Nations Unies et de la CADHP.

Dr Stefanie BRINKEL, Représentante résidente et Directrice Dialogue Politique en Afrique de l’Ouest a déclaré que la résilience ne se mesure pas à l’absence de crises, mais à ce qui tient quand la crise arrive. « Une démocratie résiliente, c’est une démocratie où, au cœur d’une élection contestée ou d’une transition, une institution nationale des droits de l’homme peut encore enquêter, un médiateur peut encore être entendu, et un citoyen peut encore saisir un juge. Ces institutions ne sont pas des ornements : ce sont des amortisseurs », a-t-elle déclaré.

Avant d’ajouter : « les violations des droits de l’homme sont presque toujours le premier signal d’une crise de gouvernance, pour ne pas dire la source principale. Les restrictions de l’espace civique, les arrestations d’opposants ou de journalistes précèdent souvent l’instabilité. »

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Ce n’est pas tout. Elle a précisé que les mécanismes régionaux et internationaux ne remplacent pas les acteurs nationaux, ils les prolongent. « Une communication à la Commission africaine ou un appel urgent aux Procédures spéciales n’a d’effet que s’il s’appuie sur une documentation solide au niveau national, et s’il trouve, en retour, des interlocuteurs prêts à agir », a-t-elle fait savoir. « La force de la Feuille de route d’Addis-Abeba se jouera dans cette chaîne, du terrain jusqu’à Banjul et Genève, et retour », insiste-t-elle.

A son avis, pour sortir des crises en Afrique, le moment de passer du constat à l’engagement. « Je vous propose un défi simple : que chacun reparte de cet après-midi avec un engagement concret qu’il pourra mettre en œuvre dans son pays, au sein de son institution ou de son organisation. C’est ainsi que cette série d’événements laissera une trace au-delà de Dakar », recommande-t-elle.

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