La gouvernance, les droits humains, la sécurité et la paix en Afrique de l’Ouest étaient au cœur d’une table ronde organisée par la FAS en marge de la 89e session du CADHP. Experts tonusiens et africains issus de la société civile ont échangé sur les enjeux spécifiques en matière de droits de l’Homme et de gouvernance affectant l’Afrique de l’Ouest.
Les débats ont tourné autour des mécanismes de contourner les crises politiques et les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique de l’Ouest. Experts onusiens et acteurs de la société civile préconisent des réponses structurelles axées sur la consolidation démocratique, l’intégrité électorale, la redevabilité du secteur public et le renforcement des droits socio-économiques pour résorber l’instabilité régionale.
Les échanges ont notamment porté sur le fonctionnement des institutions, la justice, la lutte contre la corruption, les libertés publiques et l’émergence d’un nouveau leadership politique, notamment au sein de la jeunesse. Les libertés publiques et la liberté de la presse ont également été évoquées comme des indicateurs de la vitalité démocratique. Les intervenants ont notamment appelé à ne pas réduire l’évaluation de la gouvernance aux seuls classements internationaux mais à s’intéresser au fonctionnement concret des institutions et à la capacité de l’État à garantir les droits et libertés. Les échanges ont également ouvert une réflexion sur la situation politique du continent africain.
Pr Abdou Bakari Imorou, président de la Commission béninoise des Droits de l’Homme (IGR), Sierra Léone, a évoqué un « mal-être africain », marqué notamment par la contestation croissante de certains régimes et la mobilisation d’une jeunesse de plus en plus présente dans l’espace public. Il a notamment pointé la mal gouvernance et les stratégies de pérennisation du pouvoir dans plusieurs États africains, ainsi que la dépendance persistante de nombreux pays vis-à-vis de partenaires extérieurs. Dans ce contexte, la question du leadership apparaît comme un enjeu majeur : il s’agit désormais de transformer cette mobilisation en une force capable de contribuer au renforcement des institutions et à la consolidation de l’État de droit.
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