mercredi , 11 décembre 2019
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Les violeurs pourront être emprisonnés à vie

Un chauffeur de taxi me demandait, pas plus tard que lundi dernier, pourquoi le viol n’était pas criminalisé au Sénégal ?

Eh bien, ce mercredi, c’est-à-dire trois jours après, l’information a été rendue publique que désormais, le viol et les actes de pédophilie sont désormais criminalisés. L’annonce de l’examen et de l’adoption du projet de loi modifiant la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal avec des chapitres visant à durcir la répression du viol et de la pédophilie et des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, a été faite en conseil des ministres.

Bien sûr, le texte sera soumis à l’Assemblée nationale qui, avec la procédure habituelle, ne devrait pas tarder à la voter. Le président va alors la promulguer avant publication au journal officiel avant son entrée définitive dans l’arsenal judiciaire sénégalais.

Et à partir de ce moment, les auteurs de viol et d’actes de pédophilie devront désormais être traduits devant les Chambres criminelles qui ont remplacé les Cours d’assises.

De simples délits, ces infractions vont désormais être des crimes, c’est-à-dire punis d’une peine de plus de dix ans, et qui peuvent être même la perpétuité.

Un durcissement qui vise à dissuader les auteurs, très nombreux de ces infractions.

Figurez-vous qu’entre 2017 et 2018, 700 cas de viol ont été recensés au Sénégal. Or, s’il en est ainsi des criminels arrêtés, qu’en sera-t-il de ceux qui sont inconnus, ce que l’on appelle le chiffre noir ?

Ça fait froid dans le dos de savoir que les cas inconnus peuvent être mille fois plus nombreux. Il se passe en effet dans les maisons des choses graves dont personne n’ose parler.

Des pères, des oncles, des ascendants et des proches s’acharnent, parfois, sur de jeunes filles sans défense, avec la complicité de mamans qui n’osent pas parler au risque de faire éclater leurs couples et de devoir recommencer leurs vies à zéro.

Ce ne sont pas les jeunes talibés qui sont exploités. Des jeunes filles, parfois des bébés, sont exposées à des prédateurs sexuels, des malades à apparence normale qui sont souvent des proches.

Or, les séquelles de telles pratiques sont pour la vie. La personne se retrouve dérangée, incapable de mener une vie normale.

C’est pourquoi, le travail de l’Etat ne doit pas seulement s’arrêter à durcir la loi. Certes, il est vrai que l’aspect répressif est important, mais il est tout aussi vital de créer ou renforcer les services sociaux, des brigades spéciales de vigilance pour traquer de tels individus et sauver les enfants.

Comme pour la cybercriminalité, il est important que des agents spécialement formés s’investissent à déceler le moindre indice et à traquer ces malades qui sont souvent très malins.

Cependant, rien ne peut se faire sans la collaboration des parents, des enseignants, des voisins, de la société toute entière.

Car, en général, l’entourage est au courant. Il faudra alors les inciter à dénoncer, à parler à la Police, à collaborer.

Il faut briser l’omerta, mener une vaste campagne de sensibilisation, notamment envers les victimes en intelligence avec les actives associations féminines qui s’occupent de ces questions.

Les prédateurs sexuels n’épargnent même pas les bébés. Il est alors heureux que la loi soit durcie et que ces actes soient criminalisés.

Assane Samb

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