Koumpetoum: Les mariages et grossesses précoces font débats
Koumpetoum: Les mariages et grossesses précoces font débats

Un tailleur engrosse la fille de sa restauratrice

Tailleur de son état, B. Sow risque d’être arraché à l’affectation de son nouveau-né pendant deux longues années. Le jeune homme a été jugé hier, par le tribunal d’Instance de Dakar pour des faits de détournement de mineure au préjudice de la fille de sa restauratrice, qui a mis au monde un bébé de sexe masculin le 15 septembre dernier. 
Né en 2000, B. Sow est mouillé dans une sale affaire de mœurs. Si l’on en croit, aux déclarations de sa victime qui aidait sa mère dans ses activités quotidiennes, le prédateur sexuel l’a violée à plusieurs reprises. “C’est son ami F. Niang qui me conduisait de force dans sa chambre. Il me menaçait avec un couteau ou une paire de ciseaux. Sur place, B. Sow m’intimait l’ordre de me déshabiller avant d’abuser de moi”, accuse l’adolescente de 17 ans qui tenait son bébé dans ses bras lors de sa comparution hier, devant le tribunal d’Instance de Dakar.
Des propos confortés par sa mère, G. Faye, laquelle a saisi les enquêteurs de la Sûreté Urbaine d’une plainte. “Elle livrait mes repas à ma clientèle. C’est à six mois de grossesse que j’ai su qu’elle était enceinte. J’entendais les rumeurs dans le marché. J’ai pris en charge tous ses frais médicaux. Le prévenu me contactait pour m’abreuver d’injures ainsi que d’autres membres de sa famille. Il m’a aussi posé un lapin le jour où, on avait décidé de déclarer l’enfant”, a déploré la restauratrice. D’après ses dires, elle n’était pas au courant d’une quelconque liaison entre sa fille et le mis en cause. “Elle mettait du temps quand elle se rendait dans son atelier. Mais, je n’avais rien suspecté”, souligne-t-elle.
A son tour, le tailleur renseigne qu’il était en couple avec la mère de son fils depuis 2014. “Elle m’avait dit qu’elle est née en 2000. Quand j’ai demandé sa main, sa mère a refusé, disant qu’il va la donner en mariage à un homme d’ethnie Sérère. Malgré cela, on continuait à se voir et à entretenir des rapports sexuels dans ma chambre”, a confessé le resident des Parcelles Assainies. Il ajoute qu’il a assisté sa “copine” durant toute sa grossesse. “Je l’accompagnais à l’hôpital pour ses visites prénatales. Après son accouchement le 15 septembre dernier, sa mère m’a réclamé 70.000 francs pour couvrir ses frais médicaux. La veille de la précédente fête de Tabaski, je lui ai envoyé 50.000 francs”, informe-t-il. Poursuivant, il allègue qu’il se trouve dans la même situation que son enfant. “J’ai pas d’extrait de naissance c’est pourquoi je ne l’ai pas encore déclaré”, se dédouane-t-il.
Constitué pour la défense des intérêts de la partie civile, Me Bachir Lô a réclamé la somme de 5 millions FCFA pour toutes causes et préjudices confondus. Selon la robe noire, le prévenu qui s’est montré hautain et outrageant, ne mesure pas l’enjeu du geste qu’il a posé. “Il recevait la visite de la fille à l’insu de sa mère. Pénalement, les faits ne souffrent d’aucune contestation”, a-t-il défendu.
Abondant dans le même sens, le ministère public a requis deux ans d’emprisonnement ferme contre le prévenu. Conseil de celui-ci, Me Michel Ndong a plaidé la relaxe.
L’affaire est mise en délibéré au 20 octobre prochain.

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