L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a annulé la procédure de sélection du prestataire pour les cérémonies des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 en raison d’irrégularités graves. Cette décision controversée a été motivée par un recours déposé par la société Leap Creative Studio après le rejet de son offre.
Par décision n°056/2026/ARCOP/CRD/DEF du 6 mai 2026, l’Autorité de régulation de la commande publique a annulé une procédure jugée non conforme dans le cadre de l’organisation des cérémonies des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026.
Le dossier de sélection du prestataire chargé des cérémonies des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 bascule dans la controverse. L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a tranché : la procédure menée par le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ Dakar 2026) est entachée d’irrégularités graves, au point d’être purement et simplement annulée. La décision, rendue par le Comité de règlement des différends (CRD) de l’ARCOP le 6 mai 2026, fait suite à un recours introduit par la société Leap Creative Studio, contestant le rejet de son offre.
L’ARCOP relève une faille juridique majeure
Tout part d’un Appel public à manifestation d’intérêt publié le 3 décembre 2025 dans le quotidien Le Soleil, visant la sélection d’un prestataire pour l’organisation des cérémonies des JOJ Dakar 2026. À l’issue de cette première étape, quatre candidats ayant obtenu une note supérieure au seuil requis de 75 points sont retenus. Une demande de propositions est ensuite lancée pour les différents lots. Mais lors de l’évaluation finale, Leap Creative Studio est écartée des lots 1 et 2. La décision lui est notifiée par courrier électronique le 6 mars 2026. Contestant ce rejet, l’entreprise saisit d’abord l’autorité contractante le 9 mars 2026, avant de porter le différend devant le CRD de l’ARCOP le 16 mars 2026. Le recours est déclaré recevable, et la procédure suspendue dès le 1er avril 2026.
Au fond, l’ARCOP estime que la procédure utilisée par le COJOJ Dakar 2026 ne respecte pas les règles de la commande publique. L’institution relève un point central : la demande de propositions ne contenait pas de critères précis et mesurables permettant une évaluation objective des offres. Une lacune jugée incompatible avec les exigences de transparence et d’équité. Plus grave encore, l’ARCOP souligne une contradiction de fond dans la méthode employée. L’autorité contractante indiquait vouloir utiliser la procédure pour engager des négociations en vue d’une attribution par entente directe, tout en lançant simultanément une demande de propositions ouverte à évaluation. Pour le régulateur, cette dualité est juridiquement intenable : « deux procédures ne peuvent pas être utilisées simultanément pour le lancement d’un même marché ».
En conclusion, l’ARCOP estime que la procédure contestée « n’est conforme à aucun des modes de passation prévus par la réglementation de la commande publique ». Elle décide donc de son annulation pure et simple.

